66 Chroniques - Le blog d'Annouchka
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Chroniques

Un nouveau départ

posted by Anne 4 juin 2019 51 Comments

Il y a trois mois et juste avant mon opération des pieds, j’ai quitté mon job de directrice éditoriale chez Hellocoton et surtout mon équipe avec laquelle je travaillais depuis dix ans. Toutes celles qui me lisent depuis longtemps (surtout les blogueuses) savent bien que ce n’était pas « juste un job » pour moi. Hellocoton était spécial à mes yeux. Car c’est une entreprise que nous avions créée en 2008 à quatre personnes, dont mon amoureux (d’ailleurs je pourrais vous parler des heures de la question du travail en couple mais je garde ça pour un prochain billet^^).

Hellocoton ou la fine fleur des blogs des blogs féminins, c’était notre « premier bébé ». Un bébé virtuel qui a  grandi en même temps que nos « vrais » enfants à toute l’équipe. Des bébés qui sont nés au milieu de cette folle aventure et qui nous ont sans doute permis de garder les pieds sur terre quand le rythme devenait trop intense.

Ce qui aurait pu n’être qu’un simple site internet de plus sur la toile a finalement été notre plus belle histoire  (et là je parle en mon nom et celui de mon amoureux particulièrement).

Très vite après sa création, Hellocoton a rapidement obtenu la confiance des blogueuses et su créer une communauté active de femmes inspirantes. C’était la belle époque des blogrolls, des tags et autres chaînes à la noix sur les blogs… bref… le blogging joyeux, un peu innocent et sans prise de tête. C’est en 2012 que le site a connu le plus de succès et qu’il fut racheté par Prisma Média, le premier groupe de presse français. Pour nous c’était une victoire. Je ne peux même pas vous dire ce que j’ai ressenti le jour où nous avions signé la vente chez l’avocat, mais de l’émotion, il y en eu. Le soulagement de voir sa petite entreprise perdurer, l’excitation des nouvelles perspectives qui s’ouvraient à nous et puis surtout, disons le clairement, la sécurité de l’emploi !

Les gens ne savent pas que Hellocoton a vu le jour sur la petite table de cuisine de notre deux pièces parisien, où nous avions l’habitude de travailler à quatre, avec nos associés. Nous n’avions ni bureau ni argent à investir mais nous avions une certitude : celle que les blogs allaient changer la vie de beaucoup de gens dans les années futures.

On ne s’était pas trompés. Hellocoton est devenu au fil du temps une belle entreprise florissante et innovante que beaucoup de gens nous ont envié. Il y avait de quoi… Ce n’est pas donné à tout le monde de vivre de sa passion. Pendant dix ans, je me suis levée tous les matins en me disant que j’étais heureuse d’aller travailler pour faire un métier que j’aimais. J’ai eu une chance extraordinaire et c’est en partie grâce aux blogueuses, qui ont toujours cru en nous et nous ont longtemps soutenus pour que le site puisse évoluer et perdurer.

Hellocoton faisait tellement partie de moi que je ne pensais jamais le quitter. Et quand le rythme de travail est intense, on ne prend pas toujours le temps de réfléchir à l’avenir.

C’est après la naissance de Basile que j’ai commencé à prendre du recul sur la place de mon travail dans ma vie. J’avais envie de profiter de mon bébé alors j’ai posé un congé parental de plusieurs mois. Des mois durant lesquels j’avais plutôt la tête dans les couches et pas trop dans mon travail…

Sans m’en rendre compte, j’avais passé un cap. La vie familiale (et surtout l’urgence de vivre tout court) m’a rattrapée et j’ai ressenti l’envie de faire autre chose. D’aller explorer d’autres horizons. De retrouver ma liberté. J’aimais toujours Hellocoton mais le plaisir de travailler pour une grande entreprise (même de renom) a fini par s’essouffler et petit à petit je ne m’y suis plus sentie à ma place.

Parfois même les plus belles histoires d’amour ont une fin, c’est comme ça.

Aujourd’hui, j’ai envie de me consacrer à 100% à mon site Le Dressing Idéal. Parce que la mode durable me passionne bien sûr, mais aussi parce que le sujet fait écho auprès de nombreuses femmes qui ont envie de redonner du sens à leur garde-robe. J’espère que vous me suivrez aussi là bas et me lirez avec plaisir. Je ne vais pas vous mentir, j’ai la trouille. Je sais que j’ai pris des risques mais je crois que ça en vaut la peine.

A très bientôt, et merci encore pour votre soutien pendant toutes ces belles années <3 (celles qui savent, savent…)

PS : Annouchka reste ouvert évidemment ! J’aime beaucoup trop revenir vous parler ici de temps en temps.

 

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L’opération de l’hallux valgus et rigidus : mon expérience

posted by Anne 23 avril 2019 140 Comments

Aujourd’hui, ça fait 6 semaines tout pile que j’ai été opérée des deux pieds. Rien de grave, rassurez-vous, j’avais tout simplement ce que l’on appelle un Hallux Rigidus.

Depuis 6 semaines, je suis donc au repos forcé. Disons que j’ai du ralentir considérablement mes activités voire même les stopper complètement pour certaines. En théorie, ma convalescence est bientôt terminée, le délai « normal » de récupération d’une telle opération étant évalué à 6 semaines par les médecins. Enfin, ça c’est en théorie. Parce qu’en pratique, croyez-moi c’est un peu compliqué que ça en a l’air !

Quand j’ai su que j’allais me faire opérer, panique à bord…  L’opération de l’hallux rigidus est quasi identique à celle de l’hallux valgus (tout dépend des techniques utilisées mais en gros le principe est le même, on ouvre le pied, on trifouille dedans, on nettoie le cartilage abîmé, on casse les os, on met des vis pour fixer tout ça et zou, on referme). J’avais entendu des témoignages horribles de gens qui étaient passés par là et qui avaient souffert le martyr, autant dire que je n’étais pas du tout sereine.

C’est donc en partie pour rassurer tous ceux qui passeraient par là et qui envisagent ce type d’opération que j’ai eu envie de revenir sur mon expérience. Certes, je n’ai pas encore récupéré ma mobilité à 100% mais je crois que j’ai besoin d’avancer. Mettre des mots sur cet épisode à la fois douloureux et très fort de ma vie va, je l’espère, m’aider à repartir du bon pied… ahahah.

PS : je ne fais que partager mon vécu et MON expérience, en aucun cas je ne souhaite m’improviser médecin ou donner des conseils médicaux. Si vous avez mal aux pieds, je vous encourage vivement à aller à consulter un médecin spécialiste du pied, un podologue ou un chirurgien orthopédiste afin de faire poser un diagnostic précis sur votre cas personnel.

L’hallux rigidus c’est quoi ?

L’hallux rigidus est un mal un peu moins connu que son cousin hallux valgus, dont souffrent de très nombreuses femmes et même quelques hommes (même si c’est un problème en majorité féminin). J’avais moi-même un début d’hallux valgus à un stade encore assez léger, en tout cas il ne me faisait pas souffrir contrairement à ce ***** d’hallux rigidus qui disons le, m’a un peu pourri la vie ces dernières années.

L’hallux rigidus est tout simplement de l’arthrose du gros orteil. Lorsque le cartilage de l’articulation s’use, cela entraine des frottements des os et une perte de mobilité de l’articulation qui se rigidifie. Et ça fait très très mal ! C’est normalement une maladie qui touche les personnes âgées mais cela arrive aussi chez les personnes plus jeunes comme moi.

On ne sait pas vraiment d’où ça vient, mais comme pour l’hallux valgus, il y a plusieurs facteurs qui peuvent déclencher de l’arthrose : la génétique, le port de chaussures étroites ou à talons, les sports qui monopolisent beaucoup les pieds (gym, danse, tennis…) et la forme de pied dit « égyptien » quand le gros orteil est plus long que les autres.

Je réunissais pour ma part tous ces facteurs de risques… Ma maman a des signes d’hallux rigidus, j’ai un pied égyptien et j’ai pratiqué la gymnastique de compétition pendant des années, alors les chocs répétés sur mes pieds (nus) n’ont probablement pas aidé. J’ai également porté des escarpins pendant quelques années… Mais c’était clairement une autre époque ! Car aujourd’hui, la simple idée de glisser mon pied dans un escarpin me fait sauter au plafond !

Comment tout a commencé ?

J’ai toujours eu un faible pour les belles chaussures et j’ai porté des talons pendant des années ! D’abord des escarpins pour le travail (j’étais agent de voyage à l’époque) puis des jolies boots à talons… Je n’en portais pas forcément tous les jours mais je crois pouvoir dire que 90% des chaussures de mon placard étaient des chaussures à talons de 5 à 7 cm environ.

Je me souviens très bien la première fois que j’ai ressenti une douleur. Je m’étais accroupie pour ramasser quelque chose par terre et j’ai senti un pincement très fort dans mon gros orteil gauche. J’ai trouvé ça étrange mais je n’y ai pas prêté attention, je n’avais mal que lorsque je m’accroupissais.

J’avais 33 ans, c’était il y a 5 ans.

Et puis j’ai commencé à avoir mal en marchant avec des boots à talons un peu hautes, de 7cm. Une douleur vive, toujours ce même pincement étrange dans l’os qui me surprenait à chaque fois et me faisait grimacer, surtout à la fin de la journée quand mes pieds étaient un peu gonflés.

Un jour, la douleur est devenue systématique alors j’ai tout simplement arrêté de porter des talons. Je pensais que ça suffirait à régler le problème. A plat, je n’avais pas mal et je pouvais marcher normalement, ou presque…

Car même si je n’avais pas mal avec des chaussures plates, mon arthrose progressait et mon gros orteil s’enraidissait, si bien que je ressentais une gêne permanente. Et surtout, je compensais en marchant sur l’extérieur des pieds et j’ai développé d’autres complications adjacentes, notamment un névrome de Morton et un syndrome du 2ème rayon… sur chaque pied ! Je ne rentre pas les détails techniques (les réponses sont sur google) mais c’est juste pour dire que sans m’en rendre compte, j’avais usé mes pieds à force de refouler ma douleur.

Ne faites pas comme moi et ne restez jamais avec une douleur des pieds inexpliquée, consultez le plus vite possible.

La prise de conscience

A la fin de l’été dernier, j’ai commencé à avoir vraiment mal, même en baskets. En fait, depuis les attentats du Bataclan, j’avais décidé d’aller travailler à pieds plutôt que de prendre les transports qui m’oppressaient énormément. Je marchais au moins 15 kilomètres par jour (environ 1H30/2h de marche soutenue).

Cela a sans doute contribué à aggraver mon cas et cet automne mon hallux rigidus est devenu très handicapant. Je ne pouvais plus marcher sans douleur, certaines postures de yoga étaient douloureuses et surtout je ne pouvais plus me chausser autrement qu’avec des grosses baskets bien moches, ce qui est quand même un peu ballot quand on tient un blog de mode

En parallèle, je vivais des moments assez difficiles dans ma vie, notamment au travail. Sans vouloir faire de la psychologie de comptoir, je pense que ces remous professionnels associés à la douleur des pieds, ont pas mal contribué à ce sentiment de vide intérieur que j’ai ressenti pendant plusieurs mois.

La rencontre avec LE chirurgien

il y a deux ans, j’avais consulté un podologue qui m’avait prescrit des semelles spéciales à glisser dans mes chaussures mais ça n’avait rien donné. Non seulement, ça ne m’avait pas soulagée, mais je pense qu’il est passé à côté du diagnostic de mon cas personnel. Attention, les radios ne montrent pas toujours de l’arthrose ! Dans mon cas, c’est l’échographie de mes pieds quelques jours avant l’opération qui a confirmé le diagnostic (et montré l’étendue des dégâts). L’arthrose n’apparaissait pas sur les radios alors que j’avais une très grosse attaque du cartilage. Apparemment c’est assez fréquent donc n’hésitez pas à réclamer des examens supplémentaires.

Une petite voix intérieure me disait qu’un podologue ne pourrait sans doute plus rien pour moi alors j’ai décidé d’aller voir directement un chirurgien spécialiste des pieds.

Comment je l’ai trouvé ? Ça va vous faire rire, mais… Je l’ai choisi au pif sur Doctolib. Il avait l’air jeune, plutôt sympa et il faisait des consultations pas très loin de chez moi. Je me disais que je ne prenais pas trop de risques et rappelons le, je voulais juste avoir un avis… pas me faire opérer !

Le hasard a voulu qu’il soit l’un des meilleurs chirurgiens dans son domaine et que j’ai eu un très bon feeling. En deux minutes, il a posé un diagnostic précis de mes pieds et a été catégorique : il fallait m’opérer de toute urgence avant que je ne perde définitivement l’usage de mon articulation (car sinon il faut poser une prothèse).

Je suis donc passée du stade « j’y vais juste pour avoir un avis » à « je dois passer sur le billard le plus rapidement possible », autant dire que je n’étais pas dans un super état d’esprit. Une opération des deux pieds et une convalescence de deux mois ne faisait pas partie de mon programme pour 2019, j’avais d’autres projets !

J’ai digéré la nouvelle pendant quelques jours et j’ai décidé de faire confiance au chirurgien. J’ai 38 ans, je suis jeune, j’ai besoin d’avoir des pieds en bonne santé. Et puis j’ai un blog de mode, un projet d’entreprise associé…

Et puis j’ai envie de reporter des talons un jour, merde !

J’ai revu le chirurgien deux semaines plus tard, on a fixé une date : le 12 mars. J’avais peur mais je ne pouvais plus reculer, j’avais trop mal de toute façon.

Le jour J : le déroulement de l’opération

J’ai été opérée de mon hallux rigidus / valgus avec une technique classique dite « à ciel ouvert », à savoir une ostéotomie de SCARF (là encore, je ne rentre pas dans les détails mais c’est la technique la plus courante pour les hallux rigidus ou valgus sévères).

J’ai choisi de faire opérer les deux pieds à une semaine d’intervalle, sous anesthésie locale. Il est possible de faire les deux pieds en même temps, de nombreuses personnes le font et j’avoue que j’avais hésité à prendre cette option. Disons que l’idée de morfler une première fois et de devoir y retourner une deuxième fois me semblait un peu maso mais finalement je ne regrette pas, je crois que c’est moins handicapant quand même !

A gauche : mes pieds avant l’opération (la veille) // à droite : mon pied gauche le lendemain de l’opération

L’opération de l’hallux valgus est pratiquée sous anesthésie locale et en ambulatoire dans la plupart des cas. Dans mon cas, j’ai passé une nuit à l’hôpital les deux fois car mon chirurgien opère l’après-midi et je me voyais mal rentrer chez moi avec un pied mort, sans pouvoir marcher. Malgré la douleur et tous les inconvénients des hôpitaux (les va-et-vient dans les couloirs, l’infirmière qui vient douze fois prendre ta tension, le dîner servi à 18h…) j’ai apprécié de passer la nuit sur place entourée du personnel médical plutôt que chez moi (j’adore mes enfants mais franchement une opération des pieds, ça fait mal et il vaut mieux être tranquille quand l’anesthésie ne fait plus effet^^).

Concernant l’opération en elle-même, elle s’est très bien passée pour les deux pieds. Le fait d’avoir une anesthésie locale me rassurait vraiment. Les anesthésies générales m’angoissent terriblement et j’avais moins peur d’entendre les bruits de l’opération que d’être endormie et de ne jamais me réveiller ou d’avoir un réveil angoissant comme c’est souvent le cas. Bon, je ne vais pas vous mentir, la sensation de pied endormi n’est pas des plus agréables mais le fait d’être consciente pendant l’opération était une expérience intéressante !

A l’hôpital après ma seconde opération. Pied gauche J+7 (avec gros hématome) et pied droit J+1 

Pendant l’opération, on entend des bruits de scie, on ressent des sensations très étranges, la jambe vibre (on vous coupe quand même les os donc oui, c’est chelou) mais franchement c’est pas pire que chez le dentiste ! Ça ne m’a pas dérangée du tout, le seul truc que je craignais c’était que ma jambe se réveille pendant l’opération, ce qui a beaucoup fait rire l’anesthésiste. Le boulot de l’anesthésiste est de rester à vos côtés en cas de réanimation mais aussi de vous rassurer et gérer le moindre coup de stress… Tout s’est très bien passé pour moi, je suis pourtant du genre flippée mais écouter mon chirurgien parler de sa petite fille et de ses prochaines vacances avec le personnel du bloc a suffit à me détendre !

Le retour à la maison… Le début d’une longue convalescence

Même si c’était pénible de retourner à l’hôpital deux semaines de suite pour tout recommencer, la descente au bloc, l’anesthésie, l’opération et la nuit à la clinique, tout ça n’était RIEN à côté du douloureux retour à la maison et de la convalescence qui a suivi.

Le jour de mon départ aux Seychelles… pardon, la sortie de la clinique le lendemain de l’opération

Je suis plutôt une hyperactive et ce fut très difficile de ralentir mes activités pendant plusieurs semaines d’affilée.

J’ai pu marcher avec des chaussures spéciales dès le lendemain de l’opération mais franchement, c’était super douloureux et laborieux, on marche quand même sur des os qui ont été fracturés. Le chirurgien m’avait demandé de sortir de chez moi pour marcher 3 fois par jour pendant 20 minutes. Cela permet de prévenir les risques de phlébites et de mobiliser tout de suite les pieds. Franchement, je me suis mis un coup de pied aux fesses pour remplir les consignes mais c’était vraiment difficile, je transpirais comme un boeuf après quelques pas et j’avais la sensation de tomber dans les pommes en permanence. Ces sensations difficiles se sont estompées petit à petit. Au fil des jours je marchais de mieux en mieux, en déroulant mon pas correctement.

  • A J+1 je marchais avec ma valise pour sortir de l’hôpital
  • A J+7 je marchais 20 min dans la rue sans m’arrêter
  • A J + 2 semaines, je prenais une douche normalement, sans pansement
  • A J+3 semaines je suis allée voir mon chirurgien à pieds, à plusieurs kilomètres
  • A J+6 semaines je remettais des baskets normales

Pied gauche le 5 avril soit 3 semaines après l’opération. La cicatrice est fine et bien refermée. Oedème toujours présent mais l’hématome a disparu. Sur mon petit orteil on voit encore bien l’oignon du au fait que je marchais sur l’extérieur du pied. Bon à savoir, c’est un signe d’alerte, ce que je ne savais pas… 

Mais… Je trouve les progrès très… progressifs disons. Auujourd’hui, je ne peux toujours pas marcher normalement à pieds nus, cela me fait encore mal. Mes orteils sont encore raides. Comme des nerfs ont été sectionnés pendant l’opération, je ressens pas mal de sensations, picotements, décharges électriques (rayer la mention inutile) qui sont très désagréables et engendrent une forte appréhension pour marcher de manière naturelle. J’ai encore un oedème et les gros orteils et les pieds très gonflés, surtout le soir. Les hématomes ont en revanche complètement disparu… ouf !

Je garde un rêve en tête : porter à nouveau des talons un jour (raisonnablement, promis)

J’ai aussi très hâte de reprendre le yoga et le sport en général, car 4 mois sans sport + un mois de convalescence sans vraiment marcher… autant vous dire que je me sens pas au top physiquement !

Le rééducation chez un kiné pour se reconnecter avec soi

Mon chirurgien m’a prescrit 20 séances de rééducation avec un kiné. J’en ai trouvé une super dans mon quartier avec laquelle le courant est vraiment bien passé. J’en suis aujourd’hui à 4 séances et je dois dire que ça me fait un bien fou alors qu’au départ j’étais plutôt sceptique.

En fait, je suis arrivée dans son cabinet pour la première séance complètement fracassée par cette opération qui m’a bien secouée sur le plan émotionnel. J’ai réalisé que cette opération n’avait pas eu lieu par hasard. L’année 2018 a été compliquée sur le plan perso (il n’y a pas eu beaucoup d’articles sur ce blog d’ailleurs, j’étais un peu asséchée et très accaparée aussi par le Dressing Idéal ). J’étais donc le parfait cliché de la patiente hystérique et réfractaire. D’ailleurs ce n’est qu’à partir de la 3ème séance de rééducation que Sandra, la kiné, a pu toucher et masser mes pieds… qui étaient heureux qu’on s’occupe enfin d’eux de la sorte. Confidence pour confidence, j’ai pleuré de bonheur quand j’ai senti les mains chaudes et réconfortantes de Sandra sur mes pieds… Puisque je vous dis que ça retourne.

La rééducation post-opératoire est toujours une longue traversée du désert… Elle demande beaucoup d’efforts de lâcher-prise et surtout, c’est une étape importante qui consiste à renouer avec soi-même, à se reconnecter avec son corps. Car depuis 6 semaines, j’ai clairement l’impression d’avoir des pieds qui ne sont pas les miens : ils n’ont plus la même forme, j’ai deux grandes cicatrices qui me rappelleront à jamais cette épreuve et mes appuis sont eux-aussi différents. Mes orteils sont encore très enraidis et je ressens plein de sensations bizarres que je n’avais jamais ressenties avant. Mais ces pieds sont encore les miens et je dois apprendre à les apprivoiser, à ne plus en avoir peur.

Mon chirurgien et mon kiné disent que tout est dans la tête, ou presque… Ils ont sans doute raison ! En attendant, patience… Je fais ma gym des pieds tous les jours et vis ma vie normalement, je pense pouvoir dire que je marche autant qu’avant mais beaucoup moins vite !

Mes conseils si vous envisagez l’opération

Pour commencer, je vous conseille de ne pas rester avec une douleur inexpliquée des pieds et de consulter rapidement sous peine de voir vos problèmes s’aggraver, quels qu’ils soient.

Si vous programmez une opération d’un hallux valgus ou rigidus, mon conseil est de le faire dans un état d’esprit positif. C’est une opération avec une longue convalescence, qui demande un investissement personnel important. Il faut être prête et motivée et ne surtout pas le faire à contre-coeur sauf en cas cas d’urgence, ce qui était malheureusement mon cas. Malgré tout, j’étais soulagée d’être tombée dans les mains d’un bon chirurgien. Mais si vous êtes un peu déprimée, attendez un peu sinon la convalescence sera vraiment très très longue !

C’est aussi une opération qui nécessite de s’organiser en amont. Comme vous ne pourrez pas beaucoup marcher pendant quelques semaines, vous serez forcément dépendante de votre conjoint, famille ou amis pendant quelques temps. C’est dur mais il faut l’accepter. Je n’ai pas pu m’occuper normalement de mes enfants pendant 3 bonnes semaines, surtout le plus petit car je ne pouvais pas le porter et j’avais trop peur qu’il m’écrabouille les pieds, excité comme il est.

J’avais donc demandé à ma voisine d’emmener Martin à l’école, Hubert s’occupait de Basile pendant que moi je regardais des séries sur Netflix, ahaha. Vous ne pourrez pas non plus rester debout plus de 5 min la première semaine, n’espérez donc pas faire à manger ou même les courses… Mais bon, se faire servir comme une princesse n’arrive pas souvent dans la vie, profitez en 😀

Un autre conseil pratique : bookez les infirmières pour votre prise de sang et piqûres d’anti-coagulant AVANT l’opération, car elles ont un planning très chargé et bloqué longtemps l’avance. J’ai du faire mes piqûres d’anticoagulant moi-même pendant 15 jours car je n’ai trouvé aucune infirmière qui accepte de faire mes injections tous les soirs à 21h (ce que je comprends totalement mais il fallait les faire à cette heure précise).

Et maintenant…

Aujourd’hui, 23 avril, soit 6 semaines après l’opération. Mes pieds sont encore bien gonflés, mes gros orteils ressemblent à des knackis. Cicatrices de plus en plus discrètes.

Comme je vous le disais, je suis en pleine rééducation et n’ai pas encore retrouvé l’usage complet de mes pieds. Je porte à nouveau des baskets mais au bout d’une heure mes pieds gonflent et cet oedème va normalement durer encore deux mois.

Je n’espère donc pas me chausser normalement avant deux mois encore. C’est long, il y a des jours où ma patience est mise à rude épreuve mais je relativise : je vais bien, je n’ai pas un cancer ou une autre maladie grave. J’ai néanmoins une vague idée de ce qu’est la vie avec un handicap moteur et désormais je regarderai les personnes qui marchent avec des béquilles ou qui sont en fauteuil roulant autrement… Non pas que je n’avais aucune compassion avant mais maintenant je comprends mieux à quel point ça peut être dur, le regard des gens dans la rue, tous ces cons qui klaxonnent parce que tu ne traverses pas le passage piéton assez vite, la difficulté de marcher en ville quand les gens vont vite et ne font pas attention à toi. Bref, j’ai beaucoup appris et en cela c’était une expérience enrichissante quand même !

Et si tout va bien, dans quelques mois je n’aurai plus aucune douleur et je pourrai peut-être reporter des talons ! (aaaah c’est vraiment le graal, je vous jure).

Je suis désolée pour la longueur de cet article mais sur instagram j’ai reçu tellement de questions à propos de mon opération que j’ai eu envie d’y répondre en donnant le maximum de détails dans cet article ! Je sais que nous sommes nombreuses à souffrir d’un hallux valgus ou ridigus et à nous interroger sur le déroulement de l’opération et tout ce qui en découle.

Si vous avez des questions, mes commentaires sont ouverts 🙂

 

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3 conseils pour bien gérer la relation avec sa nounou

posted by Anne 29 août 2018 24 Comments

A quelques jours de la rentrée scolaire, je sais que nous sommes nombreux à remuer ciel et terre pour trouver la perle rare AKA la nounou (ou la baby-sitter) qui va s’occuper de nos enfants la journée ou  le soir après l’école. Mon petit dernier allant à la crèche, je pensais que ce serait assez facile  de trouver une baby-sitter sur le créneau 17h-20h, à savoir le fameux « tunnel du soir » comme certains parents aiment l’appeler. Après tout, nous sommes à Paris et les étudiantes pleines d’énergie ne manquent pas pour venir chercher nos bambins à l’école. Ça, c’est ce que tout le monde s’imagine mais la réalité est beaucoup moins idyllique. Pour commencer, les étudiantes motivées ne sont pas si nombreuses que ça ou elles sont déjà prises. Ou alors, elles ne sont pas disponibles sur les horaires que vous demandez. Quant aux autres nounous (pas étudiantes donc) elles ne sont pas intéressées par un temps partiel, trop peu rémunérateur . Bref, trouver une baby-sitter de confiance en périscolaire équivaut à chercher une aiguille dans une boîte de foin.

Si vous me suivez sur Instagram, vous savez déjà que nous avons eu quelques déboires avec notre nounou cette année. Oh, rien de très grave, j’avais suffisamment confiance en elle pour savoir qu’elle ne ferait aucun mal à mes enfants, mais ses absences répétées et injustifiées furent difficiles à gérer pour nous. Cette instabilité permanente a eu quelques conséquences sur notre équilibre familial : stress, parents sur les nerfs, organisation bancale et fatigue (ben oui, à force de courir pour aller chercher les enfants en catastrophe à la place de la nounou, ça use) ont été les maître-mots de notre année. Autant dire que ce ne fut pas de tout repos à la maison. Evidemment, nous aurions pu chercher quelqu’un d’autre pour la remplacer. Mais face à la pénurie de baby-sitters et l’attachement que nos enfants et moi avions pour elle, nous avions décidé de la garder jusqu’à la fin de son contrat. La fin de l’année scolaire m’a semblé interminable et s’il y a bien une leçon que j’ai retenue de tout ça, c’est l’importance de bien choisir sa nounou. Je vous vois lever les yeux au ciel et vous dire « ben oui, c’est évident hein », mais croyez  en mon expérience, c’est loin d’être facile ! On a beau rencontrer la future nounou, demander des références, la mettre à l’essai pendant quelques semaines… Comment faire confiance et savoir si notre choix est le bon ? C’est tellement difficile de confier ses enfants à quelqu’un que l’on ne connait pas !

Me concernant, je n’ai toujours pas percé le mystère et je serais bien incapable de vous dire comment choisir votre nounou, je crois que c’est avant tout une question de feeling. Toutes les nounous ne sont pas faites pour travailler dans toutes les familles et inversement. Les rares fois où j’ai eu le moindre doute lors d’un entretien, mes craintes se sont révélées justifiées par la suite. En revanche, l’année que je viens de passer à essayer d’établir une communication qui fonctionne (en vain) avec notre nounou m’a fait prendre conscience de mes erreurs. J’ai compris que si le choix de la nounou au départ était très important, la gestion de la relation par la suite l’était tout autant…

Voici mes 3 conseils fondamentaux pour que la relation avec votre nounou ou votre baby-sitter se passe bien cette année :

Définissez ensemble vos priorités et fixez des règles

Tous les parents qui emploient une nounou pour la garde de leurs enfants n’ont pas les mêmes exigences. Si nous tombons tous d’accord sur certains points cruciaux comme la sécurité de nos enfants et l’interdiction totale de violence verbale ou corporelle (la base) nous n’avons pas tous les mêmes priorités en matière d’éducation. Et ces priorités, il va falloir les définir quand vous choisirez votre nounou. Dans  un monde idéal, on ne devrait pas avoir à faire des choix mais la réalité, c’est que la baby-sitter parfaite n’existe que dans les contes de fée (coucou Mary Poppins) ou si elle existe, elle finit toujours (ou presque) par vous quitter pour voler de ses propres ailes et faire un job moins ingrat (et elle a bien raison, coucou Marion <3). Demandez-vous ce qui est réellement important pour vous ? Que vos enfants soient lavés et peignés quand vous rentrez le soir ? Qu’ils aient mangé équilibré, que les devoirs soient bien faits, qu’ils soient allés au parc, que la maison soit rangée à votre retour ? Préférez-vous une nounou un peu laxiste et qui joue avec vos enfants ou au contraire, une baby-sitter un peu plus à cheval sur l’autorité ? Il n’y a pas de bon ou mauvais modèle, à chaque famille son mode de fonctionnement. Personnellement, je ne suis pas très à cheval sur le rangement de la maison ou les repas équilibrés (disons que je ne vais pas hurler si mes enfants mangent des pâtes trois fois dans la semaine) mais en revanche, c’est important pour moi que mes enfants soient douchés et en pyjama quand je rentre et que les devoirs de Martin soient faits correctement. Car c’est un temps précieux gagné sur le reste et cela nous permet de passer du temps ensemble sur des choses plus agréables (lire une histoire, jouer…)

Gardez vos distances

C’est en écoutant le podcast « un podcast à soi » et tout particulièrement l’épisode « Qui gardera les enfants ? » consacré aux nounous et aux travailleuses domestiques que j’ai compris une chose importante : non, la nounou  ou la baby-sitter ne fait pas partie de la famille. La nounou est une personne qui travaille pour vous et vous devez la respecter à juste titre. Et ne jamais profiter du fait qu’elle aime sincèrement vos enfants pour abuser de ses services ou de sa disponibilité.  La nounou peut être une aide précieuse, une personne que vous respectez profondément ou à laquelle vous êtes attachée (il n’y a vraiment aucun mal à cela, on s’attache naturellement aux personnes gentilles et bienveillantes) mais elle n’est pas un membre de votre famille. C’est important de garder tout ça en tête car en cas de litige vous aurez besoin de réagir de manière rationnelle et objective… Et si vos sentiments s’en mêlent, cela peut-être très compliqué à gérer. Je l’ai moi-même vécu cette année. J’étais très attachée à notre nounou pour plein de raisons. Son amour sincère pour mes enfants, sa douceur et sa situation personnelle et financière compliquée m’ont poussée à m’occuper d’elle. Je ne regrette rien, je suis heureuse d’avoir rencontré cette personne dans ma vie mais quand la situation est devenue compliquée pour nous, j’ai manqué de lucidité. J’ai écouté mon coeur plutôt que nos besoins et cela a eu pas mal de conséquences sur l’équilibre de notre famille. Car d’une part, la nounou n’a pas respecté ses engagements, quant à moi je me suis laissée envahir par l’émotion et cela a altéré mon jugement.

Rien ne vous empêche d’établir une relation cordiale voire amicale avec  votre nounou mais n’oubliez jamais ce rapport subordonné qu’il y a entre-vous. Fixez-vous vos propres limites et essayez de garder de la distance… C’est sans doute plus sain pour tout le monde !

Soyez souple

La logique voudrait que l’on soit très exigeant avec notre nounou et c’est bien normal puisqu’elle va s’occuper de la prunelle de nos yeux AKA nos enfants. D’où l’importance d’établir des règles (voir conseil numéro 1). Mais… être exigeant ne veut pas dire être autoritaire et manquer de souplesse. La grande majorité des nounous sont des professionnelles ou ont suivi une formation pour la garde d’enfants. Elles ont donc logiquement un minimum de compétences et il faut apprendre à leur faire confiance, même si elles font les choses à leur manière. C’est difficile d’accepter qu’une personne de l’extérieure fasse différemment de nous : changer le bébé, préparer les repas, donner le bain… toutes n’ont pas la même méthode et parfois elles ne feront pas exactement comme vous et alors ? Est-ce vraiment important ? Ce sont des êtres humains, pas des robots ! Bien sûr, si cela peut avoir des conséquences sur la sécurité de nos enfants alors oui il faut intervenir mais pour le reste, moi j’ai personnellement décidé de lâcher prise.  Ma nounou confondait parfois pyjamas et vêtements (oui c’est possible^^ je ne compte plus le nombre de fois où j’ai retrouvé Basile en barboteuse plutôt qu’en pyjama) cuisinait des plats différents, avait une organisation un peu étrange au moment du bain (les fringues éparpillées partout), se servait du liniment en guise de savon… Mon avis, c’est qu’il y a certaines choses sur lesquelles ont peut lâcher prise pourvu que les règles de sécurité soient respectées ainsi que toutes les priorités que vous aurez définies ensemble (point numéro 1).

J’ai connu pas mal de nounous et de baby-sitters en 7 ans et aucune ne faisait les choses de la même façon… En tant que parents, nous avons le droit d’être exigeants mais un peu de souplesse s’avère toujours nécessaire si l’on veut que la relation avec la nounou fonctionne.

Voilà, c’était mes 3 conseils pour gérer la relation avec votre nounou, que je vais moi aussi m’empresser d’appliquer à l’occasion de cette rentrée ! N’hésitez pas à partager les vôtres dans les commentaires.

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La magie des premières fois

posted by Anne 31 mai 2018 26 Comments

Quand ton coeur  bat la chamade, en attendant de voir pour la première fois la fameuse petite barre rose s’afficher sur ton test de grossesse.

Les premières nausées de grossesse.

La magie de la première échographie, quand ton bébé ou plutôt son corps minuscule apparaît à l’écran et que tout ceci devient enfin réel.

La première fois que tu sens ses coups de pieds sous ton ventre, comme si des petits papillons venaient chatouiller ta peau. C’est si doux, cette première fois.

Les premières contractions, étranges et surprenantes, que tu peines parfois à reconnaître. Et puis les premières « vraies » contractions, celles qui ne trompent pas et qui te disent que le moment est venu.

L’odeur du liquide amniotique, le jour J, que tu ne sentiras que trop peu de fois dans ta vie. Magique elle aussi.

Et puis enfin, le premier cri. Le premier peau à peau, le premier regard échangé entre lui et toi, intense. Il faut l’avoir vécu pour savoir comme le premier regard d’un bébé est perçant.

La rencontre avec les frères et soeurs.

La première tétée, le premier biberon.

Les premiers pleurs qui t’émeuvent et te déconcertent à la fois.

Puis vient le temps des premières purées et des premiers repas « de grand ».

Tu donneras souvent le dernier biberon sans savoir que c’était le dernier. Les bébés ne préviennent pas quand c’est la dernière fois et c’est peut-être mieux comme ça. Notre coeur n’y résisterait pas.

La magie des premiers pas, hésitants mais libres. Les yeux de ton bébé remplis de fierté et les tiens, remplis de larmes de bonheur. Quel merveilleux spectacle. Il y a peu de moments aussi émouvants que cette première fois là.

Le premier mot. Et tous les prochains qui viendront, mal prononcés mais qui te feront chavirer à chaque fois.

Les premières vacances tous ensemble à la mer, la première rentrée à la maternelle, le premier amoureux.

La première descente du toboggan, le premier bobo.

Le premier goûter d’anniversaire avec les copains.

La première fois qu’il fera du vélo sans roulette.

Et tant d’autres premières fois que l’on aimerait revivre encore et encore… Avec nos enfants que l’on a déjà et ceux qui n’existent pas encore. Et aussi ceux qui n’existeront jamais.

J’en suis convaincue, cette magie des premières fois est sans doute une petite part de cette mystérieuse force qui nous pousse à vouloir d’autres enfants.

Elle perdure, que tu sois parent de deux, trois ou quatre enfants et revient te surprendre à chaque fois que tu ne t’y attends pas. Pour chaque enfant, une nouvelle aventure et de nouvelles premières fois pour s’émerveiller.

Magique.

 

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