Chroniques

Parisienne

posted by Anne 16 juin 2016 82 Comments

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Je ne sais pas s’il est possible de vivre autre chose qu’un amour passionnel avec Paris. De celui qui vous bouscule et vous pousse dans vos retranchements, au point que parfois vous avez envie de fuir le plus loin possible. Pour mieux revenir… ou pas ? D’ailleurs, peut-on vivre toute sa vie à Paris ? Combien sommes-nous de parisiens à songer « à l’après » et à nous projeter ailleurs, dans un futur plus ou moins proche, à la recherche d’un paradis qui n’existe peut-être que dans nos rêves ? Le paradis étant souvent pour nos autres parisiens, le package maison + jardin au bord de la mer. De quoi faire rire nos amis provinciaux, qui se demandent sûrement quel plaisir nous trouvons à s’entasser dans des logements minuscules et souvent bruyants, puis s’entasser encore dans le métro… Certains diront que nous sommes masos, mais franchement, croyez-vous que nous supporterions tout cela si Paris ne nous apportait rien en échange ?

Ce qu’on oublie souvent de dire, c’est qu’une grande ville s’apprivoise. Il faut du temps pour apprendre à s’y repérer, connaître d’abord ses quartiers puis les noms de ses rues. Et enfin, LE signe que vous êtes devenu un vrai parisien : quand vous connaissez par coeur les raccourcis dans les couloirs du métro. Paris n’est pas qu’une capitale, elle est une ville comme une autre, dans laquelle on peut mener une vie « normale » et où les rêves sont aussi autorisés. Plus étonnant encore, on peut même y être heureux. Mais pour le découvrir, il faut évidemment y venir plus d’un week-end, dépasser ses préjugés et affronter ses peurs. C’est seulement en ayant franchi toutes ces étapes que vous pourrez savoir si oui ou non, Paris est faite pour vous.

Comme vous le savez, j’ai grandi dans le Cotentin, sur une côte hyper sauvage et quasi désertique à 3 kilomètres de la mer. En bonne campagnarde, je suis allée à Paris pour la première fois à 17 ans le temps d’un week-end, car mes parents avaient des amis qui habitaient en banlieue. Avant mes 17 ans, je n’avais jamais vu la Tour Eiffel et j’étais loin d’imaginer que vivrais à Paris quelques années plus tard. En général, quand on a grandi en Province on a tendance à éviter la capitale. C’est l’endroit où l’on ne veut surtout pas aller pour faire ses études ou travailler. Mais en ce qui me concerne, le destin en a voulu autrement. Car c’est à Paris que mon dossier a été accepté en 2003, lorsque j’ai entamé le dernier cursus de mes études de tourisme. Je suis donc arrivée ici dans un but précis, celui de terminer mes études et d’obtenir mon diplôme, en espérant que ces deux années passent vite pour que je puisse rentrer chez moi. Evidemment, je ne suis jamais repartie. Rester était devenu une évidence et je ne ressentais plus l’envie de retourner vivre dans ma région. Ce n’était d’ailleurs plus chez moi. Sans m’en rendre compte, en deux ans à peine, je m’étais profondément attachée à Paris. Paris m’avait ouvert l’esprit et m’avait fait grandir. J’avais rencontré un nombre infini de personnes de tous les milieux et de toutes les origines (la mixité dans le Cotentin, c’est pas trop ça…) et je m’étais fait plein d’amis que je ne voulais pas quitter. Paris m’avait enveloppée de toute sa chaleur humaine et il me semblait inimaginable de la quitter.

La vie a suivi son cours, j’ai rencontré mon amoureux et ensemble nous avons accompli de belles choses, fondé une petite entreprise, une famille… Le temps a passé à une vitesse folle sans que jamais l’idée d’aller habiter ailleurs ne me vienne à l’esprit, ou alors dans un avenir plutôt lointain. Et puis il y a eu Charlie le 7 janvier 2015, puis les attentats abjects du 13 novembre qui nous ont traumatisés, dont personnellement je peine un peu à me remettre. Les apéros en terrasse ne sont plus aussi légers et le « Attentifs ensemble » que je lis depuis 13 ans dans le métro a maintenant une réelle signification. Ça me fait mal de l’écrire, ça me fait mal de l’avouer, mais je ne me sens plus en sécurité dans ma ville d’adoption, au point d’avoir souvent envie de la fuir. Mais pour aller où ? Ma vie est ici depuis presque 14 ans et mon coeur aussi. Quand on décide de tout quitter, c’est autant que possible l’envie qui doit nous guider et non pas la peur. Et paradoxalement, cette peur qui fait désormais partie de moi me fait aimer ma ville chaque jour un peu plus.

PS : n’hésitez pas à partager vos expériences avec moi et me dire comment vous vivez et ressentez toute cette tension actuelle, très forte à Paris mais sans doute aussi ailleurs… Je crois que ça me ferait beaucoup de bien d’échanger avec vous !

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82 Comments

Debobrico 16 juin 2016 at 7:57

Ton texte est très touchant… J’avoue que ce sera difficile de partager sur ce sujet car je suis la provenciale que tu étais qui ne voit pas l’interet de monter à Paris plus longtemps qu’un week end. Mais tu as raison sur le fait qu’il faut aimer l’endroit où on vit, qu’il fasse vibrer quelque chose en nous.

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Anne 17 juin 2016 at 2:34

Oh oui, tu as parfaitement raison ! Un joli proverbe dit « qui se sent bien avec soi-même, se sent chez soi n’importe où ». Au fond je suis persuadée que c’est ça, l’essentiel !

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marionromain 16 juin 2016 at 8:11

Je ne suis pas parisienne non plus, mais j’y ai vécu, pas suffisamment d’années à mon goût, et j’essaye d’y revenir le plus souvent possible pour reprendre notre histoire d’amour là où on l’a laissée. Et chaque fois c’est un bonheur renouvelé. Les tragiques évènements successifs de ces derniers mois m’ont fendu le coeur, et, c’est assez étrange, m’ont donné l’impression de ne pas être là où je devrais être, quand je n’avais qu’une envie, serrer tout Paris dans mes bras. Comme si j’étais égoïstement absente auprès d’un ami qui va mal. J’y suis revenue, depuis, mais j’ai eu le sentiment que c’était trop tard, et quelque part, je m’en suis voulu, parce qu’au fond de moi, je savais aussi que je n’avais pas osé revenir plus tôt.
Je crois que toute ma vie je vivrai avec ce profond attachement pour cette ville. Quand j’y vivais, la Bretagne finissait toujours par me manquer, et l’appel de la mer devenait à un moment donné trop fort pour lui résister. Depuis que je suis revenue dans ma région, la mer, je m’en enivre sans compter, mais c’est Paris qui me manque.

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Anne 17 juin 2016 at 2:33

Je t’envie tellement tu sais… La mer me manque énormément, quand je vivais encore en Normandie, je la voyais tous les jours. Tu sais le pire ? J’évite même d’y aller pour ne pas que le retour à Paris sois trop rude 🙂 Mais je comprends ton sentiment, quand on a vécu à Paris on est marqué à vie par son effervescence. J’imagine bien cette ambivalence que tu ressens, je la ressentirai probablement aussi lorsque je partirais…

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Sandra 16 juin 2016 at 8:50

J’ai grandi à Paris, jusqu’à mes 25 ans. Depuis trois ans, je vis ailleurs. 2 ans d’expat à Bruxelles et 6 mois en province, en Rhône Alpes. Toute ma famille vit donc à Paris. Je resterai toujours Parisienne, j’aime Paris. Ton texte m’a particulièrement touché parce que j’aurais pu l’écrire à la différence qu’aujourd’hui j’ai peur pour mes proches. J’ai aussi beaucoup de mal à me remettre des attentats et j’ai un regard différent sur Paris.
Et puis je me sens égoïste de me sentir mieux ailleurs, mieux parce que je sais qu’où je suis « il y a moins de risques ».
Nous sommes partis de Bruxelles le 23 décembre, un mois jour pour jour après les attentats, ça a été le déclencheur. De toutes façons nous n’y étions pas bien, mais je n’ai pas honte de dire que nous avons ‘fui » parce que notre pays nous manquait. C’est drôle comme on a envie de retourner « chez soi » quand tout va mal.
Au delà de tout ça, et même si je ne voudrais pas retourner vivre à Paris parce que « j’ai eu ma dose », je la trouverais toujours belle, riche (que ce soit d’un point de vue humain ou culturel).
Je te souhaite de te remettre de tout ça, tu as encore les yeux qui brillent en voyant Paris, je ne peut donc que te souhaiter, comme à nous tous, d’arriver à panser cette blessure.
Bises

Reply
Anne 17 juin 2016 at 2:29

Tu n’as pas à culpabiliser, au contraire, profite ! C’est génial de pouvoir se sentir en sécurité quelque part, c’est devenu un sentiment tellement précieux ! Et tu n’es pas la première personne à me confier son envie de vouloir revenir dans son pays parce qu’il a été meurtri. Comme quoi le sentiment d’appartenance à une patrie existe réellement, quoi qu’on en dise. Et je pense que c’est normal de ne pas avoir envie de revenir à Paris une fois qu’on l’a quittée. C’est tellement difficile d’en partir la première fois ! 🙂

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Eulalie 16 juin 2016 at 8:57

Il est très intéressant ton article, car il retranscrit ce que m’en disent les quelques parisiens d’adoption que j’ai dans mon entourage.
Je ne sais pas si j’aurais pu vivre à Paris, bien que j’envie sa vie culturelle bouillonnante.

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Anne 17 juin 2016 at 2:25

Merci Eulalie !

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Jill est une fille 16 juin 2016 at 9:46

J’ai toujours vécu à Paris et aujourd’hui étudiante je ne me verrai quitter cette ville pour rien au monde. C’est ma ville, j’en connais les rues et les quartiers par cœur, je serais presque capable de prendre le métro les yeux fermés. Je suis de ceux qui refusent de se laisser envahir par la peur, peut-être est-ce l’insouciance de ma jeunesse ? Je ne sais pas. Toujours est-il que mes amis sont ici, ma famille aussi ainsi que mon chéri avec qui nous emménagerons bientôt à Montmartre nous aussi (mon quartier favori).

Je ne sais pas si je me lèverai avec tant d’entrain le matin en sachant que je ne prendrai plus mon Vélib’ à la station au coin de ma rue, en sachant que je ne pourrai plus sortir dans nos bars avec mes amis après les cours ni aller les voir jouer à leur jam session le week-end. Je ne sais pas si je pourrais rêver meilleur endroit pour étudier que ma toute petite fac cocon avec son beau jardin et son camion burger pour le midi. Si je pourrai me passer de mes après-midi lecture au bord de la Seine quand je m’ennuie un peu et qu’il fait beau dehors. Et encore des tas d’autres petites choses qui me rendent heureuse de vivre ici au quotidien.

Alors bien sûr il est encore un peu tôt pour pouvoir dire ce que l’avenir me réserve mais une chose est sûre, j »aime Paris, c’est ma ville et ma maison et je ne la quitterai pas de sitôt.

Reply
Anne 17 juin 2016 at 2:25

Vous allez être merveilleusement bien à Montmartre !! Beaucoup de gens doivent vous envier 😉

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Jill est une fille 17 juin 2016 at 3:10

Disons qu’on a eu un coup de chance lors de nos recherches alors on ne s’en plaint pas ça c’est sûr ^^

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christelle is flabbergasting 16 juin 2016 at 10:36

Je crois que si tu quittais Paris, tu serais quand même triste, elle te manquerait… puisque c’est la ville où tu as choisi de vivre. Je crois que c’est ça qui change tout, en fait. Un peu comme pour le premier mec que tu as aimé, tu l’aimeras toujours ! (instant cul-cul bonjour !) Par exemple, moi j’ai choisi de quitter Paris 😉 mais c’est parce que je voulais vivre à Barcelone, puis Montréal. D’ailleurs, Barcelone m’habite toujours. Comme Paris. Quand j’y retourne, j’ai toujours le coeur qui pince un peu. Comme Marion plus haut qui profite maintenant de la mer, mais à qui Paris manque… je pense qu’on se forge un peu au travers de tous ces endroits qu’on traverse. Qu’on les garde en nous. Et qu’on peut parfois les aimer autant qu’on les déteste. Mais tant qu’on les choisit, on ne peut que se sentir choyée d’y vivre.

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Anne 17 juin 2016 at 2:24

Bien sûr qu’elle me manquerait… C’est pour ça que j’ai autant de mal à partir, j’ai tellement peur de ne pas savoir gérer « l’après » et de faire une dépression le jour où je m’installerai en Province (c’est mon côté optimiste LOL). Mais bon, j’imagine qu’on peut avoir plusieurs vies dans une vie et dans des endroits différents, ça me semble même nécessaire. Et là, j’ai l’impression d’être à la fin d’un cycle, je n’ai plus cette étincelle que j’avais dans les yeux il y a 13 ans, quand je suis arrivée ici. Le fait d’avoir eu un petit garçon a beaucoup changé mon regard sur la ville, tout devient tout de suite compliqué avec un enfant (surtout quand, comme le mien, il s’accommode mal de la vie en appartemment). Bref, je me donne encore un peu le temps de la réflexion, pour le moment je ne peux rien faire d’autre que méditer à des jours meilleurs… Avoir conscience de ses envies, c’est déjà un bon début je pense 😉 Et merci pour commentaire, il me fait chaud au coeur. J’avais vraiment besoin d’en parler et je regrette de ne pas l’avoir fait avant. J’espère avoir l’occasion de te revoir à Montréal, j’adorerais découvrir TA ville !

Reply
Roxane 27 mai 2017 at 5:49

Bonjour, moi je suis une vrai sudiste. Avec mon conjoint nous somme venue en île de France habité j’aimerais tellement avoir le même amour de paris! Mais je n’arrive pas à m’épanouir je suis même déprimé je suis bientôt maman et nous sommes ici pour aumoin une dizaine d’années mais le sud me manque tellement. La mer les terasse les plages se baigner bronzer les barbecue tous les week end les journée piscine ma familles et amies tous me manques.

Reply
Camille 17 juin 2016 at 2:03

Paris, moi, c’était mon rêve. Quand j’habitais dans le Sud-Ouest, chaque possibilité d’aller voir ma cousine à Paris était une fête, et je me targuais, alors que j’étais une petite provinciale, de savoir exactement dans quel ordre étaient disposés les H&M, Naf Naf, Zara et Etam de la rue de Rennes. Dès que j’ai pu aller y habiter, j’ai sauté sur l’occasion, et j’y ai passé des années merveilleuses. Je crois que quitter Paris m’a fait me rendre compte que j’aimais cette ville, même si beaucoup de choses me péseraient si je retournais y habiter maintenant, après avoir vécu Montréal
J’y ai fait des rencontres tellement fortes, et Paris m’a bousculée. J’avais choisi d’y aller, j’ai choisi de la quitter, mais il y a quand même un petit truc qui reste, là, dans un coin du coeur.
À des milliers de kilomètres, je crois que je ne me rends pas vraiment compte de la tension qu’il peut y avoir en ce moment à Paris, mais je t’embrasse très fort, en tous cas.

Reply
Anne 17 juin 2016 at 2:18

Je me souviens comme tu étais en saturation de Paris avant ton départ pour Montréal… Je vois que ton regard est un peu différent, j’imagine que partir t’a permis de prendre un peu de recul et je trouve ça chouette (en tout cas ça me fait plaisir, je te trouve plus apaisée). Je ne connais pas encore Montréal mais cette ville m’a l’air tellement agréable à vivre (enfin, si on excepte les températures en hiver hein….). Tant mieux que tu ne ressentes pas la tension actuelle en France, elle n’est vraiment pas nécessaire….

Reply
marie 17 juin 2016 at 4:06

Parisienne d’adoption (j’ai grandi en banlieue ce qui est bien différent, mais habité 15 ans à Paris ensuite), je vis à l’étranger depuis quelques années. Une envie d’aller voir ailleurs motivée non pas pour quitter Paris mais pour voyager, apprendre une autre langue et voir ailleurs si j’y suis.
A l’inverse de ce que tu ressens, pour moi les attentats m’ont donné « envie » de faire ma valise pour rentrer chez moi, à Paris. et encore aujourd’hui je ressens cela.
Pas par esprit de contradiction mais parce que de loin je me suis sentie vaine, inutile. Comme lorsqu’un ami proche a vécu un truc dur sans qu’on soit là pour le soutenir, comme lorsque ma meilleure amie a eu un bébé que je ne vois qu’un an après sa naissance…
Je pense ainsi très souvent à rentrer à Paris même si ma vie aux USA est bien plus confortable (en terme d’argent car en terme de « sécurité » même si les gens ici se sentent en sécurité, il y a TOUS les jours un mec qui tue plusieurs autres personnes avec une arme…).
Je reviendrais donc bientôt. pour être chez moi et enfin agir dans ma société, au quotidien. Je crois de plus en plus que ce n’est que comme cela que l’on « change » (même un chouia) les choses, autour de soi, chez soi, dans son environnement proche.
Vivre ailleurs, selon mon expérience, c’est se décharger de sa responsabilité sociale, de sa citoyenneté. Alors oui on est plus léger, moins « encombré » par les problèmes de sa société, plus auto-centré, plus affranchi du regard social aussi, mais aussi plus vide et plus « consommateur » de sa propre vie. Un « confort » qui me laisse un goût amer régulièrement….

Reply
Anne 17 juin 2016 at 2:12

Tu n’es pas la première à me confier ton sentiment de ne pas être au bon endroit. J’ai plusieurs amies qui m’ont dit que vivre les attentats depuis l’étranger avait été difficile pour elles… J’imagine que cela donne l’impression d’avoir abandonné le navire en plein naufrage 🙂 Je ne sais pas si vivre à l’étranger c’est se décharger de sa citoyenneté et ne me permettrais pas d’en juger (après tout, chacun peut vivre où il le souhaite sans avoir à se justifier) mais je reste persuadée que l’on ne peut pas renier ses origines et son sentiment d’appartenance à une patrie. Ceci étant, malheureusement même en étant sur place nous nous sentons vains et totalement impuissants. C’est très difficile de regarder son pays couler sans rien pouvoir faire à sa petite échelle. En tout cas, ne culpabilise pas trop et essaie de profiter de tous les avantages que t’offre l’expatriation pour l’instant. Il sera toujours temps de revenir !

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Les Mamies Stars 17 juin 2016 at 7:26

Nous les Mamies Stars, nous sommes toutes les deux parisiennes, l’une depuis toujours (Espelette), l’autre d’adoption (Autumn). Avec un vécu différent, nous aimons toutes les deux passionnément notre ville, et pas question de la quitter jamais !
Paris, c’est le bonheur simple d’aller acheter sa baguette toute chaude à la boulangerie du coin, de marcher à pied le plus souvent, sans prendre sa voiture pour un oui ou un non ; c’est la beauté grande ouverte chaque fois que l’on passe un pont sur la Seine ; c’est l’effervescence culturelle, des concerts, des expo en pagaille, gratuits aussi souvent qu’on veut ; c’est la tour Eiffel qui scintille chaque soir pour notre plaisir avant celui des touristes ; c’est une foule de rencontres improbables, et aussi la famille et les amis qui convergent forcément un jour où l’autre vers Paris ; ce sont de des idées qui germent sans cesse, des petits coins insolites au bout d’une ligne de métro…
Oui, vraiment, nous aimons Paris passionnément ! Et quelles belles photos, Anne !

Reply
Anne 17 juin 2016 at 2:06

Oh que oui, je connais bien tous ces petits plaisirs et ils me manqueraient tellement ! (dans mon quartier tout est ouvert le dimanche, je sais que c’est mal mais j’adore ça^^). Paris n’est jamais plus belle que la nuit, quand on la regarde par la fenêtre d’un taxi après une soirée un peu arrosée avec des amis… Du moins, c’est comme ça que je la préfère 🙂 Et il est vrai qu’en vivant à Paris, c’est impossible d’être isolé, il y a toujours un membre de la famille ou un ami de passage que l’on prend plaisir à recevoir chez soi ! En revanche, je ne prends pas suffisamment le temps d’explorer les richesses culturelles de Paris, je me rends rarement à des expos, et depuis le Bataclan je n’ai pas su remettre les pieds dans une salle de concert. Il faut vraiment que je me mette un coup de pieds aux fesses pour réapprivoiser tout cela.
En tout cas c’est toujours un plaisir de vous lire… Merci pour toute cette sagesse !

Reply
Marie 17 juin 2016 at 7:26

Coucou Anne,
Je suis Normande comme toi, plus précisément Calvadosienne. Je ne fais pas mes études à Paris, je les fais sur Caen. Je ne connais que très peu Paris, j’y suis allée plusieurs fois, la dernière fois c’était en août 2015 avec des amies pour l’expo Harry Potter.
J’ai vu Paris sous différents angles: très souvent en été en tant que touriste et aussi en hiver peu avant les fêtes de fin d’année pendant un week-end juste avant Charlie.
Je me souviens encore d’un kiosque près du Centre Pompidou qui vendait Charlie Hebdo, je ne me doutais pas de la tragédie qui se déroulerait quelques semaines plus tard dans la rédaction du journal… Et puis il y a eu le 13 novembre qui a fait réapparaître les vieux démons ainsi que d’autres…
Paris me manque un peu, je n’ai jamais goûté aux plaisirs des terrasses mais je suis certaine que j’adorerai ceci…
Paris à bientôt.

Des bisous 🙂
Marie

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Anne 17 juin 2016 at 2:02

Paris est magnifique en toutes saisons… C’est un peu plus difficile de l’aimer en été, quand tu as davantage envie de prendre l’air sur une plage ou dans la nature plutôt que de mettre un pied dans le métro. Et c’est là que tu souffres de ne pas avoir de jardin ! Mais en hiver c’est chouette, on ne s’y ennuie jamais (personnellement, j’ai des souvenirs assez tristes de week-end très ennuyeux dans ma Normandie en hiver quand tout est fermé et qu’il n’y a rien à faire^^). Mais rassure-moi, on peut quand même boire des verres en terrasse à Caen, non ?

Reply
Marie 17 juin 2016 at 2:39

L’hiver est ma saison préférée, je m’ennuie très peu pendant cette saison, surtout en décembre, après c’est un peu plus calme :'( … J’avais adoré les rues parisiennes pendant les fêtes, voire toutes ces vitrines décorées c’est un véritable plaisir pour les yeux. Oui on peut boire des verres en terrasse à Caen, je l’ai fait une fois avec des amis dans un petit bar mais la pluie s’était rapidement invitée. Sinon sur Deauville et Trouville les terrasses sont géniales.

Bisous 🙂
Marie

Reply
Margarida 17 juin 2016 at 8:15

Bonjour Anne,

Merci pour ton article, pour dire à voix haute ceux que beaucoup ressentent à voix basse. Je crois que depuis quelques mois (longs mois déjà) la France vit une épreuve dure, très dure, qui nous a sorti de notre confortable réalité. Comme disais hier une psychologue, nous étions habitués aux « malheurs » et « soucis » personnels mais là on est confrontés (pour la première fois pour notre génération) à une détresse sociale à laquelle on ne sait plus comment y faire face…
Paris est une ville très forte de caractère, je crois bien que tu as raison de dire que c’est une ville qu’on vit avec passion, on aime, on aime pas, un coup on est émerveillés, un coup on la déteste. Paris est sublime mais difficile parfois à vivre. J’y ai vécu 2 ans, après avoir vécu aussi dans d’autres grandes villes européennes (Barcelone-Madrid-Bruxelles) et j’ai trouvé que la plus « forte » dans tous les sens était Paris et dans mon cas, c’est en effet un chéri « provincial » qui m’a fait quitter Paris. Une fois arrivée en province, j’ai découvert (comme tu l’expliques si bien) que beaucoup de « provinciaux » (j’ai du mal avec ce mot) n’aiment pas Paris, c’est bizarre je trouve cette dichotomie Paris-Province qui n’existe pas dans d’autres pays.
En ce qui concerne la peur, oui, je veux bien croire qu’à Paris elle est encore plus dure à vivre, à y faire face, à ça il faut y ajouter les tensions sociales, on a donc l’impression de ne plus savoir quoi faire, où aller, quoi penser, comment bouger… Au fond, je crois que nous sommes en train de vivre un moment très important de l’Histoire. Et Paris a toujours fait partie de ces grands moments de l’Histoire. En ce qui me concerne, ce qui m’aide à aller de l’avant, et à oublier un peu la peur, c’est de m’accrocher et savourer plus que jamais les petits plaisirs quotidiens.

Des bisous,

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Anne 17 juin 2016 at 1:57

C’est vrai, avec Paris c’est souvent « je t’aime moi non plus », je ne crois pas qu’il pourrait en être autrement ! C’est la ville de toutes les folies et de toutes les passions, tout est démultiplié quand on vit ici : le bruit, le temps qui file encore plus vite, la taille de la ville, les tarifs exhorbitants et tant d’autres choses qui rendent difficilement compréhensible qu’on puisse y être heureux, pour un provincial (et c’est bien normal, je ne m’en formalise pas).
Je crois qu’en ce moment, les parisiens ont besoin de reprendre leurs marques mais avec l’Etat d’Urgence et le bruit des sirènes permanent nous ramène sans cesse à la réalité de la situation. Merci pour ton petit mot en tout cas !

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aix parisienne 17 juin 2016 at 8:20

Hello Annouchka, De mon côté j’ai ressenti ça en ayant grandi a Paris, l’ayant quitté il y a 4 ans..Je l’ai d’abord regretté, Paris m’a manqué…En province je n’avais pas mes repères et le bouillonnement de Paris me manquait…4 ans après, même en me payant très cher je n’y retournerai pas… J’y vais avec un réel plaisir faire la touriste, en profiter , voir mes amis…Mais la vie du quotidien est tellement plus agréable en province..Je suis désormais dans le sud est et je peux voir mes filles grandir, elles passent leurs journées dehors, je profite de l’extérieur aussi…Bref parisienne pendant plus de 30 ans, mais RAVIE aujourd’hui d’avoir quitté le microcosme dans lequel on s’enferme à Paris…Je crois qu’en devenant maman pour la 2eme fois, cette décision était devenu salvatrice !

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Anne 17 juin 2016 at 1:46

Je ne sais plus si on en avait parlé toute les deux mais vivre en Provence, c’est vraiment mon rêve depuis quelques années… Avant la naissance de mon fils, nous avons failli nous installer à Aix, on avait même commencé à regarder les maisons. Cela n’a pas pu se faire pour des raisons professionnelles. Je ne le regrette pas car dans un sens, rester nous a permis de réussir d’autres choses (monter une entreprise, entre autre). Et puis le gros avantage de la Provence, c’est quand même le climat et la lumière magnifique toute l’année… quelle chance vous avez !!! (soupir^^)

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aix parisienne 17 juin 2016 at 1:54

Oui il me semble que tu es du côté de Forcalquier en vacances parfois non? si je ne me trompe pas ! Même démarch epour moi, vivre à Paris m’aurait permis d’accomplir une jolie carrière et c’est grâce à cela que je suis dans le sud aujourd’hui..Il faut également prendre le temps de construire tout cela ! Maintenant que tu as monté une entreprise, peut être est ce le moment de la déployer à Aix? 😉 Si tu as besoin d’un relais ici, je le ferai avec plaisir en tout cas ! Bises et dis toi que tout ce questionnement est aussi lié à la météo pourrie que vous avez en ce moment !!!

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Lza 17 juin 2016 at 9:17

Je crains que les attentats aient modifié profondément la façon dont nous vivons Paris. Je fais partie de ceux qui préfèrent encore pour l’instant s’entasser dans des apparts trop petits que de m’éloigner pour une maison et un jardin mais oui, l’insouciance, l’idée de vivre protéger des pires horreurs s’est envolée. Parfois, j’ai peur, je me surprends à regarder des scènes, des gens avec une suspicion qui pourtant ne me ressemble pas, je crois.
Après, je me demande de plus en plus si c’est Paris ou si c’est ainsi partout maintenant et que pèse sur nous une menace invisible et d’autant plus effrayante. Je ne vois que la résistance pour avancer, pour nos enfants et pour que jamais ne meure l’aura de Paris…

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Anne 17 juin 2016 at 1:41

Il m’arrive de sursauter au passage d’un camion poubelle ou au moindre bruit un peu suspect, cela ne mettait jamais arrivé auparavant. Tu ne dois pas culpabiliser d’être sur tes gardes, c’est un réflexe de protection tout à fait naturel et inévitable. Ce sentiment de peur se ressent davantage à Paris mais ailleurs, c’est un profond sentiment d’inquiétude quant à l’avenir qui a envahi les français : que va devenir notre pays, quel monde allons-nous laisser aux générations futures ?? Franchement tout cela me terrifie, nous avons vraiment une responsabilité à ce niveau et c’est maintenant qu’il faut agir avant que ce ne soit trop tard. Tu as raison, c’est bien de résistance dont il s’agit.

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MissBrownie 17 juin 2016 at 11:02

Je me demande si je serais tombée amoureuse de Paris si j’avais choisi d’y faire mes études. Sauf qu’en visitant ma future école, j’avais trouvé les gens très peu chaleureux alors j’ai préféré Roubaix. Et je suis tombée amoureuse de Roubaix. C’est une ville que je trouve magnifique, même avec ses côtés sombres et je regrette qu’elle semble si peu vivante. Malgré tout, je n’y habite plus mais je n’ai pas quitté la métropole lilloise car j’aime tout ce qu’on y trouve. Je ne me verrai pas retourner vivre à côté de chez mes parents.
Par contre, de plus en plus, on pense à partir à l’étranger parce que tout ce qu’on peut voir et entendre, toute cette haine, toute cette peur et cette non-acceptation de l’autre nous donne envie de partir. Il y a trop de colère en France. Peut-être trop de pluie en ce moment aussi et tout semble vite trop gris.
Personnellement, je n’ai pas peur, j’ai plus peur sur la route de me retrouver face à quelqu’un qui aurait trop bu que d’autres choses, mais je n’aime plus ce que j’entends aux infos ou lis sur les réseaux sociaux. Les gens y paraissent tellement moches …

Reply
Anne 17 juin 2016 at 1:34

C’est difficile de faire plus chaleureux que les gens du Nord donc je comprends aisément ton choix ! Et tu as tout à fait raison, ce n’est pas seulement Paris mais la France entière qui semble malade :/ Le discours des gens a changé, c’est vrai, il est devenu moins tolérant et désormais la suspicion est partout. C’est terrible, ça me désole d’en être arrivée là mais je ne sais pas si je serais capable d’abandonner le navire. Et je suis totalement d’accord avec toi, les réseaux sociaux sont devenus le reflet de toute cette intolérance et cette violence verbale. Je les évite autant que possible ! Merci pour ton petit mot en tout cas, et courage surtout 🙂

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Marie 17 juin 2016 at 11:17

Ton article me parle car il y a deux ans nous avons fait le grand saut et quitté Paris pour Bordeaux. Cela faisait vingt ans que j’habitais Paris, un peu moins pour mon compagnon, et nous sommes partis pour toutes les raisons que tu as évoquées. Un logement devenu trop petit avec deux enfants, le ras-le-bol des parcs bondés, l’impression d’élever nos enfants dans une cage pour hamster, et surtout l’impossibilité d’avoir un grand appart dans Paris sachant qu’on ne voulait pas partir en banlieue. La vie à Bordeaux est douce et le quotidien mille fois plus simple avec les enfants, mais ça ne nous empêche pas d’avoir la nostalgie de Paris, pour des choses indicibles: peut-être l’énergie, la sensation de liberté, une manière particulière d’aborder la vie? Sans compter bien sûr nos amis parisiens, qui nous manquent même si on continue à se voir. On est presque sûr d’y revenir un jour, peut-être quand les enfants seront plus grands.

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Anne 17 juin 2016 at 1:27

En ce moment tous les parisiens déménagent à Bordeaux, c’est fou 🙂 Honnêtement, si j’en avais la possibilité je le ferais certainement aussi, mais ce n’est pas aussi simple. Nous y sommes allés en famille le mois dernier et avons adoré la douceur de vivre bordelaise, tout m’a semblé tellement facile là bas (les quartiers piétonniers, le calme ambiant, la propreté des rues…). Je suis étonnée que vous envisagiez un retour à Paris à long terme… Est-ce si difficile de se faire des nouveaux amis lorsque l’on démarre une nouvelle vie ? (c’est une vraie question).

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Marie 17 juin 2016 at 2:37

Oui, j’avais lu ton article. Ce n’est pas tant les amis qui manquent qu’un « truc » plus général je pense, mais je crois qu’on est d’indécrottables parisiens! Après, il y a un fossé entre y penser et le faire. Ce qui me freinerait le plus c’est l’espace. Difficile je pense de se réhabituer au monde et au manque de place partout.On va peut-être trouver un juste mileu, en revenant plus souvent à Paris? Pour les amis, on ne les remplace pas. On peut rencontrer d’autres personnes bien sûr. Cela dépend des caractères aussi et de ce qu’on met dans l’amitié.

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madamezazaofmars 17 juin 2016 at 11:47

J’ai tout fait pour venir y vivre mais le destin en a décidé autrement. Et ce que tu ressens pour Paris, je le ressens pour Marseille, ville trop souvent meconnue, dépréciée, mal considérée, représentée par trop de cliches mais que j’ai vraiment été malheureuse de quitter.

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Anne 17 juin 2016 at 1:24

Oh moi j’adore Marseille, c’est une ville magnifique et injustement critiquée ! J’aime beaucoup y aller quand je suis en Provence et je pense que je pourrais facilement y vivre (en ayant vécu à Paris – de surcroît dans des quartiers « populaires » je m’y adapterais sans doute très vite). En plus la construction du MUCEM et la rénovation du Panier a vraiment donné un nouvel élan à la ville, cette zone est superbe ! Tu sais quoi ? Si on nous proposait un poste à H. et moi je pense que nous ferions nos valises illico 😉 Vive la Provence !

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Amélie 17 juin 2016 at 12:57

Bonjour Anne ! C’est un très joli billet que tu nous livres. Je crois que la conjoncture et la tension actuelle se ressentent partout. En France, mais aussi à l’étranger. L’actualité est tragique, partout malheureusement. Je n’y vis pas, mais j’imagine combien Paris a souffert des attentats. Même en n’étant pas sur place, en Province nous avons aussi été meurtris. Mais je crois qu’il faut continuer de chérir nos petits bonheurs quotidiens (comme aller boire un verre en terrasse), continuer à se battre pour ce que nous aimons (voyager, vivre dans la ville que l’on aime). Je pense sincèrement que les tensions dans lesquelles on baigne, sont alimentées souvent inconsciemment, car nous sommes connectés H24 aux médias de masse qui nous annoncent chaque jour des faits tragiques aux 4 coins de la planète. Nous le savons pourtant, nous ne sommes réellement et objectivement en sécurité nulle part. Alors je te rejoins sur l’idée que l’on ne quitte pas une ville qu’on aime encore. Peut être faut il que tu te laisses un peu de temps pour apprendre à rapprivoiser ta jolie Paris. Au passage, j’aurais adoré y vivre quelques années, car souvent de passage pour des vacances et des week-ends, elle m’a toujours charmée.

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Anne 17 juin 2016 at 1:21

Tu as raison, je dois me laisser encore un peu de temps pour réfléchir, et puis qui sait… peut-être que l’occasion de partir se présentera naturellement dans quelques temps ? J’imagine que la tension actuelle se ressent partout, comme tu le dis, les médias excellent dans l’art de radoter en boucle les mêmes informations (et malheureusement, en ce moment elles sont terrifiantes) ce qui n’aide absolument pas à prendre du recul :/
Je t’avoue que malgré moi, j’ai un changé ma façon de vivre depuis le mois de Novembre. Je n’ai pas encore réussi à aller voir un concert, j’évite autant que possible le métro aux heures de pointe… J’ai bien conscience que c’est idiot mais c’est plus fort que moi, j’ai du mal à faire certaines choses de manière insouciante. La possibilité, même infime, que tu puisses être fusillée sur la terrasse d’un café vraiment oppressante… Tes mots me vont droit au coeur en tout cas, merci <3

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Salomé 17 juin 2016 at 1:06

J’aurais tellement pu écrire cet article ! J’ai aussi grandi dans le Cotentin, un peu plus au sud, et j’ai quitté la Normandie un peu avant mes 18ans pour partir faire mes études à Paris. Ça fait aujourd’hui 3ans et je n’ai aucune envie de partir. Au contraire de toi, je désirais partir, j’étouffais là où j’étais je voulais voir autre chose, je voulais l’indépendance, la liberté. Je pense que cela est plus lié à mes fréquentations qu’à la région en elle même (lycée catho, fermé d’esprit toussa), et évidement je ne voulais pas recroiser ces gens à Caen. En fait, pour la première fois en sept ans (collège+lycée) j’étais mal là où on m’avait placée. Je voulais recommencer à 0 si on peut dire ça comme ça. Aujourd’hui je ne me vois pas quitter Paris, c’est inenvisageable, ma vie (ou ma jeunesse) est ici. J’ai d’ailleurs écrire un éloge à Paris sur mon blog il y a quelques mois. Paris a ce don de se faire aimer 🙂

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Anne 17 juin 2016 at 1:14

Oh, si ça se trouve à a fréquenté le même lycée 🙂
J’avoue que moi aussi je m’ennuyais un peu dans le Cotentin. A 18 ans, c’est normal d’avoir envie de découvrir autre chose, d’autant plus que la région du Cotentin est assez isolée, ça ne laisse pas beaucoup de possibilités. Mais je ne me voyais pas aller à Paris, ça me semblait « trop » pour la fille de la campagne que j’étais à l’époque. Avec le recul, je me dis que ce n’était pas plus mal cet énorme décalage, certes j’ai eu un vrai choc en arrivant à Paris mais au moins je n’avais pas de comparaison possible avec ma région d’origine, ce qui facilite énormément l’intégration ! J’espère avoir la chance de lire ton éloge à Paris alors 😉

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Virginie 17 juin 2016 at 1:23

Merci pour ce joli texte. Nous avons vécu 10 ans à Paris, y avons fondé notre famille (3 enfants de 2, 5 et 6 ans aujourd’hui), puis sommes en voyage depuis 9 mois…dans l’idée de ne pas « rentrer à Paris ». De tout ce que l’on a vu depuis le début du voyage – et pourtant nous avons vu des endroits splendides, et même des villes dans lesquelles j’ai le sentiment qu’on puisse trouver un meilleur équilibre – , je pense toujours que Paris reste la plus belle, la plus envoûtante, et elle me manque parfois aussi. Mais aujourd’hui nous recherchons autre chose et nous avons envie de tenter l’aventure ailleurs…
Je suis de celles qui pensent qu’on peut vivre 10 vies en 1, alors on a eu une vie avant Paris « en province », une vie à Paris, une en voyage, et après ? Je ne sais pas encore et qui sait, un jour peut-être ce sera à nouveau Paris…

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Anne 17 juin 2016 at 2:40

Je ne peux que valider ! Je disais justement plus haut que la richesse d’une vie c’est justement d’en avoir plusieurs, à des endroits différents 🙂 Et avec 3 enfants, je comprends que le besoin d’ailleurs se fasse sentir ! Profitez bien de votre voyage en tout cas, c’est une expérience merveilleuse et des souvenirs formidables que vous laisserez à vos enfants.

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Laëtitia 17 juin 2016 at 1:28

C’est drôle mais pour moi, c’est tout l’inverse : je suis née et j’ai grandi en Provence, et depuis mes cours d’histoire de primaire je n’ai plus cessé de rêver du jour où je découvrirai Paris, cette ville où tant de choses se sont passées ! Finalement, j’y ai mis les pieds pour la première fois à 18 ans, pour un tout petit stage, et moi la grande timide, je m’y suis tout de suite sentie chez moi. Mais Paris ne sera jamais chez moi en vrai (en tout cas, ce n’est pas en projet), car je rêve aussi d’une jolie maison, d’un jardin, et de la mer… Aujourd’hui, je prépare mes bagages pour partir loin (et sans retour) de l’endroit où j’ai toujours vécu. Un peu par peur, aussi, parce je crois qu’il n’y a plus rien pour moi ici, mais avec l’envie de découvrir autre chose, d’autres gens, une autre façon de vivre. Alors, pourquoi pas 🙂

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Anne 17 juin 2016 at 2:44

Tu as parfaitement raison de suivre ton instinct… Tu vois, ne pas avoir vécu à l’étranger est l’un de mes plus grands regrets. J’aurais adoré faire cette expérience à 20 ans, quand je n’avais ni amoureux ni enfants. Je sais qu’il n’est jamais trop tard mais bon, je crois que je n’ai jamais été prête finalement, et j’admire ceux qui comme toi, sont capables de s’affranchir et d’aller découvrir autre chose, de commencer une nouvelle vie. C’est tout à ton honneur et je te souhaite plein de bonnes choses, c’est une merveilleuse expérience !

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Laëtitia 18 juin 2016 at 9:58

Oh, merci, c’est si gentil ! Ce ne sera pas l’étranger pour moi, mais un bon millier de kilomètres quand même… Je crois que tu as raison, quoi qu’il en soit : il faut suivre son instinct. Mais c’est étrange de découvrir ce besoin d’avoir des racines…

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Vanessa 17 juin 2016 at 1:33

Alors moi c’est tout l’inverse de toi en fait 😉
Je suis originaire du Cotentin (Cherbourg) et à mes 21 ans je suis partie vivre dans l’Oise (en suivant mon amoureux) pour revenir en Normandie 5 ans après mais cette fois-ci à Rouen. Depuis la vie a fait son chemin, le Cotentin me manquait trop et en 2012 nous avons décidé, mon mari et moi de nous offrir une maison secondaire à Barneville-Carteret. La mer enfin retrouvée, nous y sommes tous les week-end et je dois t’avouer que si nous le pouvions nous viendrons vivre définitivement dans le Cotentin. Pour moi les conditions de vie y sont tellement agréables… Les gens ne sont pas stressés, la vie est moins chère, la mer est toute proche. Et aussi ma famille et mes amis d’enfance qui ont eu la chance d’y rester… J’aimerai tellement les retrouver définitivement !
Et puis, nous y sommes un peu plus insouciant que dans les grandes villes. Mon mari travaille la semaine à la Défense et depuis les attentats je me fais toujours un sang d’encre… A Rouen, cela reste encore « calme » (mais pour combien de temps ?)…

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Anne 17 juin 2016 at 4:05

A l’inverse de mon vécu, je comprends parfaitement que l’on puisse vouloir retourner dans le Cotentin ! Cette région me manque énormément mais mes parents n’y habitent plus, de ce fait je ressens moins le besoin d’y retourner. Mais j’y ai eu une enfance merveilleuse et heureuse, ce sont sans doute les plus beaux souvenirs de ma vie… Et j’aime beaucoup Barneville, c’était d’ailleurs la plage préférée de mon papa et celle qui à mon sens fait le plus « vacances » 🙂 (moi j’aime bien la plage de Sciotot car j’ai grandi aux Pieux)

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Kaylee 16 décembre 2016 at 7:58

Really interesting, and hilarious about UCSD’s concept of ornamentation! I’m curious to know what abtisnaomon-ityle architecture looks like — it sounds Lovecraftian! Impossible angles, non-Euclidean geometry? Is there a Cthulhu cult at UCSD?Also cool about Iceland. I’ve heard the saying “Iceland is all green, and Greenland is all ice.” Is that true? And if so, Iceland manages to be green without trees, huh?–lots of meadows, grasses, and mosses? It does sound beautiful.

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Katia 17 juin 2016 at 1:51

Plus parisienne que moi, tu meurs. Je suis née à Paris, et j’y ai toujours vécu, mis à part quelques trimestres d’études en province et à l’étranger. Longtemps je ne me suis pas vue vivre ailleurs.

Et puis, comme toi, les attentats de 2015 m’ont profondément perturbée, et j’y pense très très souvent avec émotion (mes frères ont frôlé le pire, s’en sont sortis miraculeusement avec à peine une égratignure, mais y ont perdu plusieurs amis à eux, qu’on connaissait depuis le collège… c’est un sujet qui me bouleverse à chaque fois qu’on en parle autour de moi)…

Ca, plus le fait d’avoir moi aussi fondé une petite famille, et de voir mes filles grandir dans un climat lourd, pesant, chargé de menaces, d’agressions parce qu’on porte un short ou une jupe un peu courte…. ça me fait beaucoup réfléchir, et souvent.
Leur offrir l’air plus pur, les grands espaces, une qualité de vie moins stressante et moins speed à tous points de vue…

Se balader aujourd’hui à Paris avec elles me laisse toujours au fond du coeur un petit frisson du style « et si on était au mauvais endroit au mauvais moment… » La fête de la musique, par exemple, me tentait bien, jusqu’à ce que ma petite voix me dise « oui, mais… et si ?… »
On ne peut évidemment pas s’arrêter de vivre et rester cloîtré chez soi, mais sentir en permanence cette épée de Damoclès au dessus de sa tête, c’est terrible…

Je me doute que tout n’est pas rose en province, non plus. Et puis il y a le tracas de trouver un boulot, chacun dans notre branche. S’éloigner des amis, de la famille (qui rend bien des services concernant les pitchounettes), la frénésie culturelle, les restos, les expos, les théâtres…

Je ne sais pas si on finira par sauter le pas, mais le sujet revient très régulièrement dans nos conversations personnelles. Il manque peut-être juste l’ultime déclic. Et comme tu le dis justement, je n’aimerais pas que ça soit juste « la peur »…

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Katia 17 juin 2016 at 1:51

(oh mince, la tartine…)

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faraway 17 juin 2016 at 2:04

Alors moi comme toi je me suis installée à Paris quand j’étais étudiante, pendant 10 ans, dans le 11eme que j’ai de suite adopté. Son côté village, ses bars et petites boutiques, ses commerces de proximité..
Puis, j’ai suivi mon chéri qui s’est fait muté en Espagne il y a bientôt 6 ans. Changement radical, qui nous a ouvert l’esprit sur des choses nouvelles, des échanges chaleureux avec les espagnols, le retour à la fête ( bah on est sortis comme jamais ! Alors qu’on faisait moins la fête à Paris ). Ca fait du bien, ça permet de prendre du recul.
Et là on s’habitue vite à un nouveau style de vie, génial en apparence; la coolitude des gens, le soleil ( bon ca c’est pas une apparence et c’est vraiment le gros gros avantage de Madrid ), les mojitos pas chers …:) le coût de la vie moins élevé.
Mais Paris m’a toujours manqué. J’y suis revenue très très régulièrement depuis tous ce temps. Je n’ai jamais voulu oublier cette ville, malgré ses défauts, pour tout ce qu’elle m’avait apportée et m’apportait toujours. Ce que je ne trouve pas encore ailleurs. Il faut sans doute continuer à chercher 🙂
Évidemment depuis tous les événements tristes de l’année passée, je sais que je ne retournais plus y habiter. J’ai un enfant et je ne veux pas qu’il grandisse dans un climat de méfiance, de manque de civisme entre les gens, et me demander tous les jours s’il est en sécurité dans son école..
J’aimerai toujours Paris, et j’ai fait le choix de continuer à profiter de ses bons côtes, Paris en tant que touristes… Mais à vivre, plus maintenant.
Madrid nous va bien pour le moment, mais nous pourrions bien en changer d’ici quelques temps.

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faraway 17 juin 2016 at 2:14

Ah oui je voulais aussi ajouter que bientôt, avec internet on pourra travailler loin d’une grande ville et profitant de la qualité de vie de la campagne ou du bord de mer.. Les grandes villes seront peut être moins surchargées et plus vivables pour ceux qui y seront restés..

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Marie Kléber 17 juin 2016 at 3:45

Comme toi Anne je suis une grande amoureuse de Paris. Petite je m’y rendais souvent mais je ne me voyais pas y vivre. Et puis j’ai adopté Paris après quelques années à l’étranger. Une évidence. Je m’y sens bien. Même si les attentats m’ont pas mal bouleversée. Même si à chaque fois que je m’attarde en terrasse je me dis ‘et si’. Même quand les nouvelles atroces me rattrapent.
Je ne sais pas si il existe réellement des endroits plus en sécurité que d’autres. C’est vrai que plus loin on se sentirait peut-être moins visé. Mais n’est-ce pas notre sensibilité qui parle quand des drames se passent ici et ailleurs. Et puis tous ceux qu’on laisse derrière nous, comment ne pas s’en faire pour eux, ne pas trembler, si loin d’eux.
ps – la maison et le jardin à la mer ou en plein cœur de la Provence, c’est tentant!
Prends soin de toi et des tiens

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princessevarda 17 juin 2016 at 4:14

C’est émouvant, ton texte…
J’ai l’impression que tu vis en différé ce que j’ai vécu.
J’ai passé 15 ans à Paris et comme toi, je n’en étais pas originaire.
J’en suis tombée amoureuse et je pensais y faire toute ma vie. Je n’aurais jamais pensé retourner « en arrière », là d’où je venais, à Marseille. Le père de mon premier fils avait cette crainte, que je veuille retourner dans le sud, et à l’époque, je lui riais au nez!
Et puis, la vie, les enfants, un nouvel amoureux, pur parisien, qui lui, voulait en partir, et mes fréquent aller retours lors desquels Marseille est (re)devenue une évidence.
Chaque fois que j’y remettais les pieds, un sentiment me prenait aux tripes, toujours plus fort, le sentiment que j’étais chez moi.
Je ne regrette pour rien au monde d’avoir fait ce choix, il y a 6 ans déjà, au bon moment, lorsque la vie parisienne est devenue pour moi trop oppressante, trop grise, trop de pluie, trop de monde.
J’ai mis plusieurs année à prendre plaisir à revenir. Les premières tentatives ont été difficiles, Paris me sortait par les yeux!
Aujourd’hui, quand j’y reviens, c’est avec un peu de nostalgie, du plaisir même parfois, mais jamais de regrets!

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Sandr 17 juin 2016 at 4:39

Merci pour ces mots qui font écho à ce que j’ai vécu et à la même réflexion que j’aie eue il y a 1 an maintenant. Originaire de l’est de la France, j’ai vécu à Paris 8 intenses années d’abord étudiante puis jeune active. Dans mon domaine, le marché de l’art, j’ai toujours pensé qu’hors de Paris point de salut… J’en ai profité à fond musées, expo, théâtre et toutes les merveilles que cette ville peut offrir. Mais comme toi un enfant et plusieurs événements tragiques plus tard, nous avons rapidement plié bagages vers notre région natale. Je me félicite tous les jours de ce choix et pourtant si on m’avait dit il y a quelques années que je retournerai vivre dans ma petite ville de province natale, j’aurais hurlé ! Aujourd’hui je la redécouvre, et cela va de pair avec une vie plus simple, plus douce moins étriquée. Un retour aux racines pour moi et mes enfants ( un 2nd vient de débarquer…) salvateur. J’ai follement aimé ma vie à Paris, et j’aime toujours autant cette ville mais aujourd’hui je me sens plus en paix avec moi même et je n’ai pas l’once d’un regret….
Bonne réflexion à toi…

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Melle Blanche 17 juin 2016 at 5:29

Ma vie pro a commencé à Paris, la vie à deux dans une minuscule piaule, puis un grand appart mais toujours pas assez de soleil.
L’appel du Sud, un peu trop d’ailleurs 32 km trop au Sud de la ville que nous visions.
Maintenant nous sommes à Marseille depuis 10 ans et nous « montons » dès que nous le pouvons pour faire des expos. C’est une autre façon de profiter de la vi(ll)e.
Niveau climat d’insécurité, venant de Marseille « craint dégun ».

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Catherine 17 juin 2016 at 6:19

Paris était mon rêve de provinciale et après 7 ans de vie commune c’est devenu un cauchemar puis j’ y suis revenue par facilité et quand, il y a presque 1 an, je me suis rendue compte que je connaissais par coeur les raccourcis du metro (comme tu le dis c’est un signe) j’ai fui de nouveau ! Paris je ne t’aime pas mais je ne t’oublie pas.

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Sophie 17 juin 2016 at 10:14

Je suis parisienne d’adoption, originaire du Pas de Calais, je suis arrivée dans la ville lumière en 2008 à l’âge de 19 ans.
Paris a été une claque, une énorme claque même … mais une bonne. Je suis arrivée avec les préjugés habituels que l’on peut avoir sur Paris et surtout sur les parisiens, aujourd’hui encore ma famille croit toujours en ces préjugés même si son jugement évolue au fur et à mesure des visites qu’elle me fait.
J’ai adoré Paris, tout y est possible, tout le temps. Paris fait grandir aussi et j’adore ça.
Mais je crois que je ne m’en rendais pas compte, comme nombreux parisiens, je reportais souvent à plus tard … or, en 2014, j’ai quitté Paris pour retourner dans mon coin d’origine et là je me suis rendue compte à quel point Paris est fantastique.
En province, il faut tout prévoir tout le temps, prendre la voiture tout le temps, bien rentrer dans le moule ….
J’ai tenue un an et demi, à vrai dire, Charlie a été le premier déclencheur, je me sentais touchée, je me sentais au mauvais endroit, j’ai quand même persisté, et puis le temps a passé et, le 13 novembre est arrivé, et là, j’ai vraiment compris qu’il fallait que je rentre « à la maison », la panique à l’idée qu’un de mes amis puisse avoir été au mauvais endroit au mauvais moment – d’ailleurs, j’avais un ami, sain et sauf, qui était au Bataclan …. et il n’est absolument pas parisien, il est lillois et avait juste fait le déplacement pour le concert – je me suis sentie impuissante, et surtout autour de moi les gens ne comprenaient pas, j’avais beau leur expliqué que j’habitais à deux pas de charonne et que je fréquentais beaucoup le quartier, je crois qu’ils n’arrivaient pas à visualiser.
Je suis rentrée à Paris en janvier, hébergée par une amie dans un premier temps ( ha oui, le parcours du combattant pour trouver un appart 😀 ), en arrivant à la gare, j’ai ressentie comme un grand soulagement, ça y est, j’étais à la maison, ce soir là, le taxi est passé par le centre de Paris, je me souviens qu’il me disait que j’allais voir le changement après les attentats, mais j’avais surtout les larmes aux yeux, je crois que c’est à cet instant précis où je me suis rendue compte de la splendeur de Paris !!
Depuis, j’ai trouvé un appartement dans le 14ème, au final, je ne vois pas trop de différences entre Paris avant et après attentats, je crois surtout que je vois Paris telle quelle est, forte et insouciante !
Maintenant, je ne reporte plus, je fais toutes les expos qui me tentent, je visite tous les quartiers que je n’ai pas visité avant, et vraiment j’en prend plein les yeux !

Paris, il a fallu que je la quitte pour mieux y revenir.
Désolée pour le message sans doute brouillon.

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Cécile - Misc 18 juin 2016 at 12:14

Paris j’y suis née mais je n’ai commencé à vraiment y vivre qu’à l’age de 20 ans. J’y ai passé des années fabuleuses de découvertes et de boulimies culturelles. J’étais toujours de sortie le soir, toujours prête à traverser toute la ville pour découvrir un nouveau spot trendy. Moi qui voyageais beaucoup dans des pays réputés dangereux où être seule dehors à la nuit tombée était inenvisageable, je me suis toujours sentie très en sécurité à Paris. Jusqu’au jour où je me suis faite agressée… Rien de grave sur le moment mais plus les mois ont passé, plus j’ai réalisé que j’avais changé, j’étais devenue méfiante. Quasiment toutes mes amies proches ont eu des ennuies dans cette ville ces dernières années, ça renforce ce que certains appellent un « sentiment » d’insécurité mais qui est malheureusement bien réel. Et je ne parle même pas des attentats qui m’ont complétement traumatisés.
Bref, Paris a commencé à m’écœurer. Les incivilités permanentes, la saleté des rues, les transports en commun bondés, les serveurs peu aimables, le bruit, la pollution, les queues pour les expos, les lieux sympas pris d’assaut, les espaces verts où tu ne peux plus te poser seule sans être importunée… Paris a eu raison de moi.
En rentrant de Tour du monde, c’était encore pire. Il y a tellement de capitales dans le monde où la vie est plus simple et plus douce que je me demandais ce qu’on faisait là avec mon homme. Et puis le salut a pris une forme très simple, celle d’un éloignement de quelques mètres. On s’est installé en périphérie, à 100 mètres de Paris, dans un quartier vert, calme, tranquille et familial avec le métro à 8 mn à pied. Couplé à une dreamhouse en Bourgogne (notre projet de vie est de nous y installer à moyen terme), on a trouvé un équilibre qui fait que nous avons maintenant avec Paris une relation beaucoup apaisée. Comme je suis free, je bosse chez moi et j’y vais plus par plaisir que par obligation, en horaires décalés dans la mesure du possible, pour éviter la foule. C’est un luxe rare, j’en ai conscience. Mais c’est aussi un choix, le choix de quitter un travail intra-muros, un salaire confortable et une sécurité acquise mais aussi un mode de vie qui ne me correspondait plus. J’ai fait le choix du slow, je consomme moins mais je n’en suis que plus heureuse. Il faut savoir s’écouter et savoir s’écouter à temps aussi…

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Aileza 18 juin 2016 at 1:54

Coucou Anne,
Tes interrogations font particulièrement écho aux miennes en ce moment. Moi aussi je suis dans une sorte de brouillard.
D’un côté il y a cette ville qu’on adore où on peut croiser toute l’humanité dans sa richesse et sa diversité.
De l’autre il y a une certaine lassitude qui s’installe, peut-être aussi qu’en étant mamans on supporte moins le manque d’espace, de verdure, d’air pur…
Le tout avec le contexte actuel très angoissant, et ce qu’on voyait comme des inconvénients mineurs avant prend le dessus.
On est nombreux à être perdus. Mais rien n’empêche de suivre son intuition et/ou ses désirs et de redémarrer une autre vie ailleurs sans se culpabiliser ni stresser.
Bonne route dans ton cheminement 😉

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Céline 18 juin 2016 at 9:07

Bonsoir, j’apporte mon témoignage à cette montagne d’autre. Comme vous, originaire de la Manche, « élevée » en banlieue parisienne plutot cosy, je n’aspirais avant qu’à repartir sur la cote. Le hasard du boulot et de l’amour en ont décidé autrement. Et ma belle-famille nous a aidé en nous proposant après l’arrivée de Junior de nous prêter un logement à Paris. Avant l’idée d’y vivre me hérissait le poil, moi qui supportait déjà difficilement ma banlieue « prout-prout » et puis je suis arrivée dans le 13e, dans un coin « village » pas très connu, plus mixte, plus vivant, plus famille. La première porte pour quitter Paris n’est pas loin mais je m’y sens incroyablement bien, comme une évidence; C’est un peu plus speed qu’avant mais aussi très petites villes de province, je connais mieux mes commerçants qu’en Banlieue, mes voisins du HLM ou de l’immeuble bourgeois d’à coté. Pour l’instant, les différents évènements ne m’ont pas fait changé d’avis. Seule mon fils et sa sécurité me ferait partir, sinon je suis heureuse dans ce quartier, comme je l’ai rarement été auparavant. Merci pour vos différents post, quelque soit le sujet. C’est un plaisir à lire (cela change des pages de pub d’autres 😉

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Serena 18 juin 2016 at 11:42

Hello,
Quel article touchant ! Je m’y retrouve énormément !
Je me qualifie de parisienne depuis toujours bien que je vive en banlieue. J’ai été au lycée à Paris, puis à la fac et j’ai trouvé du boulot à Paris. Mes sorties ? Toujours à Paris bien sûr. Tout y est tellement plus vivant, tellement beau, tellement enrichissant ! Puis cette année scolaire, j’ai trouvé du boulot en banlieue, pour la 1ère fois de ma vie. Et bien après les attentats j’ai poussé un « ouf » de soulagement. De toute façon, depuis Charlie Hebdo, je suis pleine de paradoxes : j’aime Paris, j’ai envie de vivre normalement, mais quelque chose me retient. Je continue d’aller à Paris mais parfois j’ai plus peur que d’autres, je ne sais même pas pourquoi. Pas facile de trouver des petits bouts de bonheur vu le contexte actuel. Je m’interroge sur les la vie en province, mais à chaque fois, je ne parviens pas à me projeter car pas assez vivant à mon goût (quelle ville de province pourrait bien surpasser Paris ? N’est-ce pas impossible à trouver ?).
En tout cas, désormais, quand je me déplace, je ne prends plus le métro. C’est idiot car ça ne sert à rien, mais je n’y arrive plus, je me sens oppressée. Je préfère le bus et la marche, peu importe tant que je vois la lumière du jour. Je crois que chacun est affecté mais que nous tentons tous de vivre le plus normalement possible. C’est pas évident mais la vie est si courte qu’il faut tenter de vivre heureux. Bisous à toi 🙂

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Clara 19 juin 2016 at 9:25

Coucou,

Alors moi je n’habite pas Paris et n’y ai jamais habité, je ne connais cette ville qu’en touriste, je t’avoue que je ne m’y suis jamais vue y vivre, je la trouve bien trop « speed » à min goût…Mais je comprends qu’on puisse y être heureux, jouir de sa culture, de sa mixité, de son bouillonnement, des ses monuments…
Ton témoignage fait malgré tout écho en moi car j’habite en appart, dans une grande ville de province (Rennes), que j’adore mais que je trouve de plus en plus dense (2000 nouveaux habitants par an), polluée et en manque d’espaces verts. Chère aussi si on veut y acheter une maison (mais bien moins que Paris bien sûr), et avec son lot d’incivilités… Je suis originaire des côtes d’Armor, j’ai grandi au bord de la mer (Perros-Guirrec, Ploumanac’h) et à chaque fois que j’y retourne je me demande si je ne devrais pas tout plaquer pour y installer mes enfants dans une grande maison au bord de la mer qui me coûterait moitié moins chère qu’à Rennes, respirer l’air pur, goûter à une vie plus simple, plus apaisée.
Mais je suis aussi dans l’ambivalence…Et je me dis que peut-être le calme, le manque de transports en commun, de sorties culturelles et le climat auraient raison de moi… Bref c’est très confus dans ma tête.

Il y a 2 mois j’ai fait une grosse crise en étant résolue à tout quitter..Mais pas possible pour l’instant…Et puis ça y est, nous achetons à Rennes un appart plus grand…Pour l’instant en construction, donc de toute façon pas possible de partir tout de suite…
Par contre ce qui est rigolo, c’est que je trouve que mes enfants, pourtant tout petits (3 ans 1/2 et un an 1/2) sont de véritables citadins. Ils adorent se balader en ville, aller à des concerts gratuits en plein air, dans des parcs…Et quand on va sur la côté où j’ai grandi, ils sont heureux, mais l’appel du large ne semble pas les happer plus que ça.
Bonne réflexion à toi en tout cas. La mienne sera encore longue aussi (ah la mer, ah la maison avec jardin..)…

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My Chuchotis 19 juin 2016 at 7:52

C’est drôle j’ai un peu le même parcours, je suis venue à Paris pour les études et je me suis attachée à cette ville sans le prévoir, j’y ai rencontré mon amoureux et nous avons eu notre fils et également notre bande d’amis venus de partout. J’ai aimé y vivre pendant presque 7 ans (en coloc puis en couple) mais en fait l’envie de quitter Paris s’est faite sentir dès que nous avons eu un enfant. Appartement trop petit, nature trop loin, et plus autant de possibilité de profiter de la vie parisienne : happy hours, visites de musée, sorties en tout genre avaient laissé place à la course dans le métro pour arriver à l’heure chez la nounou… et cette sensation de passer à côté de l’essentiel malgré tout ce que j’aimais dans Paris. Le logement inaccessible reste pour moi son gros point noir. La chance a fait que nous avons eu une opportunité à Marseille, nous y sommes depuis un an et on y est très heureux, dans le nombre de m2 qui nous convient pour nous épanouir (plus du double de Paris) et sans souffrance financière. Je me rends compte à quel point Paris ne nous convenait plus maintenant que nous l’avons quitté et paradoxalement comme nous y avons été heureux. Marseille est une ville dynamique, riche d’opportunités et de rencontres (on semble oublier, moi la première, que d’autres grandes villes le sont en France lorsqu’on vit à la capitale : comme si la Province se résumait à une gentille campagne), mais Marseille a surtout l’immense avantage d’être près de la mer et de la nature ! Le hasard a voulu que nous partions de Paris après les premiers attentats, je n’ai donc pas vécu les 2ème attentats même si je les ai malgré tout ressentis avec intensité… J’imagine ton ressenti quotidien. J’ai malgré tout l’impression que cette vie parisienne te comble toujours. Même si, comme tu le décris si bien, lorsque l’on vient d’ailleurs on a toujours cette idée plus ou moins lointaine de repartir un jour. Mais pour moi Paris restera un beau souvenir… que je suis contente d’avoir mis derrière moi. J’espère que cette peur te quittera vite et que si un jour tu déménages ce sera avec l’envie que tu décris !

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isa 20 juin 2016 at 9:20

Moi j’ai grandi à Paris, j’ai vécu à Paris, je m’y suis mariée, j’y ai fait un enfant, je connaissais tous les raccourcis dans le métro, je connaissais par coeur la carte du métro en fait!
et pourtant je n’ai jamais ressenti cette passion dont tu parles
quand j’ai quitté Paris il y a 10 ans, c’était une vraie bouffée d’oxygène, et aujourd’hui quand j’y retourne, je n’y trouve aucun goût particulier
depuis 10 ans, Paris a beaucoup changé et aujourd’hui j’ai presque l’impression que tout est trop facile par rapport à la rudesse et l’isolement de la campagne
de Paris je retiens surtout les commerçants dont tu ne croises jamais le regard, les voisins qui ne disent pas bonjour, le gens qui te bousculent dans la rue, la gare saint-lazare bondée où il faut tracer sa route avec science et perspicacité, le ciel gris qui peut durer des jours et des jours, l’absence d’air

je trouve ça beau cet amour de Paris que tu décris, eh bien moi je ne l’ai jamais ressenti en fait
par contre à Paris je me suis toujours sentie en sécurité, et vraiment…. c’était chez moi, la maison, vraiment la sécurité était le plus agréable, je pouvais me balader la nuit dans des quartiers un peu louche, jamais je n’ai eu peur (et pourtant je suis une peureuse)

alors ça c’est vraiment dommage ce que tu décris sur cette perte de sentiment de sécurité

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Lou 20 juin 2016 at 5:48

J’habite à Paris depuis 7 ou 8 ans, ce qui n’a jamais résulté d’un choix mais de ce qui me semblait être l’ordre des choses (sortie d’école, c’était binaire si je voulais trouver un travail dans ma branche : soit Paris, soit l’étranger).
Je suis une vraie citadine donc les reproches habituels du genre « les gens font la gueule/sont des hipsters/c’est pollué/y’a trop de monde/pas de nature » ne me dérangent pas outre mesure.
Et l »insécurité que je peux ressentir depuis les attentats n’est malheureusement pas associée qu’à Paris :/

En revanche, ce qui me décourage profondément à Paris, c’est le logement. J’ai 29 ans, je gagne 2800€/mois et j’habite dans un studio de 28 m² sympa mais qui me donne de plus en plus l’impression de vivre comme une étudiante.
J’ai l’impression que les « étapes suivantes » auxquelles j’aspire et qui dans mon milieu social sont la norme (avoir une chambre à part, avoir une chambre pour chacun de mes enfants, sans même parler de devenir proprio…) ne me sont pas accessibles à Paris et je sais que c’est ce qui me fera partir.
J’ai la chance que ça soit encore une question de choix pour moi mais ça m’attriste profondément de savoir que pour beaucoup Paris est devenue/reste inaccessible…

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Ally 21 juin 2016 at 12:47

C’est marrant, je t’ai toujours imaginée parisienne. Je me reconnais beaucoup dans ce que tu écris.
J’ai choisi de vivre à Paris, chaque jour je remercie tout ce qu’elle m’a amené… Toutes ces expériences que je n’aurais jamais pu vivre en province. Paris nourrit, Paris fait grandir. Mais comme tu dis, il faut savoir où la trouver et l’apprivoiser. Comme toi, j’ai été assez troublée par les derniers événements, et c’est dur de s’y confronter. Et comme tu dis, il ne faudrait pas la quitter pour les mauvaises raisons… Paris sera toujours Paris.

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Aurore 21 juin 2016 at 1:11

Je comprends ton ressenti, j’ai peur aussi dans le rer, j’ai une pensée pour les terrasses devant elsquelles je passe, ou je m’assoie. Nous vivons une période difficile, mais j’ai bon espoir que ça passe, et que nous retrouvions notre sérénité. Il y a d’autres endroits sur Terre tellement moins sécurisants que notre capitale …

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nanou 23 juin 2016 at 11:21

Bonjour Anne, je suis parisienne (maintenant dans la petite ceinture) depuis… Toujours. En ce moment, je rêve de moutons, d’herbe grasse et de plaisirs tout simples. Avec ton article, je me rappelle de ce que j’ai déjà ici : l’ouverture d’esprit, la culture, l’hyper accessibilité, l’histoire … et ca fait du bien de s’en souvenir ! Pour ma part, me sentir bien à l’endroit où je suis, c’est être pleinement vivante. Cela répond à demi-mots à la peur environnante dont tu parles. Merci pour ton article.

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Les plaisirs simples #6, – Emerveilleuse 24 juin 2016 at 8:17

[…] La Parisienne, ou pourquoi on haime Paris. J’ai littéralement adoré cet article. #Annouchka […]

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Alice 28 juin 2016 at 10:48

Bien que je ne suis jamais allé à Paris, mais j’aime aussi ma maison! Ce billet me touche beaucoup… J’espère que tout le monde a une magnifique maison! ^o^

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MamaFunky 7 juillet 2016 at 4:57

Je vais essayer d’apporter ma petite pierre a ton joli texte.
Moi je suis parisienne de « naissance », ayant toujours vécu à Paris, sauf pour mes études que j’ai fait à côté de Nice.
Charlie, et le 13 Novembre on casé quelque chose en moi. Quelque chose qui était déjà fissuré. Depuis la naissance de mes enfants en vérité, j’ai cette envie d’ailleurs.
Alors nous sommes partis à Marseille. Une autre grande ville, mais ou la vie y est plus douce. Et on reviendra à Paris. Ce sera différent. Mais au moins on en profitera vraiment.

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Anne M 16 juillet 2016 at 11:35

Bonjour, je découvre ton blog (super) et je voudrais également apporter mon petit témoignage de parisienne exilée en province.
Je suis née à Paris et y ai vécu jusqu’à l’âge de 30 ans. J’ai quitté ma ville adorée pour suivre mon conjoint originaire d’Aix…j’habite depuis 20 ans en province et je regrette encore Paris, son énergie, son métro qui ne sent pas bon (comme disent ma fille et mes amis), ses jardins, ses petites rues et ses beaux immeubles, son ambiance et sa vie culturelle. Aucune ville de province n’est comparable et mes amis (on se fait très vite des amis en province avec de jeunes enfants) qui n’apprécient pas Paris ne comprennent pas pourquoi cette ville me manque.
Pourtant, à chaque fois que j’y retourne, je m’y sens comme un poisson dans l’eau, je suis redynamisée.
J’ai grandi dans un appartement avec 3 frère et sœurs et nous n’avons jamais ressenti le moindre manque d’espace et de verdure…nous allions jouer et courir dans les parcs et nous partions en Bretagne ou dans le sud à chaque vacances, cela nous a toujours suffi.
J’étais étudiante à Paris lors de la vague d’attentats des années 85-95, fini l’insouciance, je suis devenue très méfiante et attentive à ce qui m’entourait à cette époque. Je pense que cela m’a beaucoup marqué car j’ai gardé cette habitude. Cependant, j’ai continué à vivre comme avant…Quant à l’incivilité et l’insécurité, elles existent malheureusement partout…je ne me suis jamais sentie plus en sécurité à Aix, Lyon ou Strasbourg qu’à Paris !
Les horribles événements de l’an dernier et celui de Nice ont réveillé les souvenirs et les craintes les plus profondes car aucun lieu n’est à l’abri, cependant je vis normalement même si je suis un peu plus inquiète.
J’ai été un peu longue mais je pense qu’il faut choisir de partir ou rester selon ton ressenti…j’ai été contrainte de quitter mon univers parisien et ce fut un réel crève cœur, je suis certaine que si cela avait été mon choix, je ne ressentirai pas ce manque de Paris depuis 20 ans car la vie est très agréable en province 🙂

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Escarpins et Marmelade 22 juillet 2016 at 7:23

Je n’avais pas lu ce billet, mais il m’a beaucoup émue, moi qui ai quitté Paris la mort dans l’âme. Comme je comprends et partage ton amour pour cette ville merveilleuse avec laquelle, comme tu dis, on ne peut nouer qu’un amour passionnel.
Tes photos et tes mots m’ont fait du bien.

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comptines bébé 2 août 2016 at 8:09

Joli reportage photo.
Il faut en effet des mois voire même des années pour s’approprier Paris….Mais une fois cette étape réalisée, Paris devient une capitale très attachante qu’il est difficile de quitter.

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Trek Vietnam 15 août 2016 at 4:07

Tes photos donnent envie de decouvrir Paris dans chaques recoins. Je n’ai eu l’occassion que d’y passer en coup de vent donc je ne suis pas plus attaché que cela a la ville.

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Gabrielle 1 septembre 2016 at 12:18

J’ai grandi dans un village du var et j’ai adoré ça puis quand l’heure de partir est venue pour les études et le travail j’ai choisi la « grande » ville : Nice! Lors du 13 novembre j’étais sur Paris j’ai pleuré comme tout le monde et j’ai culpabilisé car je n’avais qu’une hâte retrouver la sécurité niçoise, je me suis dit loin de Paris ça va aller ça ne peut pas nous arriver…. Et puis le 14juillet…. Et l’atrocité de se dire que c’est arrivé dans MA ville celle où j’ai écumé les soirées étudiantes, où j’y ai rencontré mes amis, mon amoureux, là où j’ai acheté mon premier appart et pris mon premier job…. Aujourd’hui je suis enceinte et je n’ai qu’une envie retrouver cette vie à la campagne que je trouve tellement insouciante….
Paris est magnifique et Nice fantastique mais pour ma part je crois que je suis vraiment une fille du grand air!

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Kathou 12 décembre 2016 at 12:04

Bonsoir, enfin l’occasion pour moi de parler de Paris. Paris, c’est ma ville, celle qui m’a vu naître et dans laquelle mon arrière-arrière grand-père était cocher de fiacre au début du siècle dernier. Je me sens parisienne sans aucun doute et pourtant à 43 ans, j’ai pris mes cliques et mes claques pour rejoindre le sud…Paris je l’aime et je la déteste…C’est une grand histoire d’amour… Aussi belle que cruelle ! le bilan de 7 années passées loin d’elle n’est ni tout blanc, ni tout noir. J’avoue, parfois elle me manque, sa vie, sa culture, son architecture me manque et quand j’arrive gare de Lyon, j’ai toujours l’impression de rentrer chez moi mais pourtant quand je suis en Décembre en plein soleil en ballade sur la plage, là je suis très loin d’elle et plus tout envie de la voir. Quand à la caisse du supermarché, je peux discuter 5 minutes avec la caissière adorable et détendue, je me dis que je ne pourrais jamais rejoindre le stress parisien. Au début d’ailleurs, j’en avais les larmes au yeux de cette gentillesse…Bref, je ne pourrais jamais choisir, j’ai abdiqué…Mon idéal serait les deux…6 mois au grand air et 6 mois a Paris…Merci pour ton article

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Cécile 20 février 2017 at 1:24

Bonjour Anne, je rentre d’un week-end à Paris et je pense que cet « amour-haine » est le lot de beaucoup de capitales. Je suis berlinoise d’adoption depuis 20 ans (j’ai épousé un berlinois), originaire de la Savoie et fille de parisienne. Ma mère et sa famille ont quitté Paris dans les années 70-80, mais cette ville fait partie de mon enfance (séjours chez mes grands-parents) et des histoires de famille depuis des générations. Par contre, autant Berlin est une ville avec de l’espace, beaucoup de verdure, et financièrement abordable, autant Paris m’oppresse. Ville magnifique à visiter, mais pour y vivre, je préfère la capitale allemande, même si certains jours je la déteste! En ce qui concerne les attentats, je ne me sens pas toujours à l’aise dans les transports en commun, et j’avoue que j’éviterai maintenant les marchés de Noël trop touristiques.
Merci pour ton blog, j’adore tes articles!

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Titou 7 mars 2017 at 11:02

Bonjour Anne,
Ancien Parisien, j’ai quitté Paris il y a 7 mois.
Pour ma santé physique et mentale.
J’ai vécu à Paris 29 ans. Je n’ai pas la chance d’avoir vécu à Montmartre, et j’ai quasi tout le temps vécu en banlieue proche, puis dans le 12e, 13e.
La vie était devenue irrespirable. Pollution de plus en plus forte, particulièrement dans les transport.
Mon besoin de nature n’a eu de cesse de grandir et je suis parti à sa rencontre.
Aujourd’hui je peux me permettre d’aller en montagne juste avant de bosser.
Ma copine habite à 40km de chez moi. Mes amis parisiens me disent que je suis fou. Sauf que je mets 40 min pour la rejoindre, sur une route qui longe le lac d’Annecy. Un pur moment de plaisir durant lequel je ne suis confronté aux gens fous du métro, aux odeurs, à l’agressivité des gens fatigués et stressés par leur travail.
Paris est une belle ville, aux services plus que pratique, il faut le concéder.
Mais je suis heureux d’être parti. Peut être reviendrai-je m’y installer. Mais vu ma réaction épidermique au bruit, à l’agitation auxquels je me suis vite déshabitués cela m’étonnerait fort !
Merci pour cet article.

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Lice 11 avril 2017 at 7:33

Un très beau témoignage et une jolie déclaration d’amour pour Paris. Je vais bientôt emménager dans la Capitale pour le boulot et qu’est-ce que j’ai peur! En tout cas, merci pour ces mots 🙂
Bises, à bientôt

Lice – http://www.leblogdelice.com

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