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Anne

La fin du CP

posted by Anne 3 juillet 2017 8 Comments

A la fin de cette semaine, on videra ensemble ton cartable et on mettra les cahiers dans le grand carton à souvenirs. Je nettoierai sans doute un peu le cartable, qui en a bien besoin après toutes les épreuves que tu lui as fait subir. Et puis on le rangera dans un placard, en attendant le mois de septembre.

Ton papa et moi, on ira rencontrer une dernière fois ta maîtresse pour faire le bilan de ton année. Cette maîtresse que tu as tant aimée et qui t’aura donné le goût de la lecture et de l’écriture. Cette maîtresse qui t’aura parfois grondé mais qui t’aura materné aussi, très souvent. Chaque fois que j’ai eu l’occasion de vous observer, toi et toute ta classe de CP, je voyais encore en vous ces enfants de maternelle pas tout à fait grands, qui avaient besoin d’être un peu cajolés. Je vous voyais rester sagement auprès de votre maîtresse et la regarder avec des étoiles dans les yeux. Et puis je la voyais elle, s’adresser à vous avec ces mêmes étoiles et je me disais que cette maitresse, elle aimait vraiment son métier mais ses élèves, encore plus.

Cette admiration que j’ai toujours eue pour les enseignants a pris sens une nouvelle fois cette année. Une année de CP dont on dit qu’elle est si importante dans l’apprentissage de nos enfants. Je ne sais même pas comment remercier ta maîtresse d’avoir si bien pris soin de toi. Parce qu’enseigner, ce n’est pas « juste son travail » et qu’elle n’est pas « juste payée pour ça ». Quand un enseignant travaille avec son coeur, ça donne des papillons dans le ventre aux élèves et ça réchauffe le coeur des parents. Ça rend quand même tout le monde bien plus heureux à la maison.

A la fin de cette semaine, je t’expliquerai une dernière fois pourquoi je n’ai pas pu être autant à tes côtés que je ne l’aurais souhaité. Je te demanderai sans doute à nouveau de me pardonner, pour me rassurer, mais tu ne me répondras rien. Tu feras comme si je n’avais rien dit et tu me demanderas sûrement de te lire une nouvelle histoire. Comme pour me dire « c’est bon maman, c’est pas grave, passons à autre chose ».

Et puis on préparera nos valises, tu me rappelleras de ne pas oublier ton maillot de bain et enfin, on pourra mettre les voiles direction la mer.

 

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5 bonnes raisons d’aimer Instagram malgré le nouvel algorithme

posted by Anne 26 juin 2017 15 Comments

Il y a quelques semaines, le réseau social Instagram a annoncé avec fierté qu’il rassemblait désormais 700 000 millions d’utilisateurs. 700 millions ! Vous vous rendez compte ? Sur le moment, j’en suis restée sans voix tellement ce chiffre m’a semblé énorme, mais en y réfléchissant bien, quoi d’étonnant à cela ? Ce réseau brille par sa simplicité d’utilisation, il est devenu tellement accessible que même la plupart de mes amis, qui ne sont pas spécialement digital addicts, ont un compte Instagram.

Je me souviens très bien de la première photo que j’ai postée il y a 6 ans sur Instagram. Nous étions fin août et c’était une photo de la dernière glace de mes vacances, juste avant la rentrée. D’ailleurs, elle n’était pas belle cette photo. Elle était floue, la lumière laissait à désirer et le cadrage… mon dieu le cadrage. Pourtant, je n’ai pas honte de l’avoir publiée, elle correspond à un instant T que j’ai vécu et apprécié. Un petit bout de ma vie que j’avais eu envie de partager à ce moment précis avec les quelques personnes qui me suivaient. C’était encore l’époque où l’esthétisme des images n’était pas une priorité pour moi. Ni pour une grande majorité d’entre-nous d’ailleurs, exceptés les pros de la photo, évidemment, et ceux qui sortaient déjà du lot dans ce domaine. Nous avions surtout envie de partager de manière très immédiate avec nos followers, des moments vécus. Et pour ma part, la quasi totalité des photos que je postais sur Instagram étaient prises avec mon smartphone.

Comme vous le savez, au fil des années le réseau social a beaucoup évolué et il est devenu un espace de plus en plus commercial, avec notamment l’arrivée des publicités. Aujourd’hui, la plupart des marques ont un compte Instagram. Ce formidable outil est un nouveau levier pertinent qui leur permet de créer de l’engagement auprès de leurs fans et d’attirer de nouveaux clients potentiels. Beaucoup d’entre-nous se sont plaints des apparitions grandissantes des photos publicitaires dans nos flux, mais personnellement cela ne me gêne pas. Je les trouve généralement très bien ciblées et agréables à regarder. Il m’arrive même souvent de « liker » une pub de manière automatique parce que je trouve la photo jolie et inspirante.

Ce qui me gêne un peu plus, c’est le fameux nouvel algorithme dont tout le monde parle et qui peut à première vue sembler décourageant, je l’admets. Cela fait quelques mois maintenant que les photos des comptes que nous suivons ne s’affichent plus de manière chronologique mais selon des calculs savants dont seul Instagram a le secret (et il est bien gardé). Je regrette davantage la perte des interactions avec beaucoup de mes abonnées plutôt que le nombre de likes sur mes photos. Et je suis sincère. Si j’accepte tout à fait de ne plus recevoir autant de « j’aime » que dans le passé sous mes images, je suis triste de ne plus voir apparaître les photos de tous ces comptes inspirants auxquels je m’étais abonnée. Ces derniers mois, Instagram ne me montre que des photos de bébés sous toutes leurs coutures (très mignons au demeurant). C’est logique puisque les mamans sont celles avec lesquelles j’interagis le plus. Mais je ne serais pas contre un peu plus de diversité ! Je suis abonnée à des comptes variés dans différents domaines tels que le voyage, la mode, la déco… et je regrette d’être obligée d’aller moi-même chercher les belles images qui m’inspirent. M’enfin c’est le jeu, ma pauv’ Lucette. Car malgré tous ces inconvénients, Instagram reste le réseau social sur lequel je passe le plus de temps pour ces 5 raisons :

★ INSTRAGRAM EST INSPIRANT

Comme je l’ai évoqué quelques lignes au dessus, Instagram est inspirant. Pouvoir faire défiler des belles images sur un petit objet qui tient dans votre main, vous ne trouvez pas ça génial ? J’ai beau utiliser cette appli tous les jours, cela me bluffe, par exemple, de pouvoir voyager aux 4 coins du monde grâce à des photos. Je suis abonnée à des comptes aux univers très différents, parfois à l’opposé du mien et pourtant tous ces comptes m’inspirent. Soit parce que les photos sont sublimes, soit parce qu’elles sont drôles, créatives ou touchantes. Parce qu’elles provoquent en nous toute une palette d’émotions et que les émotions sont essentielles pour se sentir vivant. N’ayez pas peur de perdre du temps sur Instagram, car ce temps que vous passez à faire défiler des images est un formidable booster de créativité. Sans même vous en apercevoir, de nouvelles idées vont germer dans votre petite tête, peut-être même des nouvelles envies ou de nouveaux rêves à accomplir. Le temps passé sur Instagram n’est jamais du temps de perdu.

Le temps passé sur Instagram n’est jamais du temps de perdu

★ INSTAGRAM EST RASSURANT 

Ce qui revient le plus souvent quand on évoque Instagram, ce sont les complexes que ce réseau social peut développer en nous. Voire même une certaine forme de jalousie comme j’ai pu le lire parfois. Ce n’est pas le cas pour moi. Non pas que je me sente très bien dans ma peau, comme tout le monde je ne suis pas parfaite et j’ai moi aussi des complexes. Mais parce que je commence à connaître l’envers du décor, et je sais que sur cette photo de ce magnifique appartement tout blanc et bien rangé, la corbeille de linge sale et les jouets qui traînent sont bien cachés, hors du cadre. Il n’y a rien de honteux à vouloir se montrer sous son meilleur jour, c’est un réflexe normal. Si Instagram provoque vraiment quelque chose de désagréable en vous, je vous invite à lire absolument cet article d’Anne-So qui remet vraiment les choses à leur place.

Si vous vous contentez de liker des images sur Instagram sans jamais interagir avec qui que ce soit, alors oui, il y a de fortes chances pour que ce réseau vous complexe et que vous vous sentiez nulle, moche, pauvre, mauvaise mère, voire tout ça à la fois. Mais si vous prenez la peine de devenir acteur et de commenter, de dialoguer, de vous livrer un peu, vous verrez que même ceux que vous admirez et qui vous donnent tant de complexes ont aussi des failles, des doutes et des imperfections, remettent souvent en cause leur travail… Moi je trouve ça rassurant ! En ce sens, je suis d’ailleurs très contente d’avoir vu apparaître les Stories il y a quelques mois, qui cassent vraiment le côté trop parfait et trop lisse d’Instagram qui nous complexait tant.

★ INSTAGRAM VOUS CONNECTE À DES GENS QUI VOUS RESSEMBLE

Si je regrette le manque de diversité dans le flux de mes abonnements à cause du nouvel algorithme, je suis bien obligée de reconnaître qu’Instagram nous connecte à des gens qui nous ressemblent. Sur ce point, la mission est totalement accomplie puisque j’interagis avec de nombreuses mamans, qui sont dans la même situation que moi : des jeunes mamans avec des tous petits bébés et qui sont parfois en congé parental, comme c’est le cas actuellement pour moi. Etonnant non ? C’est tout à fait logique puisque je n’ai jamais caché ma grossesse à Instagram et que depuis quelques mois je poste essentiellement des photos qui tournent autour de mes enfants et de la maternité, avec des hashtags associés. Non pas que j’ai envie de faire évoluer mon univers autour de cette thématique, mais parce qu’il s’agit tout simplement ma vie d’aujourd’hui. Et ça, Instagram l’a bien compris ! Il me montre donc essentiellement des photos de personnes s’intéressant aux mêmes choses que moi ou ayant le même univers que moi, à savoir celui d’une jeune maman totalement gaga de ses enfants (ou d’une jeune maman qui a hâte de reprendre le boulot, ça dépend des jours^^).

Ce manque de diversité dans les interactions est un peu dommage, mais finalement j’ai fait de très belles rencontres sur Instagram. Vous n’imaginez pas le nombre de messages privés que je peux échanger avec des jeunes mamans comme moi au fil de la journée. Et on se raconte quoi ? Nos vies, tout simplement. Parfois on se rassure, on vient chercher des conseils, on demande l’avis de celles qui sont plus expérimentées… Bref, on papote parce que l’on a des intérêts communs. Et en ce qui me concerne, certains échanges virtuels ont donné naissance à de très belles rencontres « dans la vraie vie » ces dernières semaines et j’en suis ravie.

Merci à Instagram de connecter les gens d’une manière aussi efficace.

★ INSTAGRAM VOUS FAIT VOIR LE BEAU AUTOUR DE VOUS 

Si par bonheur vous avez attrapé le virus Instagram, vous aurez forcément envie d’avoir une jolie galerie Instagram, avec de belles images qui vous ressemblent. Sans même vous en rendre compte, vous chercherez autour de vous ce qui pourrait être joli en photo, vous aurez envie de sublimer un détail qui vous plaît, capturer une lumière fugace ou un instant de plénitude absolu. Attention à ne pas tomber dans l’obsession de tout photographier, cela n’a aucun intérêt. Mais on peut tout à fait profiter d’un instant de bonheur entre amis ou en famille ou de quelques minutes de liberté pour capturer une belle image. Ce qui est fou c’est de constater à quel point cette démarche vous fera regarder votre quotidien autrement, oui oui, celui là même que vous ne pouvez parfois plus voir en peinture. Il y a du beau dans chacun de nos vies à tous, à nous de savoir l’explorer si le coeur nous en dit.

Je n’ai jamais été très créative, je suis plutôt du genre perfectionniste et à voir le verre à moitié vide tout le temps, mais Instagram m’aide chaque jour à me poser et à voir le joli autour de moi, que ce soit à la maison, au bureau, dans la rue… La créativité en photo n’a pas de limite ! Ce qui m’amène inévitablement au dernier point que je voulais aborder : Instagram vous fera progresser en photographie.

★ INSTAGRAM FAIT PROGRESSER EN PHOTOGRAPHIE

Qu’on se le dise, je n’ai aucun talent en photographie, mais vraiment aucun. Un appareil photo est un outil dont il suffit de maîtriser les principaux aspects techniques pour réussir à prendre une bonne photo. J’entends par là une image qui ne soit pas floue et correctement cadrée, sans milliers de petits détails qui viennent brouiller votre image (par exemple la poubelle en arrière-plan, sauf si l’objet de la photo est la poubelle, bien entendu. Après tout, vous avez le droit de photographier votre poubelle si ça vous chante). Ce que je veux dire, c’est que tout le monde est capable de faire une bonne photo en maîtrisant quelques bases. Sans compter que les appareils photos des smartphones sont désormais très performants, même avec un simple téléphone vous pouvez déjà faire de très belles images.

Instagram vous fera progresser en photographie car à force de vous gaver de belles images au quotidien, vous aiguiserez sans même vous en rendre compte votre oeil de photographe. Vous aurez envie de reproduire un style ou une image qui vous plaît, à votre manière. Et c’est comme ça que l’on progresse, en s’inspirant et en essayant de nouvelles choses. Comme je vous le disais plus haut, mes photos d’il y a 6 ans ne ressemblent plus aux photos que je poste aujourd’hui. Il ne s’agit plus pour moi de capturer un instant précis mais de capturer un instant ET le rendre esthétique ou poétique. C’est un énorme progrès en ce qui me concerne car je n’ai jamais eu beaucoup de patience et je baisse facilement les bras quand je n’arrive pas à faire quelque chose.

Mon blog, tout d’abord, puis Instagram ont été les deux outils principaux qui m’ont aidée à m’améliorer en photographie et à me prouver que je pouvais être créative à ma manière. Ils m’ont permis de gagner un peu de confiance en moi. Ils ont changé ma vie.

Je pense qu’il y a du talent et une part de créativité en chacun de nous et qui ne demandent qu’à s’exprimer, et Instagram peut-être un excellent outil pour démarrer et trouver nos centres d’intérêts.

Si vous aimez ce blog, n’hésitez pas à me suivre sur mon compte Instagram ou je suis un peu plus active ! Vous y êtes désormais plus de 10 000 à me suivre, alors merci encore !

 

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Nos plus belles années

posted by Anne 21 juin 2017 52 Comments

Le mois dernier, sur la route de nos vacances en Bretagne, nous sommes tombés en panne de voiture. Je vous laisse imaginer la galère quand nous nous sommes retrouvés coincés en pleine campagne avec un pneu crevé, dans le noir, à 200 km de notre lieu d’arrivée, SANS ROUE DE SECOURS (ben oui sinon c’est trop facile, hein). Etonnement, j’ai réussi à garder mon calme jusqu’à ce que le garagiste venu nous dépanner nous annonce qu’il n’a pas de roue de rechange et qu’il ne sera pas livré avant 2 jours minimum. Le bébé dort dans son cosy, Martin reste adorable malgré la fatigue, mais moi je fulmine : on va devoir prendre un taxi et nous n’aurons pas de voiture pendant les 3 prochains jours. Dommage, on avait prévu de découvrir la Bretagne. Comme nous ne restons que 5 jours sur place, nous n’aurons que 2 jours pour nous déplacer et visiter les environs…

Le garagiste me met hors de moi. Il est jeune mais pourtant un peu rustre, il me rappelle le profil type de ces gars de mon Cotentin qui n’ont jamais rien connu d’autre que la campagne. Il ne semble non seulement pas très content de nous voir (j’imagine qu’à minuit, il avait sans doute un autre programme que celui de venir dépanner une famille avec deux gosses) et m’avoue qu’il nous a fait rentrer à l’intérieur uniquement parce que nous avons un bébé… Sans complexe, le mec doit laisser les gens se geler les miches dehors la plupart du temps. Bref, ce genre de situation, c’est évidemment TOUT ce que je déteste, ce que nous détestons tous évidemment . Dans le taxi qui nous emmène enfin à destination, j’envoie un SMS à ma maman pour me plaindre. Je ne le fais pas souvent car je n’aime pas qu’elle se fasse du souci. Mais je suis fatiguée, j’ai besoin d’un peu de réconfort. Je veux juste arriver vite dans ce fameux camping 5 étoiles que j’ai réservé et dormir. C’est alors que ma maman, d’ordinaire si angoissée me répond : « ma chérie, il n’y a rien de grave. Profite de tous ces moments, tu vis tes plus belles années ».

Tes plus belles années.

C’est pas grave si le petit nous empêche de dormir. C’est pas grave si le grand écrabouille une framboise sur son nouveau t-shirt blanc (blanc, non mais quelle idée aussi…) C’est pas grave si le grand est chiant et que tous les soirs, c’est le même cirque pour se laver les dents. C’est pas grave si la maison est devenue un jardin d’enfants géant. Au moins c’est une maison qui vit . Oui, je suis fatiguée. Je n’ai plus l’énergie ni le corps de mes 20 ans, je ne prends plus tellement soin de moi, je voyage moins et surtout différemment et puis j’ai peur, souvent. Mais je m’amuse tellement plus qu’avant, je suis tellement heureuse d’avoir mes enfants, de les voir grandir, de partager tous ces moments en famille avec la complicité de mon amoureux que oui, ce sont mes plus belles années. Ce ne sont sans doute pas les plus insouciantes ni les plus reposantes, mais qu’est ce qu’on s’amuse, tous ensemble. Depuis la naissance de Martin, il n’y a pas un seul jour où je ne souris pas. Je peux passer une journée horrible, mes enfants réussiront toujours à me faire sourire, parce qu’ils ont ce don de vous remettre sur le droit chemin du bonheur.

Ça fait longtemps que nous avons quitté la maison, mon frère et moi. Et pourtant, mes parents ont souvent évoqué cette nostalgie qu’ils ressentaient et la difficulté qu’ils avaient eu à nous voir partir. Ça doit être tellement difficile. J’avoue qu’il m’arrive de penser à ce jour où mes enfants s’en iront à leur tour et de me dire « ah, ce sera bien, enfin on sera peinards ! ». Mais je sais aussi que cela voudra dire que j’aurai 20 ans de plus, des rides sur le visage, un corps encore plus fatigué et que peut-être, mes plus belles années seront derrière moi. Ou peut-être pas. La vie ne s’arrête pas le jour où nos enfants nous quittent, ni quand on devient un peu vieux. Mais quand même, il y a cette petite voix qui me murmure dans l’oreille qu’il faut en profiter et en profiter maintenant. Pas hier parce que c’est déjà trop tard, pas demain parce que c’est trop tôt. Il m’a fallu du temps pour le comprendre mais aujourd’hui j’ai la certitude que les mille et un petits bonheurs sont à saisir dans le quotidien, aussi difficile soit-il.

 

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« Maman, occupe-toi de moi ». La jalousie sourde de l’aîné

posted by Anne 16 juin 2017 34 Comments

Ces derniers mois, on m’a souvent demandé si Martin n’était pas trop jaloux de son petit frère, comme si la jalousie des aînés était inévitable. Dans mon extrême naïveté, je répondais toujours que non, vraiment, non il n’était absolument pas jaloux DU TOUT. Et très franchement, j’en étais convaincue car pendant de longues semaines, à aucun moment il n’a manifesté de sentiment de jalousie vis à vis de Joli Coeur. Je le revois encore caresser mon ventre de grossesse avec ses petites mains, je revois son sourire béat quand il s’est penché au dessus du berceau de son petit frère, le soir de sa naissance. Basile Joli Coeur est né à 16h ce jour là et je suis retournée dans ma chambre vers 19h, mais pour moi il était inconcevable que Martin ne voit pas son petit frère tout de suite. Son papa avait donc fait un aller-retour pour aller le chercher chez nos amis qui s’occupaient de lui et l’accompagner à la maternité.

L’indifférence….

Si on excepte le tusnami que provoque l’arrivée d’un petit deuxième à la maison (il nous a fallu trois mois pour trouver un semblant de rythme familial acceptable et encore… certains soirs c’est l’anarchie totale !) les jours qui ont suivi mon retour de la maternité ont été plutôt calmes. J’avais cependant noté un fait plutôt surprenant : Martin semblait ignorer la présence de son petit frère. Il le regardait à peine et vaquait à ses activités normalement, comme avant. Je me disais que c’était normal pour un enfant resté longtemps « enfant unique », une question d’habitude, sans doute. Il ne manifestait pas spécialement d’engouement pour le bébé et il a fallu à peu près 2 mois pour qu’il accepte de lui faire un bisou. Et ce n’est que la semaine dernière qu’il a demandé à le prendre dans ses bras ! Autant vous dire que mon petit coeur de maman a fait boum boum ce jour là 🙂

Au delà de la jalousie, Martin avait surtout un peu peur de Joli Coeur. Un nouveau-né, c’est petit et fragile. C’est déjà impressionnant pour nous donc j’imagine que ça l’est encore plus quand on a 6 ans. Et le fait que Basile ait passé ses trois premiers mois à pleurer à cause d’un reflux n’a sans doute pas aidé.

… puis les bêtises

Au début du mois de mai, Martin a commencé à avoir un peu trop de rouge dans son cahier d’exercices à l’école, avec des petits mots de la maîtresse comme « concentre-toi davantage » ou « trop de bavardages ». Lui qui n’avait jamais fait de bêtise, son comportement est devenu pour le moins étrange. Les bêtises destinées à se faire remarquer ont commencé à s’enchainer, du style faire pipi à côté des toilettes pour me faire hurler ou parler dans un langage de plus en plus fleuri. Bref, il a tout fait pour me rendre complètement hystérique et évidemment cela a fonctionné ! Sur le moment,  je me suis dit que c’était sûrement « l’effet CP » et l’influence des plus grands à l’école. Mais quand même, un truc clochait, ce n’était pas MON Martin, répondre de cette façon aux adultes et faire toutes ces âneries n’était pas dans son caractère de petit garçon cool et respectueux. Finalement c’est quand il a fini par dire « gros con » à son baby-sitter (adorable au demeurant, hein) que je me suis dit  « Okay, on a peut-être un petit problème quand même »… A l’heure ou je vous écris, il me semble évident que le message de Martin était tout simplement « maman, s’il te plaît occupe-toi de moi » que j’ai mis tant de temps à décrypter !

Pourtant, je vous assure que Martin n’a absolument pas été délaissé, nous avons bien fait attention à nous occuper de lui avec autant d’attention qu’avant, si ce n’est plus. Oui mais voilà, c’était surtout son papa qui s’occupait de lui, tandis que moi je consacrais davantage de temps à Joli Coeur, je le reconnais. Non pas par choix mais parce que les choses se sont imposées d’elles-mêmes. Le matin, c’est son papa qui l’emmenait toujours à l’école tandis que moi je donnais le biberon à Basile. Le soir, c’est encore son papa qui s’occupait de lui quand j’essayais, parfois en vain, de calmer les pleurs de son petit frère. Vous allez me dire qu’il suffisait d’inverser avec le papa en le laissant gérer le bébé pendant que je m’occupais du grand, mais la journée, le papa travaille et le matin c’était plus simple ainsi. Sans même m’en rendre compte, je m’étais un peu désinvestie dans mon rôle de maman auprès de Martin. Bien sûr, j’étais là pour lui mais je faisais surtout partie du décor et on ne partageait plus tellement de bons moments ensemble.

Une complicité retrouvée

La leçon, je la connais pourtant. Je sais que passer du temps de qualité avec son enfant est primordial et pourtant je n’ai pas su être suffisamment dispo pour Martin ces quatre derniers mois. Mais je ne culpabilise pas (trop), avec un bébé RGO ce fut vraiment difficile pour moi d’être partout en même temps. De plus, avec la fatigue qui s’est accumulée au fil des semaines, je n’avais pas toujours l’énergie ni la patience de faire beaucoup d’activités avec lui. Et surtout, je savais que cette période serait éphémère. Nous avons toujours fait attention à son ressenti et lui avons expliqué que son petit frère avait mal au ventre en permanence, qu’il avait besoin que l’on passe beaucoup de temps avec lui et à le bercer. Même s’il a manifesté son mécontentement en faisant quelques bêtises, je sais que cela l’a beaucoup aidé à garder patience !

Depuis les trois mois révolus de Joli Coeur, les choses sont devenues plus simples. Il fait maintenant de vraies siestes et son rythme est devenu plus régulier. Il pleure aussi beaucoup moins, ce qui avouons le, est bien plus agréable et repose les nerfs et les oreilles de toute la famille. Moi-même je me sens beaucoup moins fatiguée qu’il y a quelques semaines (le cap des 2 mois a été le plus difficile à passer, je me suis vraiment sentie au bout du rouleau sur le plan moral et physique). J’ai pu enfin prendre du temps pour m’occuper davantage de Martin, l’accompagner à l’école et même à une sortie scolaire. Si vous aviez vu son sourire et son regard si fier ce matin là, quand il m’a présentée à sa classe ! Ça valait vraiment la peine de m’organiser pour passer ce bon moment avec lui !

Je ne sais pas si la jalousie des aînés est inévitable à l’arrivée d’un bébé dans la famille, en tout cas nous avons eu la parfaite démonstration que celle-ci peut être sourde et que les enfants ne l’expriment pas toujours verbalement. En tout cas, Martin n’a jamais exprimé à voix haute sa jalousie, je pense qu’il n’avait même pas conscience d’être jaloux lui-même. Il a cherché à attirer notre attention, ce qui est bien normal, mais jamais il n’a dit quoi que ce soit de méchant à propos de Joli Coeur alors qu’il aurait tout à fait pu s’en plaindre. Un bébé qui accapare tes parents et qui chouine tout le temps, c’est quand même bien relou quand tu as 6 ans 🙂

En tout cas, cela nous a rassuré sur le fait que Martin adore son petit-frère et il nous le montre d’ailleurs de plus en plus. Martin me ressemble énormément sur ce point, nous avons besoin lui et moi d’entrer d’abord en longue phase d’observation avant de s’investir sur le plan relationnel et de s’attacher vraiment aux gens. Nous aimons prendre notre temps et ne surtout pas être brusqués pour ce genre de chose. J’ai donc choisi de le laisser aller à son rythme, jamais je ne l’ai forcé à embrasser son petit-frère ni quoi que ce soit de ce genre et cela lui convient très bien puisque j’ai constaté ces derniers jours qu’ils s’étaient apprivoisés tous les deux ! Martin s’occupe de son petit-frère sans qu’on ne lui demande, lui donne ses jouets, va lui remettre sa tétine dans son lit, lui fait écouter de la musique… C’est trop mignon de voir s’exprimer son petit côté protecteur et j’ai hâte de les voir grandir ensemble ! Les prochains mois s’annoncent vraiment chouettes avec de beaux moments de complicité en perspective !

 

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