Donner le biberon

Chroniques / Chroniques de maman
60 commentaires

Vous êtes assez nombreuses à me demander sur Instagram ou Facebook si j’allaite mon bébé. Certaines d’entre-vous m’ont même posé la question en privé (je trouve cette démarche très délicate et vous en remercie) et je sens bien que la question vous titille. Rassurez-vous, je ne m’en offusque pas du tout, vous savez maintenant que je n’ai aucun tabou en ce qui concerne la maternité et ma manière de voir les choses. En outre, je considère normal de chercher des conseils ou de vouloir partager son expérience quand on est une future ou une jeune maman. Dans l’ensemble, la réaction des gens lorsque je dis que « non, mon bébé est nourri au biberon », est plutôt bienveillante et compréhensive. Et quand bien même je serais fustigée parce que je n’ai pas choisi d’allaiter, cela me serait bien égal, je ne ressens absolument pas le besoin de m’excuser ni de me justifier. Je ne culpabilise pas ou plutôt je ne culpabilise plus.

Il y a 6 ans, je m’en suis beaucoup voulue de ne pas avoir allaité Martin. J’ai longtemps pensé, à tort, que le lien avait mis du temps à se créer entre nous parce qu’il était nourri au biberon. Je me disais qu’il ne recherchait pas spécialement ma compagnie parce que je n’avais pas choisi ce qu’il y avait de meilleur pour lui. Sans m’en rendre compte, je me punissais moi-même alors que je n’étais coupable de rien. Martin était tout simplement un bébé très indépendant, qui pouvait rester des heures dans son transat et n’avait pas spécialement besoin de nos bras pour se sentir bien. Et c’est toujours le cas aujourd’hui. Il gère très bien nos absences et n’a pas toujours besoin de nous pour se sentir bien et être rassuré. Depuis ses premiers mois, nous pouvons l’envoyer partout pendant plusieurs jours sans que cela ne pose aucun problème ! Le fait de ne pas l’avoir allaité ne l’a pas rendu davantage malade (bien au contraire) ou allergique ou moins intelligent que les autres^^ (j’ai lu tellement de trucs à ce sujet !).

Nourrir mes deux bébés au biberon est un choix qui s’est imposé un peu de lui-même : j’ai subi deux opérations chirurgicales du sein gauche pour des raisons médicales, allaiter était donc très compliqué. Selon les médecins, donner le sein n’était pas impossible mais on m’avait avertie que cela serait difficile et sans doute douloureux. Je l’avoue sans honte, je n’ai pas eu le courage d’essayer ni de me lancer dans cette aventure qui pour moi était perdue d’avance. Et entre nous, j’étais presque soulagée que les aléas de la vie en décident pour moi, car l’allaitement ne m’a jamais attirée. Sans ces complications médicales, le choix de ne pas donner le sein aurait sans doute été plus difficile et davantage culpabilisant. Qu’aurais-je choisi de faire ? Je n’en sais rien… Me connaissant, j’imagine que j’aurais choisi d’allaiter pour le bien de mon bébé et peut-être que j’aurais trouvé ça génial, peut-être pas. Je ne le saurai jamais !

Bref, l’état de mes nichons ne vous intéresse sûrement pas mais je voulais juste dire que si une maman n’allaite pas, ce n’est pas toujours parce que cela « la dégoûte » ou parce qu’elle a « la flemme de nourrir son bébé toute la journée » comme j’ai pu l’entendre (la fainéantise étant une notion assez vague quand on devient maman, je le rappelle^^). Cela peut être aussi pour des raisons médicales ou physiologiques. Et quand bien même ce ne le serait pas, on ne devrait pas avoir à se justifier pour ça. Allaiter son bébé, c’est fatigant, parfois douloureux, et cela demande une disponibilité permanente les premières semaines. Pour certaines d’entre-nous, cela peut être difficile à supporter quand on est déjà fatiguée par la grossesse, l’accouchement et parfois un petit baby blues qui vient clore le ballet des chamboulements hormonaux.

C’est vrai, je ne connaîtrai jamais la sensation physique d’un bébé qui tête mon sein, ni la satisfaction de le voir grandir en lui donnant mon lait. Parfois, j’ai un petit pincement au coeur en me disant que je suis peut-être passée à côté de quelque chose de merveilleux, mais je ne regrette rien. Je crois que je préfère ce sentiment à la frustration et la souffrance d’un allaitement raté, comme ce fut le cas pour certaines de mes amies.

Et quand je regarde mon amoureux donner le biberon avec les yeux dégoulinants d’amour, je me dis qu’on aura au moins eu la chance de partager ça ensemble !

 

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Anne

Je m'appelle Anne et je suis maman d'un petit garçon de 3 ans. Parisienne depuis dix ans, je vis sur les hauteurs de Montmartre. Dans la vie je suis aussi directrice éditorial du site hellocoton. Vous pouvez me suivre sur Twitter, Pinterest, Hellocoton et Facebook.

60 Commentaires

  1. C’est un choix souverain de chaque maman, l’essentiel étant à mon sens qu’elle se sente bien dans sa peau et ait une relation apaisée et sans contraintes avec son enfant. C’est donc un choix personnel et intime qui ne regarde absolument personne. Moi, j’ai adoré allaiter mon premier enfant, et ai regretté ne pouvoir en faire autant avec ma deuxième enfant. Une autre mère se sent mieux en donnant le biberon. La conséquence sur l’enfant est exactement la même car ces deux actes sont faits avec amour. Bravo pour cet article !

    • Tu as raison, peu importe notre choix, l’essentiel est que nos bébés se sentent aimés 😉

  2. Que j’aime cet article qui est tres bien ecrit et résume parfaitement ce que j’aurai pu écrire.
    Je n’ai allaité aucun de mes 3 enfants, par choix mais j’ai parfois ce petit pincement au coeur où je me dit « et si… » « comment cela aurait été… »
    Et puis je regarde mon dernier bonhomme de 5 mois, son regard intense envers moi quand je lui donne son biberon, la place que papa a prise des les premieres heures et je sais que j’ai fait le choix qui nous convenait ! (et 3 enfants qui passent a travers tous les microbes finalement ! )

    • J’avoue que l’argument des anticorps transmis par la mère au moment de l’allaitement m’a beaucoup fait culpabiliser car j’avais l’impression qu’à cause de moi mon bébé était moins protégé… Au final, mon aîné n’a pas été beaucoup malade sa première année, je crois les doigts pour qu’il en soit de même avec son petit frère !

  3. elsa_clv a écrit

    L’amour ne coule pas dans le lait 😉 j’ai allaité ma fille 10 mois « je vais essayer » puis « jusqu’à ma reprise à 3 mois » « aller jusqu’à 6mois » « bon jusqu’à cet été » puis l’heure des tapas et vin rouge est revenue et la sur une magnifique plage corse, la derniere tetee 🙂
    c’est vrai que j’ai adoré allaiter ma fille, que pour nous ca à ete tres naturel, mon côté maman louve, se retrouver au plus proche de ce qu’il y a de plus naturel , je m’y suis retrouvée à 300%. J’ai aussi eu de la chance que ca soit naturel pour la fille aussi et de voir un bonheur fou dans les yeux du papa quand ils nous regardait dans ce tendre moment. Par contre jamais ca ne me viendrait en tête de juger celles qui choisissent le biberon. Et l’autre chose c’est que meme en allaitant j’ai eu droit à des remarques « pourquoi tu continues » etc alors même qu’elle avait à peine 3 mois, idem a 6…a 9 n’en parlons pas 😉 tu vois il y a toujours des gens pour dire quelque chose 🙂 voila pourquoi il faut faire comme on se sent bien de faire 🙂

    • Ah j’avoue, l’appel du vin rouge et de l’apéro ça ne doit pas être évident quand on allaite ! (je ne suis pas alcoolique hein^^)

  4. On ne parle pas beaucoup aussi de l’absence du papa dans l’allaitement. Beaucoup se sentent mis à l’écart, inutiles, ont l’impression de passer à côté de chose, se disent que le lien entre la maman et le bébé ne se fera jamais avec lui etc…

    Ma mère a refusé de m’allaiter ainsi que son fils. Elle voulait vite reprendre la cigarette ^^

    • Oui, je pense que c’est le cas pour beaucoup de papas et dans ce cas c’est important de les prendre en considération également ! Je sais que notre choix de donner le biberon a beaucoup joué dans la complicité immédiate de mon amoureux avec ses fils.

  5. Quand tu allaites tu as droit à ton lot de remarques aussi : il ne faut pas manger ci, pas boire de café… ah mais tu bois une coupette ce soir? Tu as arrêté d’allaiter alors? C’est un peu tôt non?

    Et si tu as le malheur de donner le sein en public (je me planque sous un grand foulard, je précise) tu as les regards assassins des gens autour de toi comme si tu commettais un crime. Rien ne va jamais que tu allaites ou donnes le biberon, de toute façon.

    Après pour moi, allaiter n’a jamais été une question, ça me paraissait normal. Et finalement ça me semble presque plus compliqué de donner le bib que le sein : il faut préparer le biberon, à la bonne température, à la bonne consistance, s’assurer du choix de l’eau et du l’air pour que bébé digère bien, ajouter parfois des épaississants etc… finalement pour moi donner le sein est un truc de flemmarde ah ah. Bébé a faim : tu sors le sein et hop cest prêt

    Et je suis contente parce que je ne me suis pas mis la rate au court bouillon lorsque j’ai commencé et ça a marché tout de suite super bien (contrairement à l’avis des sages femmes qui disaiznr qu’avec mes seins étaient ombiliqués je n’y arriverai jamais).

    En tous cas c’est un choix personnel et personne ne devrait jamais le critiquer car tous les bébés grandissent aussi bien quelque soit le contenant qui les nourris 🙂

    • Tu as tellement raison sur le côté chiant du biberon : les préparer, les trimballer partout, trouver LE BON LAIT (on en est au 4ème…) et pour ça c’est clair que l’allaitement me semble tellement pratique !

      Je suis contente que tout se soit très vite mis en place pour toi et que tu profites pleinement de ces bons moments avec ta petite chérie 😉

  6. Aurelie a écrit

    Bonjour anne,
    J’aime beaucoup ton article écrit avec pudeur.
    Je n’ai pas allaité mon bébé, en fait je n’en ai jamais eu envie… ce sujet a toujours été clair pour moi depuis toute jeune. Je sais que ça vient de l’adolescence et d’un rapport compliqué au corps et à la sexualité… pour moi la poitrine fait référence à ça et non pas à nourrir un enfant.
    J’espère avoir un deuxième enfant et travaille un peu sur ces difficultés juste pour faire la tétée de bienvenue. Pour connaître cette sensation mais je sais que je n’alleterai pas pour le nourrir, j’aime que le papa puisse participer (et aussi les grands mère )

    • Pour la naissance de Basile, j’avoue que j’ai hésité à donner la tété de bienvenue. Mais finalement je n’ai pas osé accueillir mon bébé avec le sein pour finalement lui donner le biberon après. J’avais peur qu’il soit frustré. En te lisant je regrette de ne pas l’avoir fait mais bon, on a passé de très beaux moments durant ses premiers jours et c’est ce que j’ai envie de retenir… Comme toi, j’aime le fait que le papa ou d’autres personnes proches puissent participer. Les mamies s’en donnent à coeur joie et ça soulage un peu de pouvoir faire autre chose pendant quelques minutes 😉

  7. Anaïs a écrit

    Je me retrouve vraiment dans ton discours même si moi je suis encore dans la culpabilité ! En même temps depuis que mon petit bout est né je culpabilise pour tout , alors le fait de ne pas allaiter est juste une chose parmis t’en d’autre . Moi aussi j’ai cru les premières semaines que c’était pour cela que j’avais du mal à tisser des liens je pense maintenant que ce n’était pas le cas et à 4 mois il me dévore des yeux quand il me voit .
    En tout cas merci pour ces mots qui fond du bien pour commencer la journée.

  8. Ton article me touche particulèrement et je suis d’accord avec chacun de tes mots employés…J’ai « décidé » de ne pas allaiter mes enfants, en fait je n’ai pas l’impression d’avoir choisi mais plus que ça s’est imposé à moi comme une évidence, je n’ai jamais été attiré par l’allaitement je ne peux pas l’expliquer… Pour ma fille je me suis posée la question mais il m’a manqué de temps pour me décider et mon mari s’inquiétait de ne pas trouver sa place s’il ne pouvait pas lui donner le biberon. Pour le prochain je pense que j’essayerai car ce sera sûrement mon dernier et je voudrais tenter mais là encore je ne sais pas si j’arriverai à sauter le pas, nous verrons ! Quoiqu’il en soit en effet c’est un choix très personnel que l’on doit respecter, quelques soit les raisons comme tu le dis si bien.
    Merci pour ton billet, je t’embrasse.

    • Oui, et ton choix très justifié ne t’empêche pas d’être une maman louve… comme quoi ça n’a rien à voir !

  9. Justine a écrit

    Très bel article, les commentaires plus haut ne font que le renforcer.
    J’ai allaité mon ainée et ne l’ai pas bien vécu malgré le fait que j’avais du lait, ce n’était pas dans ma nature et j’étais stressée de ne pas savoir combien elle prenait. J’ai arrêté au bout d’un mois et demi, autour de moi on m’a dit c’est dommage tu avais fait le plus dur c’est maintenant que c’est bien et que cela devient facile… Et bien pour moi, c’est à partir de l’arrêt que je me suis sentie bien car je n’étais vraiment pas faite pour ça!
    Les 2 suivants ont été nourris au biberon, au grand soulagement de mon mari qui ne voulait plus que je culpabilise parce que je trouvais le biberon plus facile! Tout le monde se porte à merveille et je sais réellement que ce n’était pas fait pour moi et que le lien se tisse de toutes manières avec ou sans nichon 🙂
    Il faut savoir s’écouter!!!!

    • Tu soulèves un point très important : l’avis du mari est à prendre en considération… Même si l’allaitement doit rester un choix de la maman (dans le sens ou il ne faudrait jamais l’empêcher de faire ce qu’elle veut, qu’il s’agisse de donner le sein ou le biberon). Certains hommes ont vraiment du mal à trouver leur place dans ce nouveau schéma familial et le choix du biberon peut vraiment les y aider !

  10. Anne71 a écrit

    Bravo pour cet article très bien écrit..
    Maman allaitante ou maman biberonnante nous sommes toutes jugée !
    Je n’ai jamais voulu allaiter j’ai 2 filles. J’ai fait le don de collustrum à chaque naissance & je n’ai pas aimé la sensation d’allaiter.
    J’ai donné avec grand amour le biberon & ma seconde me tenait à chaque fois mes doigts j’ai énormément de photos avec ces doigts dans les miens, ces enlacements.
    Mes 2 filles sont très fusionnelles avec moi, ce sont mes pots de colles malgré leur grand âge comparé à vos enfants (11 an 1/2 & 8 ans), elles n’ont jamais été malades (pas de gastro, grippes, ou autres..)… comme vous l’écrivez, ce n’est pas l’allaitement ou le biberon qui fera que notre enfant est solitaire ou avide de tendresse.. chaque être humain est unique !
    Ce choix est un choix personnel que personne n’a le doit de juger.
    Enjoy & bonne journée

    • Je n’ai même pas donné le colostrum :/ Pour mon premier, ça ne m’est pas venu à l’esprit et pour le deuxième, j’ai manqué de temps pour me décider (j’y ai pensé peu avant mon accouchement mais mes efforts se sont concentrés ailleurs, notamment sur le choix de la péridurale).

      Tu as raison, même au biberon les bébés ne peuvent s’empêcher de créer un contact, en t’agrippant les doigts voire même les cheveux ^^J’aime tellement ces moments privilégiés, j’en profite pleinement !

  11. M. a écrit

    Voilà une jolie façon de dire les choses et effectivement c’est un choix 100 % personnel .
    J’ai allaité mes 2 premiers garçons dans la douleur et la fatigue (engorgements, lymphangites…), je me demande encore comment j’ai fait pour tenir ces 3 mois! Et pourtant j’étais super bien conseillée, entourée (je suis médecin), je crois simplement que moi et mes glandes mammaires n’étions pas faites pour allaiter.
    J’ai tout naturellement choisi le biberon pour mon 3ème fils (après quand même une petite têtée colostrum en salle de travail!) et j’ai du culpabiliser 1 jour tout au plus! Quel bonheur et simplicité ensuite, rien à voir avec les précédentes fois! Et j’ai adoré pouvoir partager les repas de bébé avec mon mari. Mon loulou qui a aujourd’hui 5 ans est en pleine forme.
    J’ai de nombreuses amies qui ont toutefois allaité très longtemps et passé de merveilleux moments aussi.
    C’est donc vraiment du cas par cas, chacune doit faire comme elle le sent et profitera dans de bien meilleures conditions de cette période si précieuse et éphémère…

    • Tu as tout dit, ce qui est important c’est de ne jamais se forcer, d’un côté comme de l’autre 🙂 Et bravo d’avoir donné le colostrum en salle de travail, je n’ai pas osé moi ! (parfois je le regrette un peu quand même mais bon, j’ai eu deux accouchements merveilleux malgré tout !)

    • (et comme quoi on peut être médecin et faire des choix qui vont à contre-courant des recommandations de l’OMS ^^)

  12. Il y a 1000 raisons de vouloir allaiter, et 1000 autres de ne pas vouloir allaiter. Et elles sont toutes bonnes ! A chaque maman de faire son choix, selon ses possibilités, ses envies…Comme je dis souvent, les mamans heureuses font les bébés heureux !
    Bisous

  13. magali a écrit

    Bonjour Anne,
    Merci pour cet article qui dédramatise dédogmatise un peu tout cela. Tu les sais je suis infirmière puericultrice et consultante en lactation (quel horrible nom!) en suisse ou l’allaitement est extremement promu. Moi je dis toujours ( et la chef de service elle aussi consultante en lactation): tous les enfants sont allaités, certains au biberon, d’autres au sein.
    Effectivement on lit tout (et n’importe quoi) sur tout: le portage, l’alimentation, la durée des pleurs etc.
    Je pense que la seule chose dont l’enfant a vraiment besoin, c’est de sentir l’amour de ses parents. Apres on fait comme on peut. Et quand une Maman arrive de la salle de travail je lui pose la question suivante: « comment voulez vous nourrir votre bébé? » et si elle me pose la question de savoir si moi j’ai allaité je répond toujours que j’ai fait comme j’ai pu, mais surtout avec amour.
    Les gens ils parlent de toute façon ils conseillent de toute façon que l’on donne le biberon ou le sein. (mon premier était tout petit tout léger, je le « sous-alimentais », mon second passait sa journée au sein je le « gatais »)
    Bon bib! (le petit Basile est ADORABLE)

    • Merci beaucoup Magali !
      Je serais curieuse de savoir comment sont perçues en Suisse les femmes qui n’allaitent pas ? Ce n’est pas trop dur pour elles ?

  14. magali a écrit

    juste encore a propos des regrets: j’ai eu pour raisons médicales mes 2 enfants par césarienne et longtemps (mais vraiment longtemps) j’ai regretté de ne pas avoir « senti » mes accouchements. Jusqu’au jour ou mon mari m’a dit: tu les as porté 9 mois, tu les as mis au monde, 48heures après toi et les garçons étiez à la maison en forme. Il y a 50 ans ils seraient peut-être morts à la naissance ou est le problème? »
    On a le chic pour assez simplement se compliquer la vie!

  15. Zout a écrit

    Je t’avais posé la question sans que ce soit en privé et du coup je me sens un peu bête même si je sais que tu ne t’en offusques pas mais ça me parait tellement évident que c’est un choix tout à fait personnel et pas du tout « bon » ou « mauvais » que ça ne m’était pas venu à l’idée qu’on puisse te le reprocher! C’est formidable que tu sois heureuse de tes choix, heureuse avec tes bébés et c’est bien le principal dans cette grande aventure de la maternité! Je vous embrasse tous bien fort <3

    • Oh non rassure-toi, cela ne m’a pas DU TOUT dérangée, on se connait depuis longtemps et tu es une des personnes les plus bienveillantes de la toile <3

  16. thelopezfamily a écrit

    Tellement bien expliqué tout en douceur.
    Moi je vis en Espagne et ici, on critique beaucoup et pour tout. C’est assez fatiguant. Pour moi le plus important c’est le bien-être de la maman après un accouchement (ici une césarienne) et tout ce qui entraîne la nouvelle vie d’un nouveau-né dans une famille. C’est peut-être égoïste de dire ca, mais je pense qu’il est important de se sentir bien d’abord et avant tout. Moi j’ai allaité car au debut j’étais couchée et c’était plus facile et puis je voulais juste « voir comment c’était » et comme tout allait bien et je n’ai jamais eu mal, je l’ai fait pendant 2 mois. Ensuite petit à petit, je suis passée au biberon car je me sentais trop dépendante du bébé. C’est très dur physiquement. Il faut être là tout le temps. Le mien demandait toutes les 2h. Le temps de rien faire. Bref, chacun fait ses propres choix et je pense qu’on ne devrait même pas demander à une jeune maman son choix d’allaitement. C’est quelque chose de naturel. Belle continuation dans votre vie à 4.

    • Moi aussi, ici en Italie tout le monde est à fond sur l’allaitement et j’ai beaucoup souffert d’allaiter mon bébé au biberon. J’ai passé le premier mois après l’accouchement attachée au tire-lait au lieu de me reposer et de profiter de mon bébé. Je ne le regrette pas mais j’espère que je me sentirai plus sure de moi si je devais de nouveau avoir un petit.

    • Le côté très dépendant du bébé nourri au sein est un peu ce qui me freinait, je l’avoue… Je suis une hyperactive et je me voyais mal rester assise toute la journée avec un bébé scotché à mon sein (bon, au final il est toujours collé à moi donc je n’ai pas les mains libres pour autant^^).

  17. J’ai allaité mes deux filles, j’ai aimé ça, mais j’ai toujours trouvé terrible cette culbabilisation – implicite ou carrément pas! – des femmes qui préfèrent (ou sont forcées) de donner le biberon. Et au final, on pousse beaucoup à l’allaitement, mais quand tu allaites, y’a plus personne pour t’aider et t’accompagner, et le congé mat est si court qu’il entrave carrément le procéssus. Un peu la tête à l’envers, quoi.
    Je pense aussi qu’il faut prendre en compte tous les paramètres dans cette histoire – sa propre histoire, son envie, sa santé, sa fatigue, le papa aussi… Il n’y a pas de bonne, ou de mauvaise solution. Un bébé a besoin d’attention, et d’une maman qui se sente au mieux possible. Et c’est tout (tant qu’on lui donne à manger, évidemment ;o).

    • Ce qu’on oublie souvent, avant de juger les mamans, c’est que celles qui n’allaitent pas font ce choix pour une bonne raison : elles ne peuvent pas, elles ont peur ou ne sont pas à l’aise avec l’idée de donner le sein à leur bébé. Même si c’est un acte naturel, nous sommes dans une société qui va très vite, les femmes sont actives et ont parfois une vision différente de ce qu’était la maternité il y a 30 ou 40 ans… Ce n’est pas qu’on ne veut pas le meilleur pour notre bébé, ça peut aussi être un terrible manque de confiance, de la pudeur ou que sais-je encore ! Quoi qu’il en soit, bien malvenu serait celui qui se permet de juger ! (et malheureusement il y a beaucoup de personnes qui se permettent de porter un jugement)

  18. Ton article tombe à point car je suis dans un questionnement quotidien.
    Ça fait deux mois que j’allaite mon fils de manière exclusive et tout est dit quand je formule la situation ainsi : cette exclusivité plait à cartaines mais pas à moi.
    Je l’allaite surtout pour lui, en me disant que je lui donne « ce qu’il y a de mieux » mais je sais que j’aurai des seins gants de toilette ensuite, que je garde des kilos pour ça, que je dois tout calculer en tirant mon lait pour prendre une coupe de champagne, que je continue à me réveiller à 2h (ah non là je ne dors pas encore ! ) à 4h, à 7h pour l’allaiter.
    Mais en même temps je le sens très serein quand il est au sein, il ne régurgite pas, a peu de coliques (il se tortille de temps en temps) il grossit bien et j’aime ces moments privilégiés.
    Je suis dans une ambivalence totale. À certains moments je me dis « allez je rajoute des biberons » et à d’autre « bon je continue en allaitement exclusif » Bref je suis en plein doute.
    Pour mon premier fils j’avais arrêté à cause des crevasses donc j’avais « une excuse » Je n’ai pas allaité ma fille et elle est très difficile niveau alimentation, je me dis que c’est peut-être à cause de ça.
    Là tout se passe bien, je n’ai pas de douleur donc pas d’excuse… seulement l’envie de me libérer un peu.
    Désolée pour la logorrhée égocentrique !
    Pour en venir à toi : j’imagine comme ton mari doit être heureux de donner le biberon à Basile. Et tu as quand même beaucoup de proximité avec lui puisque tu le portes en écharpe pendant des heures et que tu passes toutes tes journées avec lui <3

    • Karine je te rassure j’ai les seins en gant de toilette après avoir tiré mon lait juste un mois ahah <3

      • Bon ça me « rassure » un peu mais je suis désolée pour toi. Enfin nous sommes copines de gants de toilette du coup 😀

    • thelopezfamily a écrit

      si je peux te rassurer, j’ai allaité (peu car 2 mois 1/2) et mes seins sont redevenus comme avant. Donc je pense que ca n’a rien à voir avec l’allaitement sinon avec notre physiologie. Bon courage!

    • Je ne sais pas si l’allaitement joue sur l’appétit ou le goût sur le long terme (mon grand mange de tout et pourtant je ne l’ai pas allaité non plus). En revanche, il est évident que les bébés apprécient le lait maternel et ses bienfaits ne sont plus à prouver…. Quand je vois comme nous galérons depuis le début avec Basile pour trouver le bon lait (on en est au 4ème) je me dis que l’allaiter aurait peut-être été plus simple et il aurait sans doute eu moins de coliques ou de reflux… Encore que, je ne sais pas si c’est vraiment lié… Bref, ton assiduité est admirable et je trouve ton geste envers Milan vraiment magnifique car je sais à quel point cette exclusivité est parfois difficile pour toi.

  19. Je trouve ton billet très beau Anne et bienveillant envers toi et les mères qui ont choisi ou pas de ne pas allaiter. Je trouve important que cela reste un choix.
    Ma mère avait gardé une très mauvaise expérience de l’allaitement du coup je partais sans savoir comment je souhaitais faire avec mon fils. Je lui ai donné le sein deux jours puis je suis passée au biberon. Il ne cherchait pas particulièrement à téter. Je ne trouvais pas mes marques. En l’espace de 48 heures je me suis sentie submergée par des émotions contradictoires. J’ai donc pris la décision de passer au biberon et je n’ai pas regretté – lui et moi nous avions déjà eu notre dose de difficultés et de souffrances.
    Et comme tu le dis il n’a pas été plus mal non plus ou moins débrouillard qu’un autre. J’ai le sentiment de lui avoir offert MON meilleur. J’ai pris plaisir à lui donner chaque biberon. Je n’aurais peut-être pas autant profité si j’avais persévéré dans l’allaitement.

    Merci d’avoir écrit ce billet. Et je me répète mais cette photo est vraiment sublime!

  20. Merci pour cet article!
    On a beau dire que c’est un choix personnel, je trouve que c’est quand même culpabilisant de ne pas allaiter. alors c’est chouette de voir un témoignage déculpabilisé.

  21. Prisc a écrit

    Merci pour ce très beau témoignage ❤
    Il y a aussi un entre deux qui est moins courant, c’est de tirer son lait.
    Ça a été mon choix pour mes 2 filles, pendant 1 mois et demi à chaque fois. J’étais ni pour ni contre allaiter et j’ai voulu tester (ma mère n’ayant nourri qu’au biberon ses 4 enfants, c’était un peu l’inconnu pour moi). La douleur a été fulgurante tout de suite, impossible pour moi à gérer après celle de l’accouchement. Je me crispais et pleurais à chaque tétée. Bébé était inquiet et n’osait plus manger. J’avais en revanche beaucoup de lait, je trouvais dommage d’en priver mon bébé, alors j’ai demandé un tire-lait. Certaines sages-femmes ont tenté de me dissuader avec des discours stupides et culpabilisants (du genre « c’est douloureux pour toutes les femmes » « si vous croyez que pour les autres c’est facile » « vous allez vous compliquer la vie » « vous aurez toutes les contraintes sans les avantages » etc). Au final, ça m’a permis de donner mon lait, d’inclure le papa dans les repas de bébé, et de passer max 10min à tirer au lieu de 45 min avec bébé vissé au sein (ma 2e boit très lentement, j’aurai jamais supporté de l’avoir au sein aussi longtemps !).
    Bref, c’est moins courant, mais c’était pour moi le mieux. Vers 1 mois et demi avec la fatigue accumulée mon lait s’est fait plus rare, et les reflux se sont accumulés chez bébé nous obligeant à passer sur un lait spécial, alors j’ai arrêté. Si un 3e pointe le bout de son nez, je ferai le même choix sans hésiter !

    • Très intéressant ce témoignage ! Tu as au raison de t’écouter malgré les différents discours autour de toi.
      J’utilise un tire-lait depuis la semaine dernière et j’y prends goût car m’apporte de la liberté 🙂 Je verrai combien de temps je continuerai à l’allaiter grâce à ça.

    • Merci infiniment pour ton témoignage et j’espère que beaucoup de futures mamans liront ton commentaire ! Car figure-toi que je n’ai jamais pensé à cette entre-deux, cela ne m’est jamais venu à l’esprit… Personne n’en parle et ne nous dit que c’est possible, c’est tellement dommage !!! Car effectivement, le fait de tirer son lait peut être hyper bénéfique et moins désagréable pour les mamans qui ne sont pas à l’aise avec un bébé au sein… Je regrette vraiment de ne pas avoir envisagé cette possibilité avant !

  22. Élio a écrit

    Merci pour ce témoignage et pour les commentaires qui le suivent. C’est appréciable de voir de l’ouverture d’esprit sur un sujet aussi clivant. C’est beau tous ces témoignages de femmes qui montrent qu’il n’y a pas une façon d’être une bonne mère, qu’on en en est toute à s’interroger, constamment, sur ce qui est mieux pour notre petit. C’est un peu dommage d’ailleurs que ces interrogations soient aussi souvent liées à la culpabilité de ce qu’on aurait dû faire ou ne pas faire.
    J’ai allaité mon premier jusqu’à la reprise du travail et j’allaite mon deuxième de 2 mois un peu à la manière de Karine : en me disant que j’arrête bientôt. En revanche, je ne le fais pas en exclusif : mon homme donne un biberon la nuit à mon fils depuis ses 3 semaines car j’ai un glouton qui mange tout le temps et je ressentais le besoin légitime de dormir plus de 1h30 d’affilée. On verra combien de temps cela dure.
    Je me rappelle au sevrage de mon premier, ce pincement que j’ai ressenti face à ce lien qui se rompait mais aussi la libération d’enfin retrouver son corps à soi, pour soi, après tant de mois. Et puis donner le biberon, c’est joli aussi, on voit mieux son visage.
    Je vous souhaite à toutes de belles aventures de maman.

    • Ah c’est bien de pouvoir alterner avec l’aide nocturne du papa, c’est un excellent compromis !

  23. Bravo pour ton article, il est tellement dommage qu’il y ait une compétition entre allaitement et biberon…mes deux enfants n’ont pas été allaité par choix tout simplement, pour la dernière je me suis posée la question pendant longtemps, lorsque la sage-femme m’a expliqué que si j’hésitais tellement longtemps ça risquait de faire un « allaitement forcé », j’ai préféré laisser tomber, je me sentais tout simplement mieux en donnant le biberon, pourquoi comment je ne saurais l’expliquer, quoi qu’il en soit cela reste personnel que ça soit voulu ou contraint et personne n’a le droit de donner son avis là dessus.

  24. Madame Renard a écrit

    Anne,

    Je ne pouvais lire cet article sans laisser de commentaire (pour une fois!).

    Je voudrais commencer par dire que l’amour ne se mesure pas aux « sacrifices » (ca fait péjoratif en l’écrivant ainsi mais c’est tout l’inverse), aux galères et aux larmes qu’on verse pour quelqu’un. Je pense qu’il se mesure avant tout à l’affection que l’on porte, aux moments de qualité qu’on partage et le bonheur qu’on ressent à être ensemble.

    Cela est possible avec un néné aussi bien qu’avec un biberon.

    J’ai pourtant passé deux années (et demi!) d’allaitement merveilleux avec la conviction intime que cet allaitement avait été pleinement nécessaire au bien-être de ma fille et à notre attachement. Mais cela c’était écrit pour notre histoire, avec toutes ses composantes, ses blessures, ses petits soucis, qui ont fait que l’allaitement ai pu etre à ce point salvateur.

    Donc il y a de très beaux allaitements réussis (dont je fais partie), tout comme des allaitements compliqués, des biberons donnés avec beaucoup d’amour et de sérénité quand d’autres sont donnés avec beaucoup de regret et de culpabilité. Il y a autant d’histoires que de parents, avec des besoins aussi différents les uns que les autres.

    La maternité peut parfois être un grand tribunal où chaque mère peut être jugée très sévèrement sur ses choix. Mais ceux qui nous jugent ignorent souvent qui sont les femmes qu’ils jugent, leur histoire, leurs fragilités, leurs blessures et les besoins (très différents d’un bebe à l’autre) de leurs enfants.

    Alors au final, on s’en fout de tout ça, on fait bien ce qu’on veut/peut!

    Je t’embrasse,

    Madame Renard

  25. Un très bel article comme toujours.. J’ai allaité mes 3 fils, très peu de temps. Le premier 2 semailmes, le 2e presque un mois et le dernier 1 mois et 1 semaaine. J’ai arrêté parce que ce n’étais plus possible pour moi. La fatigue, les seins douloureux et beaucoup trop sensibles.. Je m’en suis voulu quand j’ai arrêté mais ressenti un tel soulagement et bien-être en leur donnant le biberon. J’ai tissé des liens malgré tout. Avec le dernier, beaucoup plus fort qu’avec les 2 autres mais le lien était là :). J’admire les mêres allaitantes, vraiment. Le principal passe aussi par son bien être à soi. Bravo pour ton billet et pour tes mots sincères. Bisous :*

  26. Je suis une jeune maman pro allaitement (bon elle a quand meme 19 mois ma tartelette lol) et je ne me permettrai jamais de juger une maman qui a décidé de donner le biberon (bien que l’argument je n’ai pas envie d abimer ma poitrine parfois a le don de m interloquer et je me demande si c’est sérieux lol). Après il y a des parcours de vie différents, des envies, des besoins différents.. Parfois les mamans le font par choix et parfois pas… Moi je sais que c’était ancré en moi et je ne regrette pas, c’est quelque chose de particulier et souvent les débuts sont douloureux et difficiles et puis le corps médical n’est pas très aidant en prime je trouve.. Après comme je dis toujours je préfère de loin une maman qui donne le biberon avec amour que l’inverse :):) puis qui sommes nous pour juger? Des bisous j’ai aimé te lire 🙂

  27. Chiara a écrit

    Bonjour,
    Merci pour tous ces articles sur la maternité, et vive l’écriture qui a des vertus apaisantes certainement…
    J’ai eu des jumeaux qui ont aujourd’hui trois ans et je les ai allaités 3 semaines avec toutes les complications liées (petits poids, crevasse, difficultés physiques suite à un accouchement difficile, peu d’aide autour de moi à part le papa…) Encore aujourd’hui le mot même d’allaitement me fait venir les larmes aux yeux, j’y ai consacré beaucoup de temps et d’efforts pour en retirer peu de plaisir et un épuisement durable. Mais j’aurais tellement aimé poursuivre, je regrette mon choix d’avoir arrêté assez brutalement alors que je produisais beaucoup de lait, et avec du recul je suis persuadée d’avoir fait le mauvais choix. Mais j’avais la sensation de ne pas en avoir d’autre à l’époque. Je rejoins donc Karine sur la notion d’ambivalence et toi même sur la notion de culpabilité… toujours présente. Après une grossesse très difficile médicalement dont je n’ai pas sensation d’avoir profité (5 mois d’hôpital) et des débuts difficiles avec les jumeaux, j’aurais envie de vivre autre grossesse plus apaisée, moins fatiguée…
    Heureusement aujourd’hui tout le monde pète la forme!
    En tous les cas, excellente continuation à toute votre jolie famille!

  28. Si du 2ème mois à la fin (vers le 7ème), l’allaitement a été un pur bonheur, avant, bonjour le cauchemar. Les crevasses, le sang qui coulait, la douleur inimaginable (bien pire que l’accouchement lui-même), ce n’était pas une partie de plaisir. Et pouvoir partager les nuits et le plaisir de le nourrir doit avoir du bon aussi. Chacune fait comme elle le sent le mieux!

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