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Deux semaines sans lui

posted by Anne 3 novembre 2013 22 Comments

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J’ignore encore pourquoi je me suis cachée dans les toilettes pour pleurer, il y a deux semaines, quand mon fils s’apprêtait à partir chez ses grands-parents pour les vacances. Etait-ce parce que je venais de passer deux mois à courir dans tous les sens, sans avoir eu le temps de profiter de lui ? Parce qu’il était malade ? Ou peut-être parce que son regard s’est embué lorsqu’il a compris qu’on allait être séparés pendant quelques jours ?

A vrai dire je ne sais pas. Je cherche encore à comprendre le pourquoi de cette réaction un peu démesurée. Il s’en allait ‘juste’ passer deux semaines au soleil chez sa mamie, est-ce que ça valait vraiment la peine de pleurer ?

Je me souviens qu’avant, j’accueillais toujours les vacances de mon fils chez ses grands-parents avec un immense soulagement. Je n’étais même pas triste, mais plutôt contente d’avoir enfin du temps pour moi. Ce bonheur (entre autre) de pouvoir remettre les pieds au cinéma ou au restau sans se soucier de réserver la baby-sitter à l’avance. La possibilité de pouvoir faire ce que je veux, quand je veux. C’est ce qui me manque plus, je crois. Mais l’improvisation et les soirées mojitos entre amis organisées sur un coup de tête, ne font pas partie du package quand on devient parents.

J’ai profité de ces dernières semaines pour avancer dans les travaux à la maison. Le parquet a finalement été repeint en blanc (je vous l’avais dit qu’avec moi ça ne trainait pas !) et les travaux de notre chambre / salle de bain avancent à grands pas. Si tout va bien, dans moins d’un mois on pourra dormir dans notre grande chambre avec baignoire (oh yeah, à moi les bains chauds en hiver !) J’ai bien conscience que tout cela n’aurait jamais été possible si nous avions eu notre fils dans les pattes, mais quand même, il nous aura drôlement manqué.

Je crois tout simplement qu’il m’a fallu 3 ans avant de renoncer à mon statut de nullipare complètement libre, et comprendre que les choses n’auront plus jamais la même saveur sans mon fils. Je repense à toutes ces fois où je me suis dis « vivement qu’il ne soit pas là pour que je puisse faire ci ou ça », et finalement une fois que j’ai pu faire toutes ces choses, je n’avais plus envie de les faire parce que mon fils me manquait. Sans lui ce n’est pas pareil. Les rues de la butte Montmartre me semblent tristes quand il ne marche pas à côté de moi. Elles me ramènent toutes à lui. Celle qui monte tout droit vers l’école, la rue des abbesses et son manège (certainement le QG de tous les parents du quartier !) et la petite impasse qui mène à notre petit square. D’ailleurs j’y suis passée hier, il m’a semblé bien vide. Même le marchand de légumes, si habitué à le voir, s’étonnait de son absence. Nous sommes toujours tous les deux.

Quand il n’est pas là je n’ai plus mes repères. Je ne sais plus comment gérer mon temps. C’est incroyable de voir à quel point la présence d’un enfant vous structure, dans la gestion de votre planning et vos obligations. Avec un enfant vous ne pouvez pas vous laisser aller, alors quand il n’est plus là c’est un peu le bazar. Pour preuve, j’ai passé deux semaines à arriver en retard au bureau et je n’ai pas mangé un seul légume.

Mais….

Je ne vais pas vous mentir en vous disant que j’ai pleuré son absence pendant deux semaines. Les premiers jours m’ont semblé longs, mais les suivants ont filé à la vitesse de la lumière… On s’est même accordés un peu de détente en allant voir Gravity au cinéma (chouette film, je vous le recommande si vous ne l’avez pas déjà vu !), on a mangé plusieurs fois au restau (filez au Dépanneur à Pigalle, c’est super bon !) on est même allé voir Texas en concert pour se rappeler notre adolescence. On a profité de cette liberté retrouvée à deux, tout simplement, même si nos conversations finissent toujours par nous ramener à notre fils. Parce que le temps de la vie à deux nous semble loin derrière nous, et que nous pensons désormais toujours avec le chiffre 3.

PS : sur la photo c’est son cahier d’école avec lequel il est revenu, trop fier, le soir de la veille des vacances (et le fait que j’ai failli chouiner aussi en l’ouvrant, on en parle ?)

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22 Comments

Madame 3 novembre 2013 at 6:40

Texas en concert et j’ai raté ça! J’étais fan au lycée oui oui j’assume 🙂 Pour les larmes je te comprends je laisse rarement le mien (trop rarement au goût du papa) et c’est jamais sans tristesse même si je sais que lui se régale chez ses gp en province au bon air. Bonne semaine!

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Barnabé 3 novembre 2013 at 7:14

Ton article est très touchant, il est un peu triste alors que finalement il ne parle que de bonheurs !
Joli texte.

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La vie en Tisanie 3 novembre 2013 at 8:44

c’est fou comme notre système lacrymal est sollicité quand on devient maman 😉
je suis comme toi….quand l’une de mes filles n’est pas là, il manque quelque chose à mon confort. Et pourtant, ça permet réellement de souffler…

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working mum 3 novembre 2013 at 9:49

j’ai la même réaction même pour des courts moments! je crois que je n’ai vraiment pas l’habitude de ‘etre encore sans ma fille de deux ans!

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Zelda 3 novembre 2013 at 10:14

Ton article est émouvant et sûrement tellement vrai ! (je dis sûrement car je n’ai pas d’enfant, mais j’imagine la chose exactement comme tu le décris ).
Quant à son collage, il est super joli, rien que pour ça je rêve d’avoir un enfant !!
Bises

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andara violette 3 novembre 2013 at 10:55

Pas encore maman … Mais je pense que ces premiers instants sépares de son enfant, même si c..est aller chez les grands parents sont toujours difficiles 😉
Un article très touchant.
Bises.

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Nathalie, Lheuredete 4 novembre 2013 at 12:46

Il est tout en délicatesse, ton billet… il me touche particulièrement. Je me retrouve complètement dans ce que tu viens d’écrire.
Je n’en dirai pas plus, tout est là.
Bravo pour l’avancement des travaux… et vive la douceur des bains chauds !
(Mon mari et moi avons laissé les enfants peu de temps cette fois-ci, juste pour nous faire une toile, à savoir le chouette Gravity… et une visite-dégustation dans un château ! 😉 )

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Surfcity 4 novembre 2013 at 8:22

Encore un bien bel article. Ici nous n’avons pas encore franchit le pas de la séparation mais il faut dire que vivant à l’étranger c’est un peu moins facile de l’envoyer en vacances chez ses grands-parents…j’appréhende un peu le jour où on le fera…

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shalima 4 novembre 2013 at 12:34

J’aime beaucoup ta phrase sur les 3 ans pour renoncer au statut de nullipare… je ne saurais pas le quantifier avec autant de précision, mais il m’a fallu du temps à moi aussi. Bonnes retrouvailles ! 🙂

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Anne 4 novembre 2013 at 12:46

@ Madame : Ils sont passés il y a deux semaines au Zénith de Paris, c’était super ! Sharleen a vraiment tout donné !

@ Barnabé : merci 😉 Ça me fait plaisir de te voir commenter ici, vraiment !

@ la vie en Tisanie : il paraît que quand tu as deux enfants, le fait de te retrouver avec un seul te paraît hyper fastoche… Et pourtant je suis déjà débordée avec un !

@ working-mum : pour les moments plus courts c’est assez facile je trouve, mais ça m’arrive rarement car la famille est loin, du coup quand mon fils s’en va il part pour longtemps ! Mais ça permet de vraiment souffler, c’est bien aussi (c’est salvateur je pense)

@ Zelda : merci ! Le cahier est rempli de ses oeuvres aussi mignonnes les unes que les autres. C’est vraiment une bonne idée d’avoir fait ça, ça permet de suivre leur évolution et savoir ce qu’ils font en classe, car finalement lui ne me raconte jamais rien de ses journées.

@ andara violette : merci pour ta fidélité 😉

@ Nathalie L’heure d’été : et alors, t’as aimé Gravity ou pas ? Moi oui, même si je m’attendais à quelque chose de plus euh… profond (et en fait non, c’est quand même un gros blockbuster américain !)

@ Surfcity : ah oui c’est sûr, ça fait loin la balade ! Mais le jour où ça t’arrive, tu verras que tu apprécieras certainement ces quelques jours de liberté et de quasi insouciance… Salvateur !

@ Shalima : au début je voulais me persuader que ma vie n’avait pas tant changé que ça… Ou je n’en avais pas envie, tout simplement. Maintenant mon fils est clairement devenu ma priorité. Il l’a toujours été en fait, juste que j’avais du mal à ne pas éprouver de frustration quand je ne pouvais pas faire ce que je voulais. Je ne ressens plus du tout ce sentiment, maintenant je prends plaisir à faire plein de choses avec lui ! (sortir, regarder un dessin animé, cuisiner…) mais peut-être aussi parce qu’il est plus grand, et que surtout, il s’exprime ? C’est assez complexe à décrypter, tous ces (jolis) sentiments finalement !

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lexou 4 novembre 2013 at 12:54

je comprends ton sentiment, même si je n’ai jamais été capable de laisser ma fille quelque part dormir plus d’une nuit, c’est un peu particulier pour nous, la famille est à 30 km maxi, et mes BP ne pourrait pas la garder longtemps, ils fatiguent vite. Mais je comprends tout à fait ce manque, cette excitation d’être seule à vouloir faire ce que l’on ne fait pas forcément avec eux…mettre du vernis par exemple 😉 c’est tout bête mais je comprends tout ce que tu dis la.Plus rien ne sera jamais pareil, tant mieux, on évolue avec la vie que l’on a, que l’on se crée….hâte de voir tes travaux, et je compatis pour la poussière 😉 je t’embrasse fort

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Little Bounty 4 novembre 2013 at 1:02

Coeur, coeur coeur <3
(oui, commentaire sans intérêt, mais présentement j'ai les larmes aux yeux !)

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AnneClaireBCN 4 novembre 2013 at 1:35

Rhooo, je validais un long commentaire quand ma connexion m’a lâchée !!! Je disais alors qu’on en aurait des choses à dire sur nos enfants. Quand ils ne sont plus là et qu’on rentre le premier soir à la maison, on se sent un peu paumés dans cette maison vide, nos repères ont un peu disparus et il nous faut un peu de temps pour réagir. Il y a un tas de choses à faire mais la maison paraît si bizarre… De notre côté, on a bien profité de ces huit jours sans eux, on a avancé dans les travaux, sommes allés au restau et surtout avons pris du temps pour nous. Au final cependant, nous n’avons pas attendu huit jours pour les retrouver : nous sommes allés les revoir au bout de sept, comme quoi…

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Catherine 4 novembre 2013 at 1:57

Plus jamais seule….et plus l’enfant grandit plus on a de choses à partager avec lui, tu n’as pas fini de te cacher dans les toilettes 😉

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Eve 4 novembre 2013 at 2:49

C’est fou hein..on veut qu’ils partent et quand ils ne sont plus là ils nous manquent.
Le principal est que tu es pu en profiter un peu ! Tout arrive 😉

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Katia 4 novembre 2013 at 3:49

Joli texte, encore une fois… 🙂
Je me souviens de notre week-end à Florence, première fois qu’on laissait notre croquette à belle-maman pendant 5 jours. Chaque soir, je rentrais ventre à terre à l’appart de location pour me connecter et recevoir les douzaines de photos que celle-ci nous envoyait. Fallait nous voir nous extasier sur chacune, en nous disant « elle me maaaaannnnque ».
Comme si, sans elle, notre voyage n’avait de toute façon pas la même saveur…

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Anne 4 novembre 2013 at 4:47

@ lexou : comme tu dis, c’est bien d’évoluer aussi ! Ça force à voir la vie autrement, avec ses petits bonheurs simples.

@ little bounty : merci ma biche <3

@ AnneClaireBCN : "la maison paraît bizarre", tu as raison c'est exactement ça ! L'impression étrange de tourner en rond à ne pas savoir par où commencer, alors que quand les enfants sont là, on se sent un peu mode robot qui "fait" sans réfléchir ! 🙂

@ Catherine : hihihi, la honte !

@ Eve : merci, j'avoue que ça m'a fait du bien ! Dur dur ce matin au réveil par contre... Pas trop envie de recommencer le rythme de l'école 🙁

@ Katia : oui hein, qu'est ce qu'on est bêtes 🙂 Parfois je regarde mêmes de vieilles photos le soir quand il dort... Avoue, tu fais pareil !

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Emma 4 novembre 2013 at 9:49

J’ai du laisser mini 7 et mini 4 pendant un mois et demi cet été pour cause de déménagement et travaux. PLUS JAMAIS ! Ils nous rendent parfois chèvres mais que la maison est calme sans eux…

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Olivia 5 novembre 2013 at 12:22

oui être mère est souvent parainné par kleenex mais c’est bien ça l’amour non? beaucoup d’émotions.
Bisoux doux

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balbc 8 novembre 2013 at 12:10

(je rattrape mon retard sur ton blog)
et <3
(ah bah il est bien utile mon commentaire dis donc)
🙂

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clarillon 12 novembre 2013 at 11:24

comme je te comprends. Nous avons le même pincement au cœur de notre côté.
Le plus dur semble être les deux premiers jours et ensuite on trouve ses marques en couple et puis les derniers jours, on a hâte des retrouvailles!

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ally 29 août 2014 at 7:26

J’aime beaucoup tes textes parce qu’ils sont plein de réalisme et sans faux bons sentiments. Avec une vision de la parentalité telle que je l’appréhende.
Par contre pour le Dépanneur, on va être en désaccord. C’est très bon certes, mais je trouve ça cher pour ce que c’est. Après l’endroit est fabuleux. Ça aide ! 🙂

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