L’amie d’enfance

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Capture d’écran 2014-03-07 à 12.26.03

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J’ai mis du temps à écrire cet article, j’avais peur de ne pas savoir parler d’elle.

On a toutes dans le coeur, une amie d’enfance avec laquelle on a grandi et que l’on a perdue de vue avec les années, la distance, la vie et tout ce qu’il y a autour. Une amie d’enfance que l’on ne voit plus, mais avec laquelle on a jamais vraiment coupé le contact : on a encore son numéro dans notre répertoire, et chaque année on lui souhaite son anniversaire. Une date gravée dans le marbre que notre mémoire n’a jamais pu oublier. On pense à elle souvent, on essaie toujours de savoir ce qu’elle devient, si elle est heureuse. Cette amie, elle est à la fois si loin de notre vie, et pourtant si proche.

Le hasard de la vie a remis mon amie d’enfance sur mon chemin. Enfin le hasard… C’est surtout son talent d’écriture qui lui a donné la chance de travailler dans le bureau à côté du mien, deux jours par semaine. Et je ne sais pas bien l’expliquer tellement tout cela me semble abstrait et à la fois très logique : savoir qu’elle n’est pas loin de moi pour quelques heures, m’apaise et me fait un bien fou.

Il y a cette connexion étrange avec les amis d’enfance. Le lien affectif ne ressemble pas à une amitié normale. Il est moins présent au quotidien mais il est sans doute plus fort, presque familial. Cette fille, je ne l’ai pas revue pendant de longues années, et pourtant je la considère comme ma soeur. Dix ans à se voir trois, quatre fois peut-être tout au plus, et pourtant à chaque retrouvailles nous n’avons pas besoin de parler pour nous comprendre. Nous n’avons pas ce besoin de parler pour meubler un silence trop pensant. Les barrières n’ont pas besoin de tomber tout simplement parce qu’il n’y en a jamais eu entre nous. Nous avons grandi dans le même village, nous avons partagé la même passion commune (la gym) et affronté chacune des épreuves heureuses ou moins heureuses qui n’ont pas de secret pour l’autre. J’ai 33 ans, et pourtant je me souviens très bien de notre rencontre sur un tapis de gym. J’avais 9 ans, elle en avait 6.

Je lui voue une confiance éternelle et sans faille, et je sais qu’elle ne me fera jamais de mal.

Une part de moi est convaincue qu’avec des amis d’enfance, on cesse d’être des adultes ingrats parce que le lien affectif qui nous unit ne fait ressortir que le meilleur. L’impression d’être avec un ange-gardien, la nostalgie du passé, l’envie de retrouver à tout prix ne serait-ce qu’un petit bout de notre insouciance perdue… Sans doute un mélange de tout cela, mais je suis certaine d’une chose : l’amie d’enfance nous ôte toute envie de tricher et d’essayer d’être celui ou celle que l’on n’est pas.

 

 

 

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Anne

Je m'appelle Anne et je suis maman d'un petit garçon de 3 ans. Parisienne depuis dix ans, je vis sur les hauteurs de Montmartre. Dans la vie je suis aussi directrice éditorial du site hellocoton. Vous pouvez me suivre sur Twitter, Pinterest, Hellocoton et Facebook.

11 Commentaires

  1. Quel joli texte! Oui les amis d’enfance nous rendent plus vrai, on ne triche pas, on n’a pas à plaire, la relation est simple, spontanée! J’aime!

  2. tt a fait, mm ss voir mon amie très souvent (1 fois par an) mm si on est rarement en contact, qd on se revoient c comme si on s’est JAMAIS quitté …..

  3. Un superbe billet … Tu parles si bien de ces liens :-)
    Je ne vois plus mon amie d’enfance mais pense a elle de temps en temps.
    Bises

  4. Une de mes amies m’a fait un beau compliment dans ce sens : « l’amie fil rouge », qu’on ne voit pas souvent, mais qui fait partie de soi et qu’on retrouve à chaque fois comme si on s’était quitté la veille, ça correspond bien à ce que tu décris

  5. Anne a écrit

    @Madame : merci ;)

    @leonine : merci, et bienvenue par ici ;)

    @andara violette : merci, il faut dire qu’à chaque fois que je suis émue, j’écris… C’est peut-être pour ça que les mots sont justes, finalement. As-tu essayé de renouer contact avec ton amie via le web (facebook ?)

    @Toute Petite : « fil rouge », c’est exactement le terme que j’ai failli employer ! merci pour ton passage ici, ça me fait vraiment plaisir de savoir que tu me lis toujours ;) (et sache que c’est réciproque même si je n’ai pas toujours le temps de commenter…)

  6. Moi je note aussi qu’on fait peut être moins d’effort avec eux. Qu’on ne cherche pas à se montrer de notre meilleur côté, à les séduire comme on fait avec les nouvelles amies.

  7. J’aurai aimé avoir une amie d’enfance mais la vie a fait que l’amitié, véritable, je l’ai connu il y a seulement 6 ans. Je lui voue une confiance sans faille. Elle ne m’a jamais jugé, avec elle, mes complexes s’envolent, mon armure également et elle a toujours été là pour moi. Malheureusement, bien que cette amitié soit magnifique à mes yeux, elle est d’autant plus douloureuse. 400 km nous séparent. Certes, nos rares retrouvailles sont toujours aussi fortes, le téléphone est très souvent présent mais je passe à côté de tellement de choses avec elle. Boire un café à une terrasse, faire un repas à la maison ou au resto, une sortie improvisée, faire les magasins, avoir des fous rires à en avoir mal au ventre, la prendre dans mes bras lorsqu’elle ne va pas bien etc… La distance nous prive de tout ça mais pour rien au monde j’échangerai mon Poussin contre une amie sur place.

  8. Mon amie d’enfance est aujourd’hui comme ma sœur, on a eu la chance de jamais se perdre de vue même si on a pas suivi les mêmes chemins, et sans elle, je serais totalement perdue donc je te comprends tout à fait !

  9. C’est très joli et je suis tout à fait d’accord avec ce que tu as écris. Je ressens la même chose. C’est fou ce lien indescriptible qui peu nous lier pour la vie…
    A-t-elle lu ce billet ??

  10. Tu résumes bien ce lien fort et éternel avec l’amie d’enfance. Oui, c’est Un « ange gardien », la personne sur qui tu pourras compter et même si on reste plusieurs semaines sans s’appeler, sans se voir (:-( ), dès les retrouvailles, pouf, on se retrouve comme si toute cette absence au quotidien n’avait pas été aussi longue. Je regrette seulement que mes « amies d’enfance » soient aussi loin de moi et que je ne puisse souvent leur dire « viens, on va boire un café, j’ai besoin de parler ». Mes amies, j’y pense tout le temps, elles me manquent trop souvent.

  11. Fmior03 a écrit

    Mon amie d’enfance est plutôt une amie d’adolescence, nous nous sommes rapprochées au départ car amusées par le fait que nous étions nées exactement le même jour. On se voit très peu, et d’autant moins que j’ai déménagé à l’autre bout de la France, je suis toutefois la marraine de son premier fils, j’étais son témoin de mariage, elle était le mien. Mais il y a ce lien ténue et solide, surprenant. Je me suis dit à son sujet qu’on savait quand quelqu’un était purement et fondamentalement un / une amie quand on savait qu’il / elle avait un énorme défaut qu’on n’aurait jamais pensé accepter chez quelqu’un, et que cela ne posait pas problème. Finalement, c’est quand on aime l’autre en entier.

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