Chroniques du quotidien

De la bienveillance envers les autres

posted by Anne 11 octobre 2015 64 Comments

DSC04341 (1)

Avez-vous remarqué comme souvent on se trompe à propos des gens que l’on rencontre dans notre vie ?

Il est de bon ton de dire qu’il ne faut pas juger les gens sur leur apparence. Prendre le temps de creuser un peu, de les aborder, de leur parler pour pouvoir enfin se faire une première opinion d’ eux. De mon côté, j’ai toujours beaucoup prononcé les proverbes tels que « l’habit ne fait pas le moine » ou « la première impression est souvent la bonne »… Des phrases qui ne veulent pas dire grand chose, finalement. Il est évident que si les vêtements ne font pas les hommes, parfois ils trahissent leur âge et révèlent leurs origines sociales et culturelles. Parfois, mais pas toujours. Ce qui peut être extrêmement trompeur. Non, la manière dont les gens sont habillés ne signifie pas qu’ils appartiennent à une classe sociale précise ou à une communauté et que l’on va bien s’entendre avec eux ou pas. J’ai grandi dans un petit village paumé où les gens passaient leur temps à se jauger en fonction de la taille de leur voiture ou de leur maison, de leurs fringues de marques ou pas, de leur métier… Les rumeurs, les on-dit, j’ai connu tout cela quand j’étais encore ado. Déjà à l’époque, je trouvais détestable d’entendre les adultes déblatérer des horreurs sur des gens qu’ils ne connaissaient même pas, à qui ils n’avaient jamais pris la peine de parler.

Au-delà des vêtements et de l’apparence matérielle, il y a les expressions des visages des gens ou leur manière de se comporter, seuls ou en public. Là aussi, on se trompe souvent. Parfois, il suffit de briser la glace pour voir un visage triste ou sévère s’illuminer. Une personne qui semble triste peut être tout à fait heureuse (certains ont des visages qui ne respirent pas forcément le bonheur, c’est comme ça) et inversement.

Depuis trois ans, ma vie sociale s’est intensifiée. Grâce à notre démémagement d’abord, puis la rentrée de mon Martin à l’école. Beaucoup de nouvelles personnes ont croisé mon chemin, dans ma vie perso et et tout particulièrement dans mon quartier (qui est un vrai petit village, il faudrait vraiment que je vous en reparle). Mais aussi dans mon boulot. Cette année, j’ai eu la chance de travailler avec les gens du papier (des journalistes print) alors que je pensais cela impossible quand on est un pur produit digital comme moi. Bref, il m’a fallu composer avec des personnes qui n’avaient ni la même formation, ni les mêmes techniques de travail et pourtant nous avons tous avancé vers le même objectif de manière passionnée et tout à fait naturelle. Sans aprioris.

Mais ce n’est pas de ça dont j’ai envie de vous parler. J’ai plutôt envie de demander pardon à tous ces gens, amis proches ou connaissances plus lointaines, que j’ai jugés à l’emporte-pièce mais que  j’aime profondément aujourd’hui. Car soyons honnête : combien d’entre-nous peuvent se vanter d’être purs et de posséder cette extrême bonté qui fait que jamais on ne juge une personne sur son apparence physique, sa classe sociale, sa religion ou son attitude ? Combien d’entre-nous peuvent se vanter de n’avoir jamais « bitché » lors d’un diner entre potes ou un déjeuner pro ? Et je ne parle même pas des réseaux sociaux, on pourrait écrire un livre sur le sujet tellement ils sont devenus une plaie béante, une porte ouverte au jugement d’autrui, à la méchanceté et à l’intolérance (heureusement, on peut aussi faire de belles rencontres sur le web et elles ne sont pas si rares).

Je crois qu’à l’aube de mes 35 ans, je suis devenue extrêmement lucide en ce qui concerne mes relations sociales. Et surtout, j’ai fait un constat assez étonnant : les personnes que j’ai jugées (oui, c’est moche de juger) le plus durement au départ sont devenues soit des amis proches, soit des personnes avec qui j’ai des échanges extrêmement constructifs et passionnants.

Pourquoi ce constat ? Je ne l’explique pas vraiment. Je me rends compte que j’aime être entourée de gens qui ne me ressemblent pas. Alors que mon caractère introverti, casanier et hyper angoissé aurait naturellement du me pousser vers des personnes plutôt calmes et assez solitaires. Et je me demande si finalement, ce ne serait pas ça, la définition de la sagesse quand on est adulte : être capable de tolérer que les gens puissent être différents de soi et surtout, de les aimer.

A vous tous, que j’ai dévisagés, observés et malheureusement critiqués parfois aussi, sans connaître grand chose de votre histoire : je m’en veux d’avoir pensé que nous nous entendrions pas. Dieu merci, j’ai encore cette petit voix qui me chuchote à l’oreille de laisser une chance à tout le monde…

– A cette fille que j’ai jugée, dont j’ai pu dire qu’elle était (entre autre) raciste et intolérante alors que son coeur est plus grand que celui de la plupart des gens. Nous nous étions simplement mal comprises. Notre amitié est aujourd’hui la preuve même qu’il faut ne jamais se braquer et prendre le temps d’écouter ce que les autres ont à dire.

– A cette blogueuse que je rencontrais parfois dans des soirées et que je trouvais hautaine et désagréable. Et qui aujourd’hui prend souvent le temps de m’envoyer un petit mot gentil et bienveillant sur Twitter. Il a suffit d’une journée passée ensemble dans un SPA (trop dure la vie de blogueuse) pour briser la glace et nouer des liens, même virtuels.

– A cette maman un peu folle que je croisais souvent au parc et qui criait tout le temps sur ses gamins. Elle me cassait un peu les oreilles (et pas que les miennes d’ailleurs), je la trouvais hystérique. Je la trouve toujours hystérique mais elle est devenue mon amie <3 Elle est ce que j’appelle une personne « solaire ». Positive et dégageant une énergie folle. Sans doute la fille la plus généreuse que je connaisse.

– A ma voisine, qui est toujours en retard et un peu bordélique. Vous n’imaginez pas comme sa présence est apaisante. On peut être perfectionniste et totalement self-control mais aimer des gens qui représentent nos pires angoisses…

Des exemples comme ceux-ci, je pourrais vous en citer plein d’autres et j’en ai un peu honte. Je regrette d’avoir jugé tous ces gens qui sont devenus chers à mes yeux et pourtant ce n’est pas pour autant qu’il ne m’arrive pas de recommencer. Beaucoup moins qu’avant il est vrai, mais quand même, j’émets souvent un avis un peu trop hâtif après de nouvelles rencontres.

Ce que je veux dire, c’est qu’on a beau nous marteler de messages utopiques qui prônent la tolérance à coups de « aimez vous les uns les autres », ce n’est pas si facile. On a tous (oui tous) une part sombre de nous-même qui nous pousse à juger les autres au premier abord, ou du moins se faire une opinion souvent fausse de leur personne. Et que c’est bien normal car il s’agit là d’ un réflexe naturel d’auto-protection.  Au fond, nous sommes tous un peu égoïstes et ce n’est pas facile d’être toujours gentil (de manière gratuite, j’entends), généreux, bienveillant, à l’écoute des autres… Cela demande des efforts considérables et une bonne dose d’altruisme. Mais parfois, cela en vaut vraiment la peine.

Bon début de semaine à tous 🙂

 

Rendez-vous sur Hellocoton !
Tweet about this on TwitterShare on FacebookPin on PinterestShare on Google+

You may also like

64 Comments

Pauline 11 octobre 2015 at 7:26

Merci pour cet article Anne. bon début de semaine a toi :-)!

Reply
Anne 11 octobre 2015 at 8:01

Je t’en prie Pauline ! Bonne semaine à toi aussi 😉

Reply
Madame 11 octobre 2015 at 7:29

Bienveillance et tolérance, faciles à écrire , quand à l’appliquer au quotidien je crois que je grandis encore chaque jour… J’apprends à me protéger tout en étant davantage bienveillante, pas évident … Idem j’aime m’entourer de gens complétement différents de moi. Mon commentaire est décousu mais ton billet m’a donné à réfléchir, je t’en remercie. Bonne soirée.

Reply
Anne 11 octobre 2015 at 8:00

Exactement, facile à dire, à écrire… plus compliqué dans la vraie vie et il m’arrive très souvent de me tromper malgré tout, de ne pas y arriver… Mais c’est déjà bien d’en avoir conscience, cela oblige à porter un autre regard sur les autres et réfléchir à deux fois avant de porter un jugement. Ton commentaire n’est pas décousu, je comprends très bien cette envie de protection dont tu parles. On vit dans un monde très égoïste, c’est difficile de faire confiance et encore plus à ceux qu’on ne connait pas !

Reply
Les Mamies Stars 11 octobre 2015 at 7:44

Ah la bienveillance ! Nous aussi, combien de fois nous sommes-nous trompées sur tel ou telle, et bien plus souvent que vous puisque notre vie est déjà bien plus longue ! Mais en ce domaine, l’expérience enseigne vraiment et nous pensons pouvoir dire qu’avec les années, nous sommes de plus enclines à la bienveillance a priori envers autrui.
Nos petits-enfants sont aussi de grands maîtres en la matière : en tant que mamies nous sommes naturellement enclines à la plus grande bienveillance envers eux et cela fait tache d’huile, nous inclinant à plus de bienveillance envers le monde en général.
Très belle semaine à vous !

Reply
Anne 11 octobre 2015 at 8:03

Les enfants nous montrent souvent le meilleur chemin à prendre, il est vrai que passer du temps avec eux nous aident à voir le monde autrement. Les enfants sont très purs, ils se concentrent souvent sur le meilleur des personnes qu’ils rencontrent (parfois à leur dépends malheureusement)… J’ai hâte de devenir mamie pour être encore plus sage alors 😉

Reply
jaivoulutester 11 octobre 2015 at 8:14

Oui , on est humain, avec nos jugements (parce qu’on en a toujours un petit, quoi qu’on en dise). Alors effectivement on peut se tromper. Les a priori ont la vie dure en ce moment! Et c’est vrai qu’il faut essayer de gratter, car chacun est différent, et c’est ce qui fait notre force. Rien de plus ennuyeux que celui qui est exactement comme nous. A nous d’accepter les forces et les faiblesses des autres, leurs défauts et leurs qualités, et de composer avec, pour s’ouvrir et s’enrichir! Après, il faut le vouloir…. et ce n’est pas donné à tout le monde!
bonne fin de soirée
flo

Reply
Anne 13 octobre 2015 at 4:20

Tu as raison, la diversité c’est aussi une richesse 🙂

Reply
madamezazaofmars 11 octobre 2015 at 8:22

Je crois qu’on le fait tous, juger trop vite, même quand on a les meilleures intentions. L’important c’est de savoir creuser, de ne pas avoir un opinion figé, ça c’est une vraie force. Et j’aime beaucoup cet article du coup !

Reply
Anne 13 octobre 2015 at 4:25

Effectivement, c’est bien d’en avoir conscience et de savoir se remettre en question quand il faut… Mais encore faut-il en avoir envie !

Reply
malicyel 11 octobre 2015 at 8:23

Comme je suis d’accord ! On a beau vouloir être naturellement généreux ce n’est pas toujours possible.
Pour ma part, je sais que je peux avoir des paroles parfois tranchées, ou des avis particuliers, mais c’est en connaissant les gens qu’on finit par se rendre compte qu’on a eu tort. Et justement, pour moi, je pense que la maturité, c’est de pouvoir se dire que son jugement n’est pas forcément le bon et que ce n’est pas parce que je pense que telle personne est une idiote que ça ne veut pas dire que trois semaines après, je ne me serais pas rendue compte que c’était en fait quelqu’un de top ^^

Reply
Anne 13 octobre 2015 at 4:45

Je pense que malheureusement, le contexte actuel fait que l’on devient méfiant envers tout le monde et qu’on a besoin d’un peu de temps pour cerner les gens et se sentir en confiance…

Reply
sandra 11 octobre 2015 at 8:26

Merci pour ce billet qui sort de l’ordinaire, plein de sincérité et de générosité.

Reply
Anne 13 octobre 2015 at 4:45

merci Sandra !

Reply
Dollyjessy 11 octobre 2015 at 8:37

AMEN 🙂

Reply
Myriam_hmd 11 octobre 2015 at 8:37

J’ai envie de dire que la nature humaine est ainsi faite. C’est vrai que même le meilleur d’entre nous et le plus bienveillant a au moins une fois dans sa vie émit un jugement, critiqué hâtivement une personne sans apprendre à la connaître vraiment. Nous sommes des êtres humains donc nous sommes par essence imparfaits. Néanmoins je pense que le fait de prendre du recul et de se remettre en question comme tu viens de le faire fait déjà de toi une personne profondément sensible, bienveillante et altruiste et ça ma foi c’est déjà énorme 🙂 bonne soirée Anne.

Reply
Anne 13 octobre 2015 at 4:49

Merci Myriam… Je n’ai rien à ajouter de plus, tu as tout dit 🙂

Reply
Viesdamélie 11 octobre 2015 at 10:56

C’est vrai que c’est original, comme billet ! Et ça me donnerait presque envie que tu me juges à l’emporte-pièce, juste pour devenir ta copine après… C’est drôle, les blogs, cette impression de connaitre les gens et la façon dont on les apprécie. Moi je te kiffe d’autant plus après ce coming out tout sincère.

Reply
Anne 13 octobre 2015 at 4:50

Ahah, t’es trop mignonne <3 merci pour ton petit mot adorable !

Reply
Mzell Chichi 11 octobre 2015 at 11:19

Un très joli billet « feel good », plein de tolérance. Merci. Ça fait du bien le lundi! ^^

Reply
Anne 13 octobre 2015 at 4:51

Merci !!

Reply
Thea 12 octobre 2015 at 1:41

Superbe billet ! Moi au contraire, les gens me disent souvent que je ne vois que le bon côté des gens, je semble naïve aux yeux des autres. Mais j’aime croire qu’il y a toujours du bon chez une personne et je préfère me concentrer là-dessus… Ça peut entraîner de grosses déceptions c’est vrai mais aussi donner envie à la personne en face de développer ce bon côté 🙂 Bon lundi !

Reply
Anne 13 octobre 2015 at 4:52

C’est tout à ton honneur de voir le bon côté des gens en premier… Dans un monde idéal, tout le monde serait comme toi et ça serait quand même beaucoup plus simple !

Reply
lexou 12 octobre 2015 at 8:18

On le fait tous, sans forcément penser à mal faire, le plus drôle c’est de se retrouver ami avec des gens dont on ne soupçonnait pas du tout telle ou telle qualité.Je suis aussi jugée en permanence, certains clients me disent « ah ben je ne te pensais pas comme ça! » et pourtant je suis plutôt quelqu’un d’abordable et de gaie, mais je reconnais avoir parfois une grosse carapace.Les traits physiques aussi peuvent induire en erreur, je parle en connaissance de cause, on me juge souvent à cause de mes traits plutôt sévères.L’essentiel en tout cas c’est de creuser avec les gens, c’est toujours enrichissant!

Reply
Anne 13 octobre 2015 at 4:53

Ah ben moi justement je te trouve super positive et très enjouée, quand on s’est rencontrées c’est vers toi que j’ai eu envie d’aller en premier… Tu étais mon rayon de soleil dans cette petite entreprise triste ou les gens faisaient la gueule (ben oui, il faut le dire !). Merci Alex !

Reply
lexou 30 octobre 2015 at 1:00

et les pauvres font encore la gueule…;-)!

Reply
lily 12 octobre 2015 at 9:31

Tu ne vas surement pas me croire mais je fais partie des personnes qui ne jugent jamais les gens sans les connaitre. C’est peut être aussi pour cela que j’ai dans mes amis, la personne la plus insociable et énervante de mon village mais au fond c’est la personne la plus fragile et douce que je connaisse. C’est peut être pour cela que j’ai la plus radine des amis aux yeux de la blogosphère mais qui est en faite d’une très grande générosité matériel mais pas que etc….
J’ai la chance de ne pas avoir fait comme les autres, de ne pas m’être arrêté à la première impression et d’avoir essayer de gratter.

Reply
Anne 13 octobre 2015 at 4:55

Bien sûr que je te crois ! Et je trouve ça formidable d’être ainsi, j’aimerais en être capable autant que toi, en tout cas j’y travaille beaucoup. merci 😉

(je ne savais pas qu’une blogueuse avait une réputation de radine, la pauvre !)

Reply
Cécile - Misc 12 octobre 2015 at 10:47

Anne, je crois que je vais ajouter ton billet à mon post Sincerity [ http://misc.see-the-world.net/2015/04/sincerity/ ] ! C’est si rare des témoignages comme le tien…

Quand tu avais parlé du travail sur toi-même pour ne pas transmettre à ton enfant les côtés inquiets de ta personnalité, déjà, tu m’avais beaucoup touchée. J’avais eu envie de parler de mon expérience douloureuse à cette problématique mais j’avais renoncé. Pas tant par pudeur (ça ne me gêne pas d’en parler) mais parce que c’est une histoire de souffrance qui se termine en drame et je préfère intervenir positivement « chez » les autres… question de politesse 😉

Ce matin en te lisant, j’ai pensé à trois choses personnelles, que voici :

_ à l’adolescence, ma mère a eu la bonne idée de m’inscrire à un chantier de travail bénévole. Pendant un mois, avec une poignée de jeunes, nous avons débroussaillé des chemins de haute montagne, restauré des murs de granges menaçants de s’écrouler, vécu tous en communauté, nous partageant les tâches du quotidien à égalité. Le camp était « mixte ». Une partie des jeunes étaient handicapés mentaux. De cette expérience, j’ai appris que si on ne se « force » pas un peu à aller au-delà de nos préjugés, il est très facile de passer à côté de personnes très différentes de nous et pourtant très enrichissantes. Plus tard, quand j’ai commencé mes études secondaires, j’ai régulièrement fait des chantiers de travail bénévole à travers le monde (le dernier fut de cultiver des champs en Mongolie avec les enfants d’un orphelinat). Au-delà de la rencontre évidente avec ceux que tu pars aider, il y a aussi la rencontre avec tous les bénévoles. Autant de personnes aux profils très différents vers lesquelles, dans ma vie parisienne, je ne serais jamais allée spontanément…

_ quelques années plus tard, pour mon mémoire de DEA sur le soulèvement zapatiste, je suis partie vivre au Mexique. En janvier 1994, après des années d’organisation clandestine, des milliers de paysans indiens sont descendus des montagnes du Chiapas pour faire entendre leurs voix et se battre pour leurs droits. Ils étaient symboliquement cagoulés pour dénoncer leur non-existence au sein de la société mexicaine mais aussi et surtout pour protéger leur vie. Quand ils enlevaient leurs cagoules, ils redevenaient invisibles. Touriste ou pas, dans les rues de Sans Cristobal de Las Casas, la dame qui au marché te vendait des tomates pouvaient être une zapatiste… ou pas… voire une contre-zapatiste.

_ il y a un peu plus de 5 ans, j’étais célib, en éternel mode loose sentimentale. Je surfais sur adopte et, parce que je venais tout juste d’y arriver, j’ai laissé un petit gars me poker, le genre de mec que je n’aurais jamais laissé m’approcher dans un bar ou à une fête où j’aurais concentré toute mon attention sur les beaux ténébreux intello-bobo arty branchés qui s’avéraient souvent à moitié dépressifs, complétement égocentriques et carrément goujats ! Pendant ce temps, le petit gars sur lequel j’avais des tonnes de préjugés a fait son chemin vers moi. Et puis un jour, les chantiers de travail bénévole, le Chiapas, toutes les petites leçons de vie apprises pendant des années m’ont chuchotées à l’oreille : « enlève tes œillères, baisse ta garde, regarde-le avec bienveillance »… et cet homme que j’aime d’un amour infini est devenu, un Tour du monde plus tard, mon mari !

Reply
Anne 13 octobre 2015 at 4:58

Merci infiniment pour ton long commentaire et de partager ces moments si intimes avec moi. C’est justement pour ce genre d’échanges que je continue à m’accrocher sur ce blog et d’y écrire ce qui me tient à coeur, même de manière anarchique.

Ton histoire avec ton mari est une magnifique histoire, digne d’une comédie romantique ! J’adore 🙂

Reply
Cécile - Misc 14 octobre 2015 at 12:10

Bon j’en dirai plus à l’occasion alors 😉
Parce que cette partie de l’histoire qui m’a mené à lui n’est qu’un petit bout… il y a eu tellement de chemin avant se mariage dans le désert de Mojave pour une fille comme moi qui n’avait jamais fantasmer sur une vie de couple et encore moins sur un mariage !

Reply
Cécile - Misc 14 octobre 2015 at 12:12

pfff… la tonne de fautes, j’écris trop vite, shame on me 😉

Reply
J'ai écrit 12 octobre 2015 at 11:34

C’est un bel article pour commencer la semaine. Je ne jure que par la bienveillance dans mes rapports avec les autres. Un de mes proverbes/mantras préférés est  » Everyone is fighting you know nothing about. Be kind. Always. ». Je le trouve tellement vrai. Peut-etre que cette personne qui nous a bousculé dans la rue a vraiment eu une mauvaise journée, que celui qui nous a fait une queue de poisson doit se rendre en urgence à un certain endroit, et j’en passe. J’ai beaucoup de mal avec le fait de juger, tout et rien, ce que disent les gens, ce qu’ils font, ce qu’ils portent. Qui sommes nous pour juger autrui, autrui qui a son histoire, autrui qui s’est construit lui aussi, avec tout ce qui le fait être autrui. Je suis cependant aussi d’accord pour dire que même si on essaye de ne pas le juger, on le fait souvent mais grandir fait qu’on revient aussi sur ces premières impressions et ça c
est important, c’est le principal je dirais aussi. Chaque être est imparfait et ce sont ses imperfections qui fait je crois que l’on en tombe amoureux (amicalement, amoureusement, professionnellement).

Reply
Anne 13 octobre 2015 at 5:03

Tu as raison et j’essaie souvent moi aussi de me dire « cette personne a eu une mauvaise réaction, mais peut-être que cela cache un mal-être ou qu’elle a des soucis persos ? ». On ne sait finalement pas grand-chose des gens que l’on croise sur notre chemin… Après, le facteur temps joue aussi beaucoup. La seule manière de bien connaître les gens, c’est d’aller vers eux et cela demande des efforts et un temps précieux que l’on n’a pas toujours… En tout cas je suis d’accord avec toi, nous sommes tous différents et c’est aussi ce qui fait le charme des relations, quelles qu’elles soient.

Reply
Rachel 12 octobre 2015 at 12:26

Un billet qui fait beaucoup de bien! J’ai dernièrement fait les frais « d’une bienveillance zélée » de la part d’une amie, un jugement sévère et que je trouve infondé et qui n’a eu d’autres résultats que de me blesser profondément et dont je ne suis toujours pas remise…
Tu as raison, il faut creuser un peu avant de réellement connaître les gens et ne surtout pas les juger à la va-vite…
Bonne journée

Reply
Anne 13 octobre 2015 at 5:04

Je suis navrée pour toi… C’est difficile de ne pas se laisser atteindre par le jugement des autres, encore plus quand ces personnes sont censées être nos amis. D’autant plus que les blessures d’amitié sont à mon sens les plus douloureuses… courage !

Reply
marie kléber 12 octobre 2015 at 1:49

Il est si facile de juger, sans le vouloir parfois. On juge par rapport à nos idées, nos choix.
Je peux dire que pour la plupart de mes amies proches, mon premier regard sur elles n’a pas toujours été positif. Je crois qu’on a peut-être aussi besoin de s’entourer de personnes différentes de nous, qui nous aident à grandir.
Un article très touchant Anne pour débuter cette semaine. L’important c’est de se rendre compte de notre jugement pour pouvoir renverser la vapeur.

Reply
Anne 13 octobre 2015 at 5:05

Merci Marie ! Je crois que ça me rassure de savoir que je ne suis pas la seule à avoir ce genre de défaut !

Reply
Aurelie / Catmini 12 octobre 2015 at 2:48

Très joli article, qui fait écho à nombreuses de mes propres réflexions. Je me méfie bcp de mes 1ers jugements, dans un sens comme dans l’autre, car je sais que je suis facilement impressionnable et peux me laisser abuser par quelqu’un qui présente des qualités qui me font défaut (sûr de lui, à l’aise à l’oral, ‘grande gueule’…).
Ca serait drôle (et certainement très instructif) de demander à nos amis ce qu’ils ont pensé de nous lors de notre 1ère rencontre et comment leur jugement a évolué…

Reply
Anne 13 octobre 2015 at 5:07

Tu mets le doigt sur un point important : on a souvent peur de ce qu’on ne connait pas ou de ceux qui fonctionnent d’une manière complètement différente la nôtre. C’est vraiment perturbant au départ mais à terme c’est une vraie chance, cette diversité de caractères autour de nous. L’union fait la force et encore plus quand elle est complémentaire !

Reply
Pauline - Bright Pause 12 octobre 2015 at 3:18

C’est tellement vrai ! Peut-être qu’on se trompe autant parce qu’on pressent que notre relation avec ces personnes « risque » d’être forte ? Ou qu’elles nous renvoient une image de nous qu’on essaie d’occulter ? (à qui le dis-tu concernant ce fameux perfectionnisme…) J’ai beau essayer de me raisonner pour arrêter la psychologie de comptoir, je ne peux pas m’en empêcher ! Ça fait du bien de savoir que d’autres personnes sont un peu comme soi. Toujours un plaisir de te lire en tout cas… Bises

Reply
Anne 13 octobre 2015 at 5:10

Oui tu as entièrement raison, notre inconscient nous pousse certainement à agir ainsi pour des raisons diverses : la peur de se confronter à ses démons, la peur de vivre une relation passionnée et destructrice, la peur d’être blessé, de souffrir, d’être déçu… D’où le réflexe d’auto-protection dont je parlais, surtout quand on est une personne sensible et intuitive… Et j’adore la psychologie de comptoir, c’est mon dada, alors merci !

Reply
Ginie 12 octobre 2015 at 3:20

Que je l’aime ce billet !
Je fais le même constat que toi, et le même cheminement. J’ai envie de joli, de bienveillance, de bonté. A chaque fois que je pense du mal de quelqu’un, j’essaie de chercher pourquoi et de me dire qu’on a le droit d’être différent, ça ne rend pas moins aimable. Je crois que c’est plus facile de tomber dans la facilité, mais ça vaut l’effort.
Merci pour ce joli billet <3

Reply
Anne 13 octobre 2015 at 5:10

Merci Ginie <3

Reply
Cristina 12 octobre 2015 at 8:47

Tellement juste. Ce n’est pas donné à tout le monde ce type d’introspection et de réflexion.

Reply
Anne 13 octobre 2015 at 5:11

Je pense qu’on en est tous capables, mais qu’on ne prend pas le temps de le faire ou qu’on a peur d’aller vers les autres…. quel dommage !

Reply
MamaFunky 13 octobre 2015 at 8:00

Je pense qu’on est tous un peu comme ça à juger au premier coup d’oeil.
Ce qui est essentiel c’est de se rendre compte justement qu’on a jugé trop vite. Comme toi j’ai récemment fait ce constat, et désormais je fait attention à ne justement pas juger les gens et apprendre à les découvrir. On est souvent extrêmement bien surpris !

Reply
MamaFunky 13 octobre 2015 at 8:03

Je crois qu’on doit tous être un peu comme ca. Moi la 1ere j’ai tendance à juger trop vite les gens. Mais l’essentiel est se rendre compte que justement on a jugé et mal jugé une personne.
Je fais désormais bien plus attention quand je rencontre de nouvelles personnes à ne justement pas juger. Et on peut être très souvent extrêmement bien surpris !

Reply
Anne 13 octobre 2015 at 5:13

Oui, c’est justement toutes ces bonnes surprises qui m’ont poussée à écrire cet article… Toutes les relations sur lesquelles j’ai été méfiante au départ ont débouché sur de belles amitiés… Peut-être parce que je sentais au fond de moi que cela allait se produire et que j’avais peur de trop aimer et de souffrir ? Notre inconscient est parfois extrêmement puissant !

Reply
Aurélie 13 octobre 2015 at 9:58

Quel beau message d’amour et de tolérance !

Reply
Anne 13 octobre 2015 at 5:14

Merci Aurélie !

Reply
Maman Voyage 14 octobre 2015 at 9:08

Un très beau billet ! Après il y a les bonnes surprises mais hélas parfois les mauvaises… (hier j’ai trop lu twitter sur le sujet « Dubai » ;-)). Bref ! Oui, vive la bienveillance ! Je l’ai d’ailleurs appris en formation aux US lors de mon premier boulot et j’avais trouvé ça idiot une formation sur la bienveillance ! Maintenant je me rends compte à quel point ce n’est pas une évidence et que beaucoup de gens auraient effectivement besoin d’une formation ! Bises !

Reply
Aziliz 14 octobre 2015 at 1:33

Merci pour ce billet, en fait il faudrait simplement ne pas juger du tout et prendre les gens tels qu’ils sont… Plus facile à dire qu’à faire! Pour ma part j’essaie de m’ entourer de personnes qui ne critiquent pas ou peu les autres et puis mon conjoint ne juge jamais personne donc ça aide! Moi aussi j’ai grandi dans un petit village, je vois bien de quoi tu veux parler! Du coup je n’ai pas reçu dans mon éducation de ne pas juger les autres, il faut que je m’ auto corrige!

Reply
Louise Grenadine 15 octobre 2015 at 12:49

Très beau cet article. 🙂
J’avoue, en rencontrant une personne, j’ai tout de suite un a priori dessus. Positif ou négatif. Parce que dans un simple bonjour, on dégage tous quelque chose, et cela influe sur la façon dont vont nous percevoir les gens.
En revanche, j’aime ne pas m’y arrêter, et prendre le temps pour discuter ; quand on en a la possibilité, c’est une belle façon de dépasser la première impression, et de découvrir bien plus. 🙂

Reply
Keju 15 octobre 2015 at 5:43

Quel beau billet, tu m’as touchée, tu es sincère et c’est rare de lire un billet qui parle ce sujet.
Je suis Aide soignante dans un service de médecine dans un hôpital et depuis ma reconversion professionnelle je me rends compte à quel point ton article est vrai. J’ai appris a avoir de l’emphatie et une écoute active parce que ce sont des valeurs essentielles à notre métier. Dans notre boulot on n,’a pas le droit de faire de jugement. Et bien ça m’a apporté du plus, cela est bénéfique pour moi . Avec ce nouveau regard, je me suis rendue compte qu’avant j’aurai vite et mal jugé une personne rien qu’à son apprence et que maintes fois je me serai trompée…
J’ai remarqué aussi que les patients eux ne se trompent pas souvent car ils ressentent énnormément les choses (le fait d’être dans cette position délicate ou dans la maladie, ils relativisent et voient la vie différement) mais combien de fois au fil de notre discution lors d’un soin ils ont réussi à me décrire parfaitement, comme je le suis vraiment. Je ne me lance pas de fleurs mais ils me disent toujours que je suis très patiente et que je fais mon métier avec beaucoup d’amour et que cela se voit tout de suite. On me dit souvent que rien qu’avec mon sourire vrai, (qui vient spontanémént en rentrant dans la chambre) j’ai réussi à les égayer, à leur apporter du bonheur. et bien cela me touche. Je m’égarrre et du coup je t’écris un pavé …. Merci , merci pour ce beau billet <3 Tu es une belle personne.

Reply
Fanny 16 octobre 2015 at 5:15

Quel joli texte. J’essaye d’appliquer chaque jour bienveillance et tolérance et ce n’est pas un exercice facile. Le plus compliqué pour moi étant de dire aux gens que j’aime quand leurs paroles ou leurs actes me dérangent. Ou qu’ils essayent de trop m’inciter à faire leur choix.
Mais ça forge le caractère.

Reply
Laura WB 19 octobre 2015 at 8:50

Bonjour Annouchka,
Très bel article, écrit par une très belle personne. Je suis moi-même dans cette démarche depuis 2 ans maintenant.
Il m’arrive encore, parfois, de juger les gens trop vite, mais c’est très rare er je réussi désormais à me reprendre et à réfléchir.
Je me demande toujours « Pourquoi cette personne est telle qu’elle est ? » et je sais que ce que l’on vit peut nous changer. Alors si une personne me parait désagréable, je prend le contre-pied et vais lui sourire pour qu’elle se sente mieux.
J’ai beaucoup aimé te lire, je te souhaite une belle journée 🙂
Bises
Laura

Reply
Fanny 19 octobre 2015 at 10:57

Bon ben du coup j’ai relu ce billet pour contrer ce lundi merdique et reprendre un shoot de bonnes ondes. Avec un petit fond de jazz, ça fonctionne plutôt bien, je suis un peu calmée 🙂 Bonne semaine à toi

Reply
FannyJS 19 octobre 2015 at 5:12

Encore un joli billet plein de positivisme ! Et je t’avoue que c’est quelque chose que je recherche.
Je tente tant bien que mal de m’entourer de gens positifs, autant dans la vraie vie que la vie numérique.

Il est difficile de lutter contre une première impression sur quelqu’un, mais je crois qu’on y arrive mieux au fil des années.
Je crois que plus jeune je pouvais paraitre justement paraitre hautaine au premier abord, mais en réalité j’étais … follement timide. Prendre un air dégagé était la seule manière de me contrôler un peu, je crois que c’est le cas pour beaucoup.
Le bon côté c’est que ça m’a donné énormément d’empathie, et que je vais justement plutôt facilement vers ces gens là aujourd’hui. 😉
On va dire que je repère plus facilement ceux qui portent un « masque » ou pas.

D’un autre côté… je fais aussi plus facilement le « tri ». J’avoue que je ne m’encombre plus comme autrefois de relations qui peuvent être toxiques.

Reply
Anne-Sotte 30 octobre 2015 at 2:17

Tiens c’est marrant, je crois que je pourrais écrire l’article contraire du tien pour ma part… Pour moi tout le monde il est beau tout le monde il est gentil, mais en partant de ce constat, forcément y a des moments on est déçu….

Reply
Anne 30 octobre 2015 at 2:36

Je ne sais pas ce qui est le pire en fait… !

Reply
Abby 1 novembre 2015 at 2:14

J’ai beaucoup aimé cet article!
Seulement, j’ai déjà vécu le contraire: je pensais, au premier coup d’œil, que ces filles deviendraient mes meilleurs amies, et pourtant j’ai découvert par la suite qu’elles n’étaient pas du tout celles que je croyais…
Merci pour ce très beau billet!

Abby

Reply
Barbara de MyLuckiLife 2 août 2016 at 12:57

Bonsoir Annouchka. Je découvre ton blog, j’aime l’esprit qui s’y dégage. Et j’ai apprécié cet article (je ne les ai pas tous lus !), même si j’arrive 50 trains plus tard. La relation aux autres, tout un programme… A bientôt.

Reply
Lemon and juice 31 mai 2017 at 10:44

Ça me fait plaisir de lire un sujet sur la bienveillance. Je « bassine », je crois que c’est le mot le plus approprié mes collègues (et mes équipes, les pauvres), avec l’idée qu’il faut être bienveillants. Comprendre pourquoi il y a peut être eu un problème et que ce n’est peut être pas par mauvaise volonté qu’untel n’a pas ce qu’il fallait. Mais c’est parce que j’y crois dur comme fer 🙂

Reply

Leave a Comment