66 province - Le blog d'Annouchka
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Paris

posted by Anne 4 août 2009 29 Comments

concorde

Tous les jours je me dis qu’il faudrait que je vienne écrire sur ce blog. Mais c’est l’été, j’ai envie de procrastiner… Alors je surfe tranquillement, je bouquine, et puis surtout, je voyage. Je ne vais pas bien loin, mais je bouge, je fais tout pour passer le moins de temps possible à Paris.
Je culpabilise, j’ai le cafard aussi. Car cette ville que j’ai tant aimé, cette ville où j’ai appris à devenir adulte, me fatigue aujourd’hui plus qu’elle ne m’émerveille.

J’ai grandi dans le Cotentin, dans une petite bourgade de la Manche, au bord de la mer. Je me souviens à quel point j’étais mi-effrayée, mi-excitée quand il y a 7 ans, j’ai posé mes valises à Paris pour terminer mes études d’Histoire de l’Art. Quand on vit dans un village au fin fond de la province, Paris c’est un peu la ville qu’on veut éviter à tout prix, parce qu’elle fait peur et que les mauvais clichés ont encore la dent dure.

Le souvenir de mon premier cours d’histoire ici, me fait toujours sourire. Le prof n’arrêtait pas de parler de « L’Ile de la Cité », et je me revois encore toute penaude demander à mes camarades de classe (parisiens, eux), ce qu’était cette fameuse ile en plein Paris… (oui, à ce point là… quand je vous dis que je viens de la campagne). Et je n’ai jamais eu à subir aucune moquerie à ce niveau, mes camarades ont toujours pris plaisir à me faire découvrir leur ville et me sortir peu à peu de mon ignorance. En fait je me suis toujours sentie bien accueillie ici, les gens font preuve d’une grande ouverture d’esprit et sont très tolérants contrairement à ce qu’on a tendance à penser partout ailleurs… (les fameux clichés sur les parisiens).

7 années ont passé depuis. 7 années qui ont filé à vitesse grand V,  à force de vivre à cent à l’heure. Et rien que d’y penser, ça me fiche la frousse.
Parce qu’aujourd’hui je sens bien que j’ai envie d’autre chose. J’ai envie de verdure, j’ai envie de calme, j’ai  envie d’une  petite maison, d’un jardin dans lequel j’imagine des enfants jouer à la balançoire et mon chat chasser les souris.

J’ai envie de vivre là où le ciel est toujours bleu.

Mais quand je me promène à pieds, seule dans la capitale, je me rend compte à quel point je lui dois tout. Je réalise que j’ai beau râler à tout va (mais c’est typiquement français ça, non), crier à qui veut l’entendre que le métro m’insupporte, au fond je me sens bien ici.

Parce que c’est chez moi. Parce qu’à Paris, je ne m’ennuie jamais.

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