‘ Mes humeurs ’

noir et blanc

Je me souviendrai toujours du moment où j’ai appris ma grossesse. Ce soir là, on rentrait tout juste de vacances, et nos valises étaient à peine déballées que je m’étais déjà précipitée à la pharmacie du quartier acheter un test Clearblue. Ce n’était pas vraiment de l’impatience (quoique…) mais quelques jours auparavant j’avais senti le vent tourner. Je commençais à ressentir des sensations bizarres et inconnues dans mon ventre et surtout j’avais cet incroyable pressentiment que oui, j’étais vraiment enceinte. A vrai dire, je m’en doutais même avant de voir s’afficher les deux petites barres roses sur le test en plastique, et même si j’étais bien évidemment remplie de joie en voyant le résultat positif, je n’ai pas pu m’empêcher de douter et de me sentir confuse, car je savais dès cet instant que ma vie ne serait plus jamais la même.

D’ailleurs, puisqu’on est dans la confidence, j’étais pleine de préjugés vis à vis des femmes enceintes avant de l’être moi-même. Je trouvais souvent qu’elles en faisaient trop, à exhiber leur gros ventre à la vue de tous, se le caresser d’un air béat à longueur de journée, n’avoir plus pour sujet de conversation que leur propre nombril et leur futur bébé, attendu comme le messie. Et puis celles qui se plaignaient sans arrêt, qu’elles avaient des nausées, qu’elles étaient fatiguées et outrées qu’on ne leur laisse pas de place assise dans le métro… Celles-ci avaient presque le don de m’énerver encore plus, et avec le recul, je  crois que c’est sans doute la jalousie qui me rendait aussi intolérante.

On lit et entend presque toujours que la grossesse est un énorme bouleversement physique et psychologique dans la vie d’une femme, mais j’étais vraiment loin de me douter à quel point le regard sur soi-même et celui que les autres nous porte, peut changer. C’est une expérience particulièrement enrichissante à vivre notamment sur le plan social. Enceinte, les gens ne vous regardent plus comme une femme, mais comme une femme enceinte, c’est à dire qui porte la vie, et sont pour la plupart totalement voués à votre cause. Je n’oublierai jamais tous ces regards bienveillants qui m’ont été portés ces derniers mois, les regards de mes proches mais aussi ceux de parfaits inconnus, dans la rue ou ailleurs. Tant d’attention et de tendresse envers votre personne, c’est tellement inhabituel que pour ma part, ça m’a énormément touchée et rendue certainement beaucoup plus attentive et humaine.

J’ai noté surtout une véritable solidarité féminine autour de la grossesse, chose à laquelle je n’avais jamais prêté attention auparavant. Les femmes enceintes, je ne les remarquais pas toujours, et pourtant moi, quand il m’arrive  par exemple (rarement maintenant) de faire du shopping, de rester debout trop longtemps à la caisse, il y a toujours une vendeuse qui me repère de très loin et finit par s’occuper de moi. De même que dans le métro, il y a toujours une femme pour me céder gentiment sa place assise (par contre les hommes, JAMAIS… c’est désolant, je m’insurge mais pas un seul mec n’aura été assez galant pour se sacrifier dans les transports… hasard, malchance ? J’aime mieux ne pas le savoir !). Parmi tous ces regards positifs, je ressens souvent aussi ceux remplis de tristesse, de nostalgie ou de jalousie involontaire, de celles qui ont perdu un enfant, n’en auront jamais ou plus. J’aimerais ne pas les remarquer, mais parfois ils sont si puissants qu’ils finissent quand même par me transpercer.

Mon terme est prévu dans un mois, mais je sais déjà que pour toutes ces raisons, je serai bientôt nostalgique de ma grossesse, alors que j’ai passé ces 7 derniers mois à me plaindre en permanence. Malgré les aléas, malgré les nausées tenaces et incessantes, les difficultés à marcher, les crises de larmes, la grossesse n’en est pas moins une expérience formidable, que paradoxalement j’aurais détesté mais qui restera sans doute une des périodes les plus heureuses de ma vie.

Je sais que mon blog ne s’anime plus beaucoup ces dernières semaines, mais il me reste mille choses à faire : une chambre de bébé à finir, un mobile à terminer (fait avec mes petites mains, et oui, qui l’aurait cru !), des lessives de pyjamas de bébé à faire tourner, une valise à faire pour la maternité… On a les occupations qu’on peut !

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ebulobo

Désolés les amis, j’avais promis que je reviendrais plus souvent par ici et je m’aperçois que je passe davantage de temps à me regarder le nombril plutôt que de penser à mon blog. Mes pensées sont clairement occupées ailleurs, encore plus depuis que j’ai réalisé qu’il ne me restait plus que 8 semaines (8 petites semaines !!!) avant l’arrivée de mon “baby geek”, et que je prends peu à peu conscience du raz de marée qui s’annonce dans ma petite vie de couple jusque là bien tranquille.

C’est un peu bizarre ce retournement de situation, depuis le début de ma grossesse je n’arrêtais pas de décompter les jours sur le calendrier tellement ça me semblait interminable (les nausées ne m’aident pas, faut dire…) mais la fin du 7ème mois et ce ventre qui semble avoir grossi d’un coup me donnent l’impression que je viens de franchir un cap et que tout s’accélère. Et croyez-moi, ça fout les jetons ! A croire que je réalise enfin que oui, je suis vraiment enceinte et que je vais vraiment avoir un bébé. C’est un peu idiot comme réaction, mais c’est un tel bouleversement physique et psychologique qu’on finit par ne plus avoir les idées très claires, perdue au milieu de toutes ces émotions qui nous submergent. Surtout quand on n’a pas forcément la fibre maternelle et une affection débordante envers les bébés comme c’est le cas pour moi.

Et puis tout finit par s’éclaircir… Le bébé qu’on sentait à peine bouger les premiers mois prend de plus en plus de place, et  toutes ces jolies sensations de “papillons dans le ventre” ou de “bulles qui claquent” se transforment peu à peu en coups de pieds plus francs et envahissants, parfois (souvent) même douloureux. On s’essouffle plus vite, on perd sa mobilité et on se fatigue au moindre mouvement (dix minutes de marche et une heure de canapé au moins pour s’en remettre). bref, impossible d’oublier son état, et finalement je me dis que la nature est quand même bien fichue, que 9 mois ce n’est ni trop, ni trop peu pour se préparer à devenir maman.

J’ai mis un temps fou à lui acheter ses premiers pyjamas, sa chambre n’est pas prête, je n’ai même pas encore acheté son lit. Je fais mes achats au compte-goutte et pourtant sa commode est déjà pleine. Dingue la place que ça prend ces petites choses. J’ai commencé les premiers cours “d’accouchement sans douleur”, plus pour la forme qu’autre chose, puisque je ne suis rien qu’une grosse chochotte qui ne sait pas gérer la douleur, et non, je ne veux pas jouer les guerrières et tenter l’accouchement sans péridurale (çavapaslatête).

Voilà, c’est à peu près tout ce à quoi je pense ces dernières semaines, et à moins de venir vous abreuver de détails sur ma petite personne (ce dont vous vous fichez sûrement et vous avez bien raison), j’ai parfois du mal à trouver d’autres sujets d’inspiration que celui là, même si je n’ai aucunement envie que mon blog devienne un “blog de maman” dans la mesure où d’autres le font bien mieux que moi, et que je ne me sentirais de toute façon pas du tout à l’aise avec cette image.

Je change de sujet mais je voulais juste revenir sur le concours “Bulle de poésie” auquel vous avez été nombreux à participer. Le Cotentin est une région un peu isolée mais qui gagne vraiment à être connue, moi qui pensais qu’elle n’intéressait pas grand monde (surtout les jeunes) j’ai vraiment été surprise de vous voir si motivés à la découvrir. Me serais-je trompée ??

J’ai procédé à un tirage au sort via le site RANDOM (totalement impartial !) qui a désigné misschocoreve comme gagnante !

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Bravo à elle et merci à tous pour votre participation… Et même si vous n’avez pas gagné, je sais que l’idée d’aller passer un week-end dans le Cotentin un jour est bien ancrée dans votre petite tête, et rien que ça, c’est pour ma part une petite victoire personnelle ! (et à très vite pour d’autres concours…)

L’ours en peluche qui illustre la photo est un ours musical de la marque Ebulobo qui propose des jouets d’éveil pour bébés absolument géniaux et dont le design un peu vintage m’a tout de suite séduite. Ça change un peu des doudoux aux couleurs pastels dont je frôle un peu l’overdose.

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