‘ Mes humeurs ’

K and me

La petitesse de notre appartement fait que lorsque je mange, j’ai une vue directement plongeante sur la porte de mon frigo. Bien sûr, je pourrais tout à fait me mettre sur la chaise à droite, et j’aurais ainsi une vue sur l’ensemble de mon salon – certainement plus agréable – mais je ne me suis encore jamais résolue à changer de place.

Parce que sur cette fameuse porte en inox brossé, parmi les dizaines de factures de taxi et les chèques à déposer à la banque, il y a mes amis. Ces amis proches qu’on aime profondément, au moins autant que notre propre famille, mais qu’on ne voit  jamais assez souvent. Sur cette porte en inox brossé, il n’y a que des évènements heureux. Des souvenirs de fiestas un peu arrosées, des faire-part de mariage, de naissance, et plein de bébés. Des bébés nés il y a quelques mois, parfois plus. Des bébés et des enfants qu’on aimerait pouvoir rencontrer pour certains, d’autres avec lesquels on aimerait jouer plus souvent, pouvoir les câliner et les regarder grandir. Foutue distance qui empêche trop souvent les liens de se créer.

AC

pauline

martin

Et enfin, chaque photo sur laquelle j’apparais me montre à une époque que je n’oublierai jamais. Ma grossesse. Je n’ai fait que très peu photos de moi enceinte et je le regrette. Je bénis ma meilleure amie de m’avoir donné ces quelques images qui immortalisent cette si jolie période de ma vie.

evjf

Toutes ces photos, ces cartes de voeux ou de félicitations, n’ont pas vraiment été choisies. Elles sont arrivées dans ma boîte aux lettres au fil du temps, et à l’heure ou la correspondance épistolaire meurt à petit feu au profit du numérique, je me réjouis de voir que certains de mes amis ont encore le courage et la patience de m’envoyer des lettres par courrier. Je trouve qu’il y a dans cette démarche, une vraie générosité qui me touche en plein coeur. Et rien que pour ça, je leur en serai éternellement reconnaissante.

frigo

Rendez-vous sur Hellocoton !

working mum

Il y a toujours un côté frustrant que celui de constater que les idées fusent et que l’envie d’écrire sur son blog est plus forte que tout, alors qu’on a plus tellement le temps de le faire.

En fait, je n’ai plus le temps de faire grand-chose. Enfin si. Disons que je le prends différemment, ce temps. Si avant je pouvais encore m’accorder une heure ou deux de procrastination sans remettre en cause le programme de ma journée, ce n’est hélas plus vraiment le cas aujourd’hui ! Chaque minute compte, chaque minute doit être rentabilisée au maximum.

Certes, j’ai la chance de travailler de chez moi. J’ai la chance d’avoir pu choisir de le faire, de n’avoir pas été obligée de laisser mon bébé à la crèche au bout de 3 mois la larme à l’oeil. La chance de pouvoir le regarder grandir, de profiter de lui au maximum. La chance de lui donner ses purées maison le midi, et de constater qu’il aime ça. Celle de me promener avec lui tous les jours une petite heure (ma pause salvatrice), de le voir s’amuser comme un fou sur son tapis d’éveil, et ne manquer aucun de ses éclats de rires. J’ai cette chance inouïe de l’admirer à chaque seconde, de constater ses progrès et de le serrer dans mes bras quand bon me semble (c’est à dire trèèèès souvent…). Sur ce point, je suis totalement comblée et jamais je ne regretterai ce choix.

Malheureusement, je constate avec désolation que dans la tête des gens, être maman et rester chez soi (même si vous travaillez… enfin du moins, vous essayez) ça ne veut rien dire. Pour eux, vous n’êtes qu’une banale femme au foyer reléguée au rang des personnes inintéressantes sous prétexte qu’elles n’ont pas de vie sociale (faire les courses et parler à la caissière, ça compte ?). La majorité pense bien souvent que travailler de chez soi rend les choses plus faciles, mais je vous arrête tout de suite : c’est un fanstasme, et je suis bien placée pour le savoir. Certes, c’est agréable de ne plus devoir prendre les transports en commun le matin, de ne plus devoir supporter les humeurs changeantes de ses collègues (même si dans mon cas, je ne suis pas à plaindre puisque les miens, je les aime) et tous ces aléas qui rendent la vie professionnelle désagréable et compliquée. Mais même en travaillant de chez-soi, les objectifs professionnels restent les mêmes, et les conditions de travail ne vous aident guère (essayez de rester concentré plus de 2 minutes d’affilée avec un bébé qui joue à vos pieds pour voir …).

Je trouve même qu’il y a une sorte de routine malsaine à rester chez soi toute la journée, y compris si  c’est pour la bonne cause. Depuis ces quelques mois que j’en fais l’expérience, je ne chôme pas, je peux vous le dire. Je jongle tant bien que mal entre boulot, couches et biberons, et… ménage. Ahhhh le ménage, c’est le grand drame de ma vie !! Je suis si maniaque que la simple vue d’un verre qui traine sur la table me donne des sueurs froides. Du coup je perds beaucoup de temps à remettre de l’ordre autour de moi, ce que je ne ferais évidemment pas si j’étais au bureau, et je gagnerais largement en productivité et efficacité. Cette tendance à nettoyer mon appartement de façon permanente me rend dingue, et me fait peur aussi. (c’est pathologique vous croyez ?).

Mon billet est un peu confus, et même si je ne sais plus trop où je voulais en venir, je voulais juste dire que les mères de famille nombreuses méritent une médaille. C’est tout. Moi, je n’ai qu’un bébé à gérer, et si parfois la crise de nerfs n’est pas bien loin (la fatigue n’aide pas) je pense souvent à ces mamans qui parviennent à gérer une tribu et qui ont encore assez d’énergie pour garder le sourire… Ma grand-mère a arrêté de travailler pour élever ses 9 enfants (9 enfants !!!) et quand on la disait “sans-emploi”, elle répondait toujours “je ne suis pas sans-emploi, mais j’ai cent emplois”.

Encore une belle leçon de vie que m’aura appris la maternité !

Rendez-vous sur Hellocoton !
Related Posts with Thumbnails