Croire en ses rêves (mon avis sur le spectacle de Marion Mézadorian)

Chroniques
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affiche marion mezadorian spectacle

Parmi les petites choses magiques qui font le charme de la vie à Paris, c’est que le destin met sur ton chemin des personnes que tu n’aurais sans doute jamais rencontrées ailleurs.

Par exemple ma baby-sitter, qui n’est décidément pas comme les autres. Elle est sans doute la meilleure baby-sitter de la terre au point que tous mes copains du quartier se battent pour qu’elle vienne garder leurs mouflets (mais c’est quand même chez nous qu’elle vient tous les jours, et toc !). Je pense qu’elle concentre à elle seule toutes les qualités que l’on peut exiger d’une baby-sitter : elle aime les enfants (riez… vous n’imaginez pas toutes celles qui font semblant) elle est ponctuelle, prévenante, bienveillante et débrouillarde. Mais son petit truc en plus, cette qualité précieuse qui fait que l’on se bat pour l’avoir à nos côtés, c’est qu’elle est lumineuse. Ma baby-sitter est ce que j’appelle une personne « solaire », une fille drôle et généreuse qui sème la bonne humeur partout où elle passe.

Ma baby-sitter est comédienne et a un talent fou.

Pendant 2 ans, je l’ai observée mener à bien son projet, de l’écriture (au café d’en bas où elle aimait prendre ses quartiers avant d’aller chercher mon fils à l’école) à la rencontre avec son metteur en scène, Francis Magnin, puis le montage du spectacle. Je la voyais construire son avenir doucement mais sûrement, avec un optimisme inébranlable et cette petite étincelle dans les yeux, toujours présente. Je me disais que quand même, il fallait vraiment aimer le théâtre et le cinéma pour accepter une vie aussi bohème que précaire, peuplée de petits boulots entre deux rôles sur les planches. Mais il en aurait fallu bien plus pour décourager Marion (c’est son prénom) pour qui la comédie est plus qu’une passion : c’est une vocation. Après avoir grandi nourrie aux spectacles du regretté Mr Elie Kakou et de Gad Elmaleh, c’est à son tour de présenter son spectacle et cela me touche. Et pas seulement parce que Marion fait désormais un peu partie de ma famille. Mais parce que je trouve ça beau, un rêve qui se réalise, surtout quand on s’est donné les moyens d’y parvenir. Je l’ai déjà dit dans cet article, je ne crois pas beaucoup au facteur « chance » mais surtout au talent et au travail. Et parce que l’on vit dans une société où les gens ont tendance à vous décourager quand vous entreprenez de grandes choses, qui leur paraissent inaccessibles. Parce que cela agit comme un miroir de leurs propres échecs ou parce qu’ils n’ont tout simplement pas le courage d’oser, au risque de se planter… mais aussi parfois de réussir (c’est généralement le même moment où l’on vous dit que vous avez eu de la « chance »….).

Alors bien sûr, je vous recommande chaudement d’aller voir Marion Mézadorian sur scène. Vous direz sûrement que je manque d’objectivité mais en toute franchise, non. Marion possède un don inné pour la comédie et saura vous embarquer dans son univers. Son spectacle n’est pas  qu’une succession de blagues destinées à faire rire l’assemblée (c’est ce que je reproche parfois aux spectacles comiques qui manquent de finesse). On hurle de rire, bien sûr, mais on se surprend aussi à être ému quand Marion croque les portraits des gens qu’elle aime ou qui ont croisé sa route. Son spectacle est réussi parce qu’il est écrit avec le coeur et tourné vers les autres. A son image finalement.

Je compte sur vous pour filer à la Comédie des 3 Bornes, les lundis soir à 21H30 jusqu’au 28 mars… merci ! Pour réserver c’est par ici ! (et pour voir un extrait du spectacle, c’est ici

« Pépites, ce sont les définitions inattendues de mon père marseillais, mes aventures de célibataire volontaire, mes conversations avec ma grand-mère arménienne. Pépites, c’est le petit garçon de 4 ans qui a plus de répartie que toi, la personne qui doit lancer ta carrière de comédienne mais parle à peine français, le SDF que tu croises tous les jours en bas de chez toi sans t’arrêter. Pépites, c’est tout ça et encore plus ».

 

 

 

 

 

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Anne

Je m'appelle Anne et je suis maman d'un petit garçon de 3 ans. Parisienne depuis dix ans, je vis sur les hauteurs de Montmartre. Dans la vie je suis aussi directrice éditorial du site hellocoton. Vous pouvez me suivre sur Twitter, Pinterest, Hellocoton et Facebook.

17 Commentaires

  1. Cela me donne vraiment très envie d’aller la voir. Ma maman monte très bientôt me rejoindre sur Paris, je pense que nous irons voir Marion et ce spectacle dont ce seul extrait me dit qu’il va forcément beaucoup me plaire 🙂 et puis cela me rend toujours heureuse de participer, ne serait-ce qu’un peu (car une place qu’est-ce vraiment au final ?) au rêve de ceux qui y ont consacré tant de coeur, de travail, d’espoir et d’énergie <3

    • Oh merci Célie, ce serait trop chouette ! (et puis quand elle jouera à Bercy tu pourras dire que tu l’as connue à ses débuts hihihi^^)

  2. Il a l’air chouette son spectacle, ça donne vraiment envie, j’espère qu’elle viendra un jour sur Bordeaux !!! Je lui souhaite de réussir, c’est vrai qu’il faut avoir une vocation pour résister et réussir dans ce domaine et du talent aussi ! En tout cas je retiens son nom.
    Bises

  3. Cristina a écrit

    Trop chouette, j’adore ce genre d’histoire ! On va y aller alors. Je suppose que tu y es déjà allée? Joli coup de pouce de ta part en tous cas…tu risques de perdre ta super baby-sitter mais c’est tout ce qu’on lui souhaite qu’elle réussisse, n’est-ce pas? Bisous

  4. On sent beaucoup d’amour et de complicité dans ton post !
    Il faut qu’elle vienne à Nantes, à la compagnie du café théâtre qui encourage les nouveaux et fait émerger des grands 🙂

  5. Ah, je ne suis pas d’accord avec toi, Anne, concernant  » la chance ».

    Je pense sincèrement que le facteur chance compte à 50% dans la réussite…et que tu peux avoir un talent phénoménal dans un domaine, bosser, bosser, bosser comme une malade…si tu n’as pas cet atome de chance te permettant de rencontrer les bonnes personnes, d’avoir les bonnes opportunités pour montrer au monde ton talent et la force de travail immeeeeeeeense que tu déploies pour produire de belles choses, eh bien, tu rejoindras /resteras dans la cohorte de ces personnes qu’on considère « très talentueuses, mais qui n’ont pas réalisés tous les espoirs qu’on nourrissaient pour elles » (arf ! qu’elle est cruelle, cette formule 🙁 )

    Il y’a tellement d’artistes qui valent la peine d’être connus, et dont on loue le talent, et dont on dit qu’ils sont injustement méconnus…peut-on dire pour autant qu’ils ne travaillent pas assez ? ou qu’ils n’ont pas finalement tant de talent que ça ? J’en doute… ( je ne dis pas que tu l’as dit, attention, mais tu vois mon idée, j’espère 😉 )

    • Oh pardon, je me suis mal exprimée ! Je comprends PARFAITEMENT ton idée 🙂 Ce que je voulais dire, c’est qu’on ne réussit jamais (ou rarement) QUE par chance… Il peut y avoir de la chance, bien sûr, mais la chance sans le travail derrière aboutit rarement à quelque chose. Enormément de gens pensent que la chance est le seul facteur de réussite mais ça ne tombe jamais du ciel à moins de gagner au loto. Je suis d’accord avec toi, il y a beaucoup de gens talentueux qui gagneraient à être connus…

  6. C’est une belle histoire, je regrette de ne pas être à Paris, mais si elle est encore sur scène quand je rentrerai, je garderai dans un coin de ma tête son nom !

  7. Ally a écrit

    Oh c’est drôle que tu parles d’elle car je connais Francis Magnin. Ca me donne encore plus envie d’aller la voir. Lui de son côté prépare un nouveau court métrage. Je l’avais interviewé d’ailleurs à ce propos. J’ai Hate. Le monde parisien est minuscule 🙂 <3

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