‘ Mes humeurs ’

Le plaisir perdu

22 février 2010 Mes humeurs 64 commentaires

livre

Aaaah la lecture… c’est devenu le grand drame de ma vie !

C’est ma mère qui m’a donné le goût de la lecture grâce aux aventures de “Martine” qu’elle me racontait chaque soir dans mon lit avant de m’endormir. A partir du jour où j’ai vraiment su lire toute seule comme une grande, je ne suis jamais sortie sans emporter un livre avec moi. J’adorais me réfugier le samedi après-midi à la bibliothèque de mon village. Je passais des heures assise en silence dans les gros fauteuils en cuir de l’espace lecture, puis je choisissais de nouveaux livres pour la maison et ne rentrais chez moi qu’à l’heure de fermeture, tandis que dehors il faisait déjà noir.

C’est tout naturellement que j’ai choisi la voie littéraire au lycée, même si j’étais toujours la première à me plaindre des lectures classiques souvent ennuyeuses qu’on nous obligeait à lire pour le fameux baccalauréat. Je n’ai d’ailleurs jamais pu terminer “Les Confessions” de J.J Rousseau, auxquelles je décerne sans hésitation la palme de l’autobiographie la plus barbante de la littérature française…

Une fois entrée dans la vie active, je me suis mise à lire de moins en moins. La fatigue aidant, ce n’était plus des livres que je glissais dans mon sac à mains, mais des magazines de filles un peu plus futiles qui me faisaient voir ma nouvelle vie de façon plus légère. Dans les transports, je préférais écouter de la musique et me réfugier dans ma bulle, la tête un peu en vrac après une dure journée de travail. La musique était pour moi le seul moyen de me détendre complètement et de me reposer un peu l’esprit. Le soir en rentrant chez moi, j’allumais instinctivement la télé et ne l’éteignais qu’au moment d’aller me coucher.

Ensuite, j’ai découvert le monde merveilleux des blogs féminins… C’est certainement à partir de là que je me suis définitivement perdue, et que je n’ai plus jamais ouvert un livre avec le même plaisir qu’autrefois.  Et chaque minute passée à lire un blog m’en éloignait un peu plus. Les blogs sont une source d’inspiration tellement riche que j’avais fini par ne plus vraiment ressentir le besoin de me plonger dans de véritables histoires romanesques. Sur les blogs, les textes sont suffisamment courts pour qu’on puisse les lire en entier, commenter, échanger, faire des rencontres virtuelles… Je me sentais tellement pleine et ivre de ces nouvelles découvertes que même le rayon nouveautés de la Fnac ne suffisait plus à m’enthousiasmer.

Peu à peu, est venu le temps de la lassitude et parfois de l’écoeurement. Je n’ai plus envie de consommer les blogs de façon chronophage comme avant (d’autant plus que les mêmes sujets reviennent souvent), et pour la première fois depuis longtemps, j’ai envie de lire à nouveau. Cette année, je peux compter sur les doigts d’une main les romans que j’ai lu en entier, la plupart en vacances alors que je n’avais que cela à penser. J’ai été déçue par “l’Elégance du Hérisson”, livre mal choisi mais dont on m’avait tant vanté l’écriture. J’ai commencé “tout ce que j’aimais” de Siri Hudvest il y a deux mois sur les recommandations de Nanikaa en m’arrêtant à la moitié, malgré une histoire magnifique est un style d’écriture simple mais remarquablement touchant.

J’aimerais vraiment retrouver le goût de la lecture, réussir à me libérer l’esprit suffisamment pour pouvoir me plonger dans un bon roman. Peut-être que je m’y prends mal, peut-être manque-je tout simplement de volonté. Peut-être que mes choix de lectures sont mauvais et ne correspondent pas à mes goûts personnels… Tant de questions qui restent sans réponse !

Je me demande très souvent comment chacun d’entre vous prend le temps de lire… Lisez-vous dans le métro, dans votre lit, devant la télé… ou sur un coin de la table en attendant que le dîner soit prêt ? Emportez-vous toujours un livre avec vous, comment d’ailleurs choisissez-vous vos lectures ??

Par ailleurs, si vous pouviez me dire quelles sont vos livres “chouchous” (si possible pas trop gros, je n’aime pas tellement les pavés) je suis toute ouïe !

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Emétophobie

19 janvier 2010 Mes humeurs 68 commentaires

luna

Emétophobie = peur irrationnelle et incontrôlable du vomi

Pour tout vous dire, j’ai pas mal hésité avant de publier cet article. Vous parler de ma pire phobie, c’est un peu comme me mettre à nu devant vous tellement celle-ci a pris une part trop importante de ma vie, au point de parfois même la gâcher.

Je n’aime pas tellement non plus aborder le sujet dans la mesure où j’ai toujours peur d’être mal comprise et de passer pour la cinglée de service, ou qu’on me voit comme une fille mal dans sa peau alors que ce n’est pas le cas du tout. Malgré ma phobie je n’en reste pas moins une personne psychologiquement équilibrée et très heureuse de vivre.

Je suis émétophobe depuis toujours. Je dis depuis toujours car même en remontant dans mes plus vieux souvenirs, il me semble avoir toujours été comme ça. Et honnêtement, je n’ai jamais vraiment cherché à comprendre d’où venait cette peur panique de vomir, comme beaucoup de phobies je pense qu’il est difficile voire presque impossible d’en déterminer l’origine. Et quand bien même je tiendrais une explication, je ne suis pas sûre que cela changerait grand chose et me permettrait de le vivre mieux.

A 6 ans, je suis allée à l’école avec une gastro carabinée. Je me souviens ce matin là avoir eu des nausées et dit à ma mère que j’allais être malade, mais elle m’avait quand même envoyée à l’école en pensant que j’irais mieux après. Vingt ans ont passé depuis mais j’ai gardé un souvenir absolument horrible de cette journée, dont je me rappelle le moindre détail comme si c’était hier. Ce jour là j’avais vomi sur mon ardoise devant tous les élèves, et passé la journée dans les toilettes de l’école assise par terre à rendre tripes et boyaux. Avec le recul je trouve cette expérience très traumatisante pour un enfant de cet âge, et je me demande si par hasard ma phobie ne serait pas née comme ça.

Aujourd’hui je vis avec et tente de l’apprivoiser, avec plus ou moins de succès car comme chacun sait, une phobie ça ne se contrôle pas !

C’est encore plus difficile ces derniers jours avec la traditionnelle épidémie de gastro qui sévit tous les ans. Je psychote tellement que j’ai presque peur de sortir de chez moi. Je ne fais plus la bise aux gens, je ne sers plus la main à personne, et je n’ose plus toucher à RIEN. Je ne compte plus les flacons de solution hydro-alcoolique utilisés depuis plusieurs semaines. Même me servir de la vaisselle commune du bureau me fait peur, y compris prendre l’ascenceur (inutile de préciser que je n’appuie même pas sur les boutons).

L’émétophobie c’est aussi une peur au quotidien, toute l’année. Celle de manger un aliment  périmé ou “pas frais” (exit donc les crustacés), de manger trop gras ou de trop manger tout court et de ne pas pouvoir digérer. C’est la peur de voyager et d’être malade dans les transports, et se trimballer avec des comprimés anti-vomitifs 365 jours par an dans son sac à main. Le moindre déplacement devient source d’angoisse. C’est la peur de se retrouver coincée dans un lieu et de ne pas pouvoir en sortir comme on veut et d’être malade (ma crainte ultime : vomir en public). Pour cette raison je n’aime pas trop aller au cinéma, à des concerts ou tout autre mouvement de foule, car très vite je me sens prise au piège et je psychote : j’ai l’impression d’avoir la nausée. Je choisis donc presque toujours une place le plus proche possible de la sortie “au cas où”. C’est aussi la peur d’avoir des enfants, de tomber enceinte et devoir subir les nausées fréquentes du premier trimestre de grossesse.

A sa propre peur de vomir s’ajoute aussi celle de voir les autres vomir. Malheureusement pour moi, c’est le genre de chose qui m’arrive assez souvent, l’année dernière une femme a vomi à mes pieds dans une rame  de métro. Je me suis précipitée illico vers la sortie, les jambes tremblantes et le coeur battant à toute rompre, paniquée par le spectacle auquel je venais d’assister. S’en est suivi un sentiment de culpabilité énorme d’avoir laissé cette femme malade sans même prendre la peine de l’aider à se sentir mieux.

Et le pire, c’est que je ne suis pas trop atteinte dans ma phobie, je sais qu’il existe des cas beaucoup plus graves que les miens. J’arrive à vivre normalement et me nourrir correctement, d’ailleurs j’adore manger et ça ne m’arrête pas du tout :)

Je suis assez désolée pour cet article qui manque clairement de légèreté, simplement je crois que chacun de nous vit avec ses angoisses, et qu’il ne faut surtout pas en avoir honte.

Sur ce, à très bientôt pour un prochain billet un peu léger ;)

La photo n’a rien à voir avec le sujet, mais bon je n’allais pas vous balancer une photo de vomi… J’ai fait quelques essais avec mon nouvel appareil photo et j’avoue être vraiment contente de la qualité des images (mais j’ai encore beaucoup de progrès à faire, je prévois pas mal de sorties photographiques dès le retour des beaux jours).

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