‘ Culture confiture ’

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Le soir où je suis allée voir “la Rafle” en avant-première, je suis rentrée chez moi bien secouée.  J’avais presque réussi à retenir mes larmes, mais j’étais seule ce soir là et personne ne m’attendait à la maison pour me remonter le moral ni me faire oublier l’énorme sentiment de culpabilité que je ressentais. Je ne sais pas pourquoi, mais j’avais l’impression d’avoir fait quelque chose de mal. J’avais honte.

Honte, parce que je ne savais pas vraiment ce qu’était “la rafle du vel’ d’hiv’”. A l’école, on nous récitait inlassablement la même phrase (avec le ton scolaire qui va bien) : “la nuit du 17 juillet 1942, 13 000 juifs sont arrêtés puis déportés vers des camps d’extermination. C’est la rafle du “Vel’ d’Hiv”.

Point. A la ligne, on passe à autre chose.

Je me souviens avoir plusieurs fois recopié cette phrase en pensant naïvement que le “Vel’ d’Hiv” était une ville étrangère. Je sais, c’est risible. Parce que les faits se sont bien déroulés chez nous, en France. Et même tout près de chez moi, dans MA ville.  Il m’a fallu des années avant de comprendre que le “Vél’ d’Hiv” était un stade couvert, un bête gymnase dans lequel on avait entassé les juifs 5 jours durant, sans eau ni nourriture. Et je me dis que si tout le monde est aussi ignorant que moi sur ce sujet, il y a de quoi être inquiet pour les générations futures.

Alors que vous dire d’autre à part d’aller voir ce film ?
Je sais que les plus sensibles d’entre-nous n’en auront peut-être pas envie, parce que le sujet retourne et que le film, essentiellement joué par des enfants, arrachera les larmes des yeux même les plus secs.

Il faut aller voir la rafle pour l’excellent travail d’archives mené pendant 5 ans par la réalisatrice Roselyne Bosch (lettres des déportés, journaux intimes, interviews de témoins…) qui a permis de retrouver une multitude d’anecdotes et de faits oubliés sur le sujet.

Il faut aller voir La Rafle pour l’excellente prestation de TOUS les acteurs, Jean Reno en médecin dévoué, Gad Elmaleh en père de famille impuissant, et Mélanie Laurent, sans artifice mais brillante dans son rôle d’infirmière débutante et aimante. Les jeunes enfants, Jo’, le petit Nono, qui nous font passer du rire aux larmes.

Il faut aller voir La Rafle parce que le point de vue des enfants est ce qu’il y a de plus touchant, autant que cruel. Alors c’est sûr, certains diront que ce parti pris donne sans doute trop dans le cliché “pathos” (certainement le seul point que je reproche à ce film) mais c’est aussi ce qui en fait un film grand public et pédagogique. La Rafle n’est certainement pas un divertissement mais elle peut, je pense, se regarder en famille parce que la sensibilité du spectateur est souvent ménagée (des scènes très dures mais pas de violence montrée à l’état pur comme dans d’autres films sur le sujet où l’ont voit des gens se faire fusiller sans raison).

Il faut aller voir la Rafle pour se souvenir, ou comme ce fut le cas pour moi : apprendre.

crédit photo : site officiel du film La Rafle // Au cinéma le 10 mars 2010

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Dimanche soir, c’est le coeur battant un peu vite que je me suis rendue à la Mer à Boire dans le XXème, pour un concert très intime de Jeanne Cherhal, tandis que son nouvel album “Charade” sort très prochainement dans les bacs (le 8 mars prochain).

Parmi tous ces artistes issus de la “Nouvelle Scène française” (je pense à La Grande Sophie, Anaïs ou encore Bénabar qui depuis le temps que je les écoute, ont eu largement le temps de tracer leur route avec brio !) les albums de Jeanne Cherhal “Douze fois par an” et “l’eau” sont sans doute ceux qui ont le plus tournés sur ma chaîne. Sa manière de raconter des histoires au piano avec des textes toujours justes et  parfaitement assumés m’a toujours touchée, et je me revois encore sautant de joie dans mon salon le jour où elle fut consacrée “révélation de l’année” aux Victoires de la musique en 2005.

Pour l’avoir par deux fois admirée sur scène à la Cigale ces dernières années, je savais qu’elle ne me décevrait pas, mais lorsque je l’ai vue arriver avec son mini-short en cuir sur des talons haut-perchés, elle était bien loin de son image de jeune femme sage d’autrefois. Avec un corps pareil et des jambes aussi longilignes, ce serait bien dommage de ne pas oser toutes les folies !

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Après quelques notes à peine, je remarque qu’elle n’a simplement changé de look mais que son style musical a lui aussi beaucoup évolué. On s’éloigne peu à peu du tandem voix / piano pour des arrangements plus pop et beaucoup plus riches (qu’elle a entièrement composés elle-même, seule en studio)  Ses textes sont sensuels et désinhibés, Jeanne raconte sans aucune pudeur sa quête de l’homme idéal qui malheureusement n’existe pas, et parle de ses rapports parfois ambigus avec les hommes (En toute amitié, Hommes perdus, Reviens-moi…).

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Tout à l’heure je lisais l’article de Cococerise qui  parlant de cette même soirée, évoque une “nouvelle Jeanne”. Et bien je crois qu’elle a résumé l’essentiel. En plus je suis très jalouse de ses photos qui sont super chouettes, mais ça me servira de leçon car je n’ai toujours pas cherché à apprivoiser mon nouveau Reflex (je cherche un livre d’apprentissage pour les débutants / nuls en photographie, si quelqu’un a quelque chose à me conseiller…).

Jeanne Cherhal – nouvel album Charade // Sortie le 8 mars - agenda des concerts + tournée sur le site officiel de Jeanne Cherhal

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