La campagne à Paris
4 mars 2010 • Vivre à Paris • 44 commentaires

Déjà 3 ans que je vis dans le XXème arrondissement de Paris, avec toujours cette même sensation frustrante de ne pas connaître suffisamment mon quartier, alors que je sais ô combien il y a tant à découvrir. J’habite un peu à cheval entre les hauteurs de Belleville et de Ménilmontant, pas très loin non plus du cimetière du Père Lachaise, et tout près de la Porte de Bagnolet et de son fameux village de Charonne.
On dit du XXème arrondissement qu’il est un peu “la campagne à Paris”, car y subsistent quelques endroits aux allures de village tout à fait charmants, qui donneraient presque l’impression d’avoir quitté la capitale et traversé un nouvel espace temps.
Mardi matin, le soleil était radieux. Je m’étais levée suffisamment tôt pour avoir le temps de boucler une bonne partie de mon travail et m’octroyer enfin la balade en solitaire à laquelle je rêvais depuis des semaines. Avec cet hiver interminable, j’ai passé bien trop de temps enfermée chez moi telle une princesse dans sa tour d’argent, et pour la première fois depuis bien longtemps j’ai ressenti ce besoin vital de marcher, beaucoup marcher.
Midi passé et mon déjeuner à peine avalé, j’ai glissé mon appareil photo, mon bon vieux guide du Routard et une pomme dans mon sac, et je suis partie un peu à l’aventure sans vraiment savoir où mes pas me mèneraient.
C’est en descendant vers Belleville que j’ai décidé de grimper sur les hauteurs du parc pour pouvoir enfin admirer la vue dont j’avais souvent entendu dire qu’elle était fantastique. Une fois là haut, c’est effectivement un spectacle splendide qui s’ouvre sous nos yeux, pourvu qu’on ait la chance d’avoir un ciel aussi dégagé que ce jour là !

Je regrette quand même de ne pas avoir pu profiter de tous les points de vue qu’offre le parc, à chaque fois qu’il y avait un endroit idéal avec une vue panoramique, se trouvait toujours une bande de jeunes pas forcément rassurante qui squattait là, à boire de la bière en faisant beaucoup de bruit. Je n’ai pas osé m’attarder de peur de me faire racketter mon appareil photo, et ces quelques déconvenues m’ont, je dois l’avouer, poussée un peu précipitamment vers la porte de sortie.
Un peu plus bas, je suis tombée sur le marché de Ménilmontant. Impossible de sortir l’appareil photo car trop de monde et je n’avais pas très envie de flâner sur les stands, malgré les bonnes odeurs d’épices qui se dégageaient des échoppes. Encore une fois, je ne me suis pas sentie très à l’aise et pourtant, je connais assez bien ce quartier. Je crois vraiment que cette peur de me faire voler mon Reflex fut à l’origine de ce sentiment désagréable d’insécurité (un peu parano Annouchka peut-être ??).
C’est seulement au cimetière du Père Lachaise, plus loin sur le boulevard, que je me suis enfin sentie bien. D’ailleurs, je n’ai croisé presque personne, à part un groupe de touristes en visite et quelques étudiants en vacances qui semblaient littéralement plongés dans la lecture de leurs livres. Au début je trouvais bizarre qu’on puisse arriver à se détendre au milieu des tombes, mais finalement je me suis assise pour manger ma pomme, et j’ai trouvé ça chouette.




Je ne sais pas combien de temps j’ai passé là, à marcher dans les allées et à me répéter que j’avais de la chance de pouvoir profiter de de tant de calme. Peut-être une heure, peut-être plus, à vrai dire j’ai un peu perdu la notion du temps et je n’ai pas regardé ma montre. En sortant j’ai aperçu sur ma droite un très bel immeuble avec une jolie façade colorée, même si ses habitants ont sans doute une vue plongeante sur les tombes.

J’étais un peu fatiguée mais je voulais absolument aller voir le village de St-Blaise et son église de Charonne (métro porte de Bagnolet ou Gambetta). Un peu déçue quand même à l’arrivée car le soleil commençait à décliner, et la lumière insuffisante ne m’a pas permis de faire les photos que j’attendais. Mais en descendant la rue Saint-Blaise, j’ai vraiment ressenti cette ambiance villageoise dont tout le monde parle. Peu de circulation, des petits bistrots de charme, des fleurs un peu partout. Derrière certaines portes ouvertes, se cachent parfois de très beaux immeubles à l’abri du monde et de la circulation, où le calme est roi.


J’aurais tout aussi bien pu rentrer à ce moment là, mais je me suis dirigée vers la porte de Bagnolet, très curieuse d’aller voir de plus près les petites maisons bien entretenues que j’avais souvent aperçues en passant en voiture sur le périphérique. Honnêtement, j’y suis allée presque en rampant car je commençais à être vraiment fatiguée, je n’avais rien bu depuis plusieurs heures et commençais à avoir des crampes et la vue trouble (un peu bête aussi Annouchka ??)
Le guide du Routard suggère de commencer la balade au métro Porte de Bagnolet, de remonter le boulevard Mortier quelques minutes puis de prendre un des escaliers qui mènent aux fameuses petites maisons. En haut, c’est un véritable conte de fée, je suis tombée amoureuse de ces allées pavées au charme d’antan. J’ai passé un temps fou à admirer les petites maisonnettes aux jardins privés parfaitement entretenus, avec dans les narines ces odeurs de peinture fraîche, signe que le printemps approche. Je me suis même fait un nouveau copain chat qui m’a suivi tout le long du parcours, et j’ai croisé 3 jeunes filles en pleine scéance photo façon “street style” mais je n’ai pas osé leur demander si elles étaient blogueuses mode !





J’ai l’intention de refaire plus souvent ce genre de balade, même seule. Un peu lasse de vivre ici, je me rends compte que je ne profite plus suffisamment des beautés de Paris et que je le regretterai sans doute le jour où il faudra partir. C’est bien dommage, mais il n’est jamais trop tard.


















