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Mauvaise fille, de Justine Lévy

posted by Anne 8 janvier 2013 17 Comments

mauvaiseFille

J’ai su qui était Justine Lévy pour la première fois à la télévision. Cétait il y a déjà quelques années, elle répondait à une interview dans une émission suite à la sortie de son livre Mauvaise Fille, et j’avais alors été frappée par son extrême timidité. Elle était mal à l’aise d’être sur un plateau télé, ça se voyait. Elle faisait des gestes étranges avec ses mains, elle caressait la table pour essayer de canaliser son stress en même temps qu’elle répondait aux questions qu’on lui posait, et ce côté un peu étrange de sa personnalité m’avait beaucoup touchée. J’avais mémorisé le titre de son bouquin en me jurant de le lire un jour mais c’était l’époque où j’avais perdu tout plaisir de lire, plus vraiment le temps non plus et j’ai fini par l’oublier…

Jusqu’à la sortie du film « Mauvaise Fille » tiré du roman autobiographique éponyme et réalisé par Patrick Mille qui est accessoirement le compagnon de Justine Lévy dans la vraie vie. Au départ j’avais envisagé de lire le livre d’abord puis de voir le film mais j’ai tellement aimé le livre que maintenant je ne suis plus tout à fait sûre de vouloir regarder le film. Vous me suivez ?

Ce livre, je l’ai avalé en 3 jours sur mes trajets en métro et j’ai pris une gifle tellement énorme que je me suis dit qu’il fallait absolument que je vous donne envie de le lire à votre tour.

Mauvaise Fille est un livre autobiographique. C’est l’histoire de Louise qui apprend que sa maman est gravement malade de ce cancer revenu la ronger à nouveau, cette fois en phase terminale. Mais Louise apprend aussi qu’elle est enceinte. Savoir qu’on porte la vie tout en regardant sa mère mourir à petit feu, entre colère, chagrin, culpabilité, peur de l’avenir… C’est ce que raconte ce livre. Alors évidemment je ne vais pas vous mentir, c’est un livre infiniment triste, dur (mais tendre) et surtout très impudique ! Justine Lévy est peut-être timide dans la vraie vie, mais ce qui sûr c’est qu’elle ne l’est pas dans ses livres. Elle écrit avec des mots crus, c’est impudique et ça sonne juste, c’est émouvant, c’est poignant. Parfois, c’est drôle aussi. Parce qu’entre des lignes et des lignes de souffrance, il y a ce sens de l’humour qu’elle n’a pas perdu en chemin et qui nous permet de pas refermer le livre parce qu’il serait alors trop dur à lire…

j’ai vraiment adoré le style d’écriture de Justine Lévy, qui écrit comme elle respire avec des phrases simples et courtes, une ponctuation pleine de virgules qui font que l’on retient son souffle en permanence. Je crois que j’aimerais la rencontrer un jour, et c’est bien la première fois que je ressens cela avec l’auteur d’un livre, sans doute à cause du côté autobiographique de l’histoire qui rend l’écrivain encore plus attachant.

Quatrième de couverture :  » Maman est morte, je suis maman, voilà, c’est simple, c’est aussi simple que ça, c’est notre histoire à toutes les trois. Tu en mets du temps à raconter les histoires, je me disais quand elle me racontait une histoire dans mon lit. Là c’est allé vite, si vite, le regard de maman dans le regard de ma fille, c’est là qu’elle est, c’est là que je la retrouve, et dans ses gestes aussi, dans les gestes impatients, un peu brusques, de ma petite fille doublement aimée. Maman vit en Angèle qui court sur une pelouse interdite. Maman me parle et me sourit quand Angèle lance son regard de défi aux adultes qui la rattrapent et la grondent. Maman est là quand Angèle tombe et se relève aussitôt, les dents serrées, pour ne pas pleurer. Elle est dans le cri qu’elle ne pousse pas, dans sa petite grimace d’enfant crâne qui ne compose pas. Partout, dans mon enfant, ma mère a laissé son empreinte.  » J.Lévy


Et sinon, rien à voir mais il se pourrait bien que j’eusse oublier de tirer la gagnante au sort suite au concours « Les Dissonances » que j’ai organisé avant les fêtes ! Hum hum hum, je ne suis pas vraiment un exemple de blogueuse à suivre si vous voyiez ce que je veux dire !!! (honte*honte*honte*) C’est donc Zout qui remporte le bracelet de son choix, bravo miss et n’hésite pas à vite me contacter via mon formulaire pour qu’on puisse t’envoyer ton joli cadeau !

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17 Comments

LMO 8 janvier 2013 at 6:41

J’avais lu « rien de grave » d’elle (ou un titre comme ça). Je n’avais pas aimé du tout… Effectivement, ça se lit facilement et le style n’est pas désagréable, mais la façon qu’elle avait de se regarder le nombril m’avait agacé… D’autant qu’elle y racontait des choses vraiment très difficiles (un IVG à quasi 6 mois de grossesse) et que j’étais toute jeune maman, ça m’a laissé un goût très amer! Et puis la manière qu’elle avait de fustiger le couple de son ancien amour m’avait énervé, en fait… :p

Du coup je ne suis pas trop tentée par celui que tu proposes, même s’il est sans doute plus abouti que le premer…

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Corinne (Couleur Café) 8 janvier 2013 at 7:56

Je ne connais pas l’auteur mais par contre j’ai vu quelques extraits du film et j’ai l’impression que je vais aimer 😉

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ratounette 8 janvier 2013 at 8:17

je ne connais pas du tout, mais tu m’as donné envie de le lire. Je vais le mettre sur ma liste des livres à acheter.
Merci 🙂

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Jenny-Cz 8 janvier 2013 at 8:17

J’ai exactement le même avis que toi sur ce bouquin. J’avais également écrit un avis sur son livre. Tu pourras y voir qu’effectivement nos avis se ressemble tant sur l’émotion qu’elle fait passer à travers ses histoires que sur sa manière d’écrire, rapide, comme si elle notait tout au fur et à mesure pour ne rien oublier… un style qui nous tient en haleine jusqu’à la fin

http://un-point-de-vue.fr/genres/mauvaise-fille-justine-levy

🙂

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Malicia 8 janvier 2013 at 8:46

Je l’ai vu à la gare la dernière fois et le sujet m’a plu, je pense que je le lirai 🙂

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Rose reglisse 8 janvier 2013 at 8:54

J’ai été aussi frappée par la grande timidité de Justine Levy il y a quelques années quand elle présentait son livre « Rien de grave ». C’était chez Ardisson, c’est dire si ça date !
Quand j’ai vu la bande-annonce du film, j’ai eu envie de le voir. Mais quand j’ai vu que c’était une adaptation d’un livre de Justine Levy (fille de BHL) et jouée par Izia Higelin (fille de Jacques Higelin), j’ai dit STOP… C’est un peu radical mais c’est mon point de vue…

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le monde de lali 8 janvier 2013 at 8:54

J’en avais déjà entendu parlé et pourquoi pas ça à l’air d’être une belle histoire 🙂

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madamezazaofmars 8 janvier 2013 at 11:31

j’ai eu très envie d’aller voir le film quand il est sorti, beaucoup parce que j’adore la personnalité d’Izia Higelin mais j’ ai trop attendu. Du coup, j’ ai très envie maintenant que j’ai lu ton avis de commencer par le livre.

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Emma 9 janvier 2013 at 6:05

Je n’ai jamais rien lu d’elle. Il faudrait que je me lance mais je ne sais pas si j’aurais le courage de lire celui-ci le sujet étant trop proche de l’histoire de ma famille… Dur dur de revivre l’ensemble des émotions douloureuses si elle les décrit aussi bien que tu le dis…

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Anne 9 janvier 2013 at 12:35

@ LMO : c’est sûr que son style est à double tranchant, à mon avis on adore ou on déteste mais il n’y a pas de juste mesure. Moi j’ai justement trouvé que cette façon très directe de parler d’elle la rendait touchante et très attachante car elle n’a pas honte de dire ce qu’elle est, une personne imparfaite. Elle a eu une enfance spéciale et un peu déglinguée (des parents divorcés, une mère absente et très instable) ce qui explique sûrement bien des choses dans sa manière de s’exprimer. Je n’ai pas lu « Rien de grave » mais je l’ai commandé, j’ai hâte de le lire ! Et à sa décharge, voir son mec partir avec Carla Bruni, qui était en même temps la nana de son père, j’imagine que ça doit pas être un truc très drôle à vivre 😀 Mais je sais que tu es ultra-sensible alors je comprends parfaitement ton opinion 😉

@ Corinne (Couleur Café) : comme je disais c’est tout ou rien, c’est un style qu’on aime ou qu’on déteste en fonction de notre degré de sensibilité 😉

@ ratounette : oh oui, à lire absolument ! En plus il est très court, ça se lit en deux jours 😉

@ Jenny-CZ : j’ai lu ton article et effectivement nous sommes 100% d’accord. J’ai lu également ta critique de « Rien de grave », j’ai hâte de le lire à mon tour !

@ Malicia : il est dispo au format poche en plus 😉

@ Rose Reglisse : la ressemblance physique entre Izia et Justine Lévy est frappante mais pour autant je n’ai pas envie de voir le film quand même… Je te conseille vraiment de lire le livre d’abord (comme pour tous les livres adaptés au ciné en fait)

@ Le monde de Lali : oui, une histoire triste et belle à la fois…

@ madamezazaofmars : ben je pense que tu peux lire le livre et même te passer de voir le film. Pour moi ce qui intéressant c’est aussi le style d’écriture de Justine Lévy, ce qu’on ne peut malheureusement pas déceler dans un film et c’est dommage !

@ Emma : justement, je me suis moi-même posée la question…. Est-ce que j’aurais pu lire ce livre en ayant vécu la même histoire, ou du moins une histoire approchante ? Franchement je n’en sais rien, Justine Lévy dit elle-même qu’avoir perdu sa maman est un scandale dont elle ne se remettra jamais. Ceci dit, plus que la mort dans ce livre, c’est l’amour mère / fille qui est raconté dans ce livre, ce qui le rend sûrement un peu plus supportable 😉

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Suzanne Helen 9 janvier 2013 at 1:10

Tu me donnes bien envie de lire ce livre, dis-donc !

En fait, je trouve que quand on devient maman, la question du rapport à nos propres parents (et à notre mère) est inévitable…

Ce qu’on en fait dépend des histoires familiales de chacun, mais je crois qu’il y a là-dedans quelque chose d’universel.

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Zout 9 janvier 2013 at 2:33

Franchement je ne suis pas sûre de pouvoir lire une histoire comme celle-ci, je prendrai ça trop à coeur et ça m’emêcherait de dormir 🙁 mais le livre a l’air très beau et tant mieux pour l’auteure s’il lui a permis de traverser cette épreuve.
Et merci douze mille fois pour le concours, je l’avais un peu oublié aussi c’est une super surprise! Je t’ai envoyé un message 🙂
Bisous

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Eve 10 janvier 2013 at 10:57

Je ne lis pas beaucoup et la plupart des livres que je lis c’est parce que j’en ai entendu du bien sur des blogs..alors je vais peut être tenter celui-là ! je suis rarement déçue, je te fais confiance hein ? :))
bisous

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Esther 10 janvier 2013 at 11:18

A chaque fois, je me dis qu’il faut que je la lise. Un jour, j’achèterai ce livre à la fnac et quand j’aurai du temps, je le lirai (vive les études et le manque de temps!)

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Carole Nipette 10 janvier 2013 at 11:44

Je n’ai pas osé aller voir le film et je n’ai pas lu le livre, c’est tellement proche de mon histoire que j’ai peur, enfin pas peur mais pas envie de pleurer pendant 2h… je suis tombée enceinte pendant que ma mère était en train de mourir sur un lit d’hôpital et nos rapports n’étaient pas simples… rien que de lire ton billet m’émeut alors je n’imagine pas le livre ou le film…

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yayanne 11 janvier 2013 at 12:14

Justine Lévy, voilà un auteur dont le nom me disait quelque chose, et LMO a remis mes idées en place, j’avais moi aussi détesté « rien de grave »comme rarement j’ai détesté un livre, à peu près pour les mêmes raisons qu’elle. Maintenant, Ma Belle Anne, tu le vends bien, alors je me le ferai, pas tout de suite, parce que je retrouve le goût de lire mais pas le temps, alors d’abord une belle pile de bouquins à dévorer!
Une chose est sûre en revanche, si je dois aller voir le film, ce sera après le livre, parce que vu le style d’écriture, j’ai peur de ne jamais l’ouvrir autrement.

Autre chose, un peu dans le même style, que tu connais certainement déjà, et que tu aimeras probablement, c’est Delphine De Vigan, son roman le plus connu est « No et moi », dont le film est sorti l’année dernière je crois, mais il y en a d’autres, dont « les jolis garçons », le style est un peu torturé, dérangé, un peu à la manière de Justine Lévy.

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Antoine 29 juin 2014 at 5:13

Touchante cette demoiselle mais dans ce monde déjanté dans lequel elle vit, c’est bien normal qu’elle soit si mal. Son père de philosophe dont le métier est d’enseigner comment penser et quoi penser ? Quelle farce ! Dans ce monde pour réussir il faut capter l’attention, donc place au creux, au futile, à l’insignifiant, au trash, à la drogue, au sexe, au violent, au spectaculaire. C’est une société traversée par des pulsions de mort. C’es un constat fait par d’autres et bien moins anonymes. Relisons Charles Melman : l’homme sans gravité, par exemple.

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