Le complexe du travail en entreprise

Chroniques
52 commentaires

bureau-scandinave

Source : Stadshem.se

Ce midi, je déjeunais avec une amie et inévitablement, la question de nos boulots respectifs et de la confiance en soi est venue sur le tapis. J’ai remarqué que le sujet est quasi systématiquement évoqué chez les trentenaires (35 ans bien tassés pour ma part) d’ailleurs, beaucoup de mes amis ont l’impression d’être dans le creux de la vague professionnellement parlant. Bien sûr, chacun sait qu’en matière d’emploi, les temps sont durs (le taux de chômage reste trop élevé) et plus personne ne s’étonne de la précarité des uns et des autres… J’ai des amis de plus de 30 ans qui enchaînent encore les piges, les CDD ou les contrats en intérim depuis la fin de leur études (soit 10 ans pour certains !) alors que la logique voudrait que leur situation soit enfin stable, après tant d’années de galère. Malheureusement, ce n’est pas le cas pour certains qui ont vraiment du mal à joindre les deux bouts. Pour ma part, je mesure ma chance d’être en CDI dans une grande entreprise qui crée sans cesse de nouveaux projets et évolue constamment. Cela m’a sans doute aidée à construire ma vie de famille, ce dont je suis sûre c’est que j’ai gagné en sérénité. Un salaire fixe qui tombe tous les mois, c’est quelque chose de très précieux de nos jours, surtout avec un enfant (bientôt 2 !) à charge, et j’avoue que pour l’instant cette situation me convient. Cela peut surprendre quand on sait que j’ai connu les joies de l’entrepreneuriat il y a quelques années, avec mon amoureux. Ce fut une expérience inoubliable et enrichissante, qui par chance a cimenté notre couple plutôt que de le briser (cela arrive fréquemment chez les couples d’entrepreneurs). Malgré tout, certains moments furent très difficiles à vivre et l’aventure, aussi belle et excitante fut-elle, ne fut pas de tout repos.

Ce que mon amie disait ce midi à notre pause déj, c’est qu’elle se sentait un peu coincée entre deux générations, pas tout à fait la génération X et pas tout à fait la génération Y non plus. Avec cette impression, peut-être, de manquer de repères et de devoir sans cesse se remettre en question sur le plan professionnel. Ces derniers temps, c’est l’entrepreneuriat qui est mis en avant  (surtout sur le web) et érigé comme un modèle de liberté professionnelle ou de choix de vie, tout simplement. Dans les faits, je suis d’accord pour dire que se lancer dans la création d’une entreprise à 30 ans (ou même à 25 ans comme c’est de plus en plus le cas) est une source d’inspiration incroyable pour tous ceux qui, jeunes ou moins jeunes, ne s’épanouissent pas forcément en entreprise ou se sentent bridés dans leur créativité. Car il est vrai qu’à part quelques exceptions, à moins de travailler en agence, dans la pub ou tout autre métier purement créatif, travailler en entreprise inhibe la créativité. Ce que l’on vous demande, bien souvent, c’est d’exécuter une ou plusieurs tâches, remplir vos objectifs tout en obéissant aux règles fixées par l’entreprise ou votre manager. Bref, rien de très excitant à première vue, c’est une évidence. Et personnellement, je suis bluffée de constater le nombre ahurissants de très jeunes diplômés, ou pas d’ailleurs, se lancer dans la création d’entreprise ou en free lance avec autant d’assurance. Je me sens effectivement coincée entre cette génération hyper audacieuse et celle de mes parents, plus « plan plan » (ce qui n’est pas péjoratif) dont le plan de carrière était bien souvent de garder son travail toute sa vie pour offrir une qualité de vie honorable à sa famille. Concernant nos parents, en tout cas les miens, l’épanouissement professionnel n’a jamais été au premier rang de leurs priorités. De nos jours, cela peut sembler triste, mais pourtant je n’ai jamais vu les miens en souffrir. Mes parents se sont tout simplement accomplis en dehors de leur travail, auprès de leurs enfants principalement. Le travail était tout simplement le moteur pour les accompagner dans leur vie et leur offrir la liberté de profiter de leur famille.

Je le redis, je trouve ça formidable de quitter le monde de l’entreprise pour créer la sienne et inventer son propre métier, comme l’a fait Noémi, par exemple. Ceux qui entreprennent me laissent admirative et je ne sais toujours pas si j’aurai à nouveau le courage d’oser, dans un futur proche. Là où je tique un petit peu, c’est que je lis souvent que devenir freelance ou lancer son activité est synonyme de liberté. Comme si l’entreprise était une prison et qu’on ne pouvait pas s’y sentir libre. Hors, je pense que la notion de liberté est très subjective. Pour certains, la liberté c’est de pouvoir organiser son emploi du temps à l’envi, pour d’autres, ce sera la sécurité de l’emploi et l’assurance de protéger les siens sur le plan financier. Pour moi, par exemple, c’est un métier « qui ne m’empêche pas de penser à ce que j’aime », peu m’ importe l’environnement et le cadre. Le jour où mon job ne m’inspirera plus et que je ne me sentirai plus libre de créer, de rêver, d’entreprendre des projets, alors je me poserai la question de partir. Mais l’argument que j’entends le plus souvent, c’est « tout le monde peut monter sa boîte, il suffit de le vouloir ». Je pense que c’est en partie vrai, on n’obtient rien sans faire d’effort et heureusement. Mais je vois autour de moi trop de personnes complexées voire déprimées parce qu’elles sont dans la même entreprise depuis cinq ou dix ans, perdent confiance en elles, comme s’il fallait absolument changer de job le plus souvent possible pour montrer qu’on est capable de gagner en compétences et d’évoluer. Il y a peut-être une part de vérité, ou pas. Chaque parcours professionnel est différent, il n’y a pas qu’un seul modèle de réussite professionnelle et surtout, personnelle.

Là où j’aimerais en venir, c’est que je trouve dommage de douter de soi et se remettre constamment en question si « par malheur » on travaille en entreprise, parce que la norme actuelle est de créer sa boîte. Si vous avez envie de changement et que vous vous sentez prêts à tout plaquer, faites-le, c’est une aventure grisante que vous ne regretterez probablement pas et vous en apprendrez beaucoup sur vous-même. Mais ne vous forcez pas, n’ayez pas honte de ne pas oser et ne faites pas un complexe de l’entreprise, surtout si ce modèle vous convient. Vous croiserez toujours des gens qui ont « eu le courage, eux » de se lancer (et tant mieux pour eux) mais votre travail ou votre personne n’en ont pas moins de valeur. Ne doutez pas de vous ou de vos compétences, soyez convaincus que votre choix est le bon. Et si vous ne l’êtes pas tout à fait, pesez le pour et le contre en regardant autour de vous : est-ce que je suis heureux ? Est-ce que mon bonheur dépend de mon travail uniquement ? Est-ce que je ne pourrais pas proposer des projets sympas à mon boss pour m’épanouir un peu plus ? (il faut tenter, tous les patrons ne sont pas des tyrans), est-ce que je me sentirais vraiment plus libre si je travaillais à mon compte, avec tous les avantages mais aussi les difficultés que cela incombe (saurais-je tenir le rythme et ne pas baisser les bras ?). Vous êtes les seuls à savoir ce qu’est vraiment, pour vous, la notion de liberté.

Rendez-vous sur Hellocoton !
Tweet about this on TwitterShare on FacebookPin on PinterestShare on Google+

Anne

Je m'appelle Anne et je suis maman d'un petit garçon de 3 ans. Parisienne depuis dix ans, je vis sur les hauteurs de Montmartre. Dans la vie je suis aussi directrice éditorial du site hellocoton. Vous pouvez me suivre sur Twitter, Pinterest, Hellocoton et Facebook.

52 Commentaires

  1. Ton débat est très intéressant.
    Je me suis souvent dit que j’adorerais monter ma boîte.
    Or, quand j’ai ouvert un statut d’auto-entrepreneur pour une activité secondaire, je me suis rendu compte que le stress d’être responsable de sa propre paperasse, de n’avoir personne pour nous aiguiller, etc. était difficile à gérer pour moi.
    Je suis persuadée aussi qu’on peut s’épanouir en entreprise (ou dans un boulot de fonctionnaire d’ailleurs), mais il faut, comme partout, savoir se remettre en question et se fixer de nouveaux défis pour ne pas « s’endormir » !

    • Figure-toi que j’ai du prendre le statut d’AE aussi cette année pour certains projets auxquels je voulais collaborer. Ça m’a semblé une montagne, ces contraintes administratives supplémentaires, sans compter qu’il faut sans cesse aller à la pêche aux infos !

  2. Tes mots font du bien, je suis sûr qu’ils en apaiseront plus d’un(e) 🙂 Pour moi la question ne se pose pas tellement, étant professeur d’anglais, mais je n’exclus pas l’idée de changer de travail si je me lasse de mon métier un jour, peut-être même de me lancer dans quelque chose de complètement différent en freelance. Pour le moment je m’éclate à enseigner, j’ai un salaire stable et mon blog me permet d’être encore plus libre et créative à côté donc c’est un bon équilibre !
    Merci pour cette jolie réflexion et à bientôt Anne,
    Sarah

    • Prof c’est un très joli métier, surtout ces derniers temps où le défi de l’enseignement est amplement plus dur à relever 😉 Bravo !

  3. Merci pour cet article très intéressant.
    Je suis arrivée dans une nouvelle région « à cause » du travail de mon conjoint et j’ai mis un certain temps à trouver du travail. L’idée de « monter quelque chose » m’a souvent traverser l’esprit à cette période, mais je ne m’en sentais pas capable, non pas par manque d’entrain, d’envie, de projet, d’organisation, mais par manque de sécurité financière pour le faire. Du coup, je me suis contenter des missions intérim jusqu’à trouver ma place actuelle, salariée du association, qui m’a fait passer de CDD très partiels au début, jusqu’à la place de directrice depuis début septembre. Belle évolution, j’ai eu de la chance. Et le secteur associatif me laisse pleinement le temps d’innover, de créer des projets, de les développer, de les faire vivre, de les faire connaître. J’adore mon travail. Mais au fond, je sais aussi que j’adorerais avoir « un truc » à moi, un espace professionnel monté de mes petites mains, aménagé et pensé par et pour moi, dans d’autres secteurs. Un jour peut-être…

    • Tu es l’exemple parfait démontrant qu’il n’y a pas que dans les grandes entreprises que l’on peut s’épanouir / évoluer. Certaines petites structures le permettent aussi et j’imagine que l’expérience est infiniment plus humaine et enrichissante, surtout dans une association !

  4. je crois que chacun doit faire comme il le sent
    les normes évoluent
    dans certains domaines au contraire c est le CDI qui est la norme les gens en CDD ou interim sont considérés comme des moins que rien alors qu ‘ils font le même boulot sauf qu ils n ont pas les 3 lettres magiques
    l entreprenariat n est peut être pas fait pour tout le monde
    je ne sais pas si moi ça me conviendrait
    et puis ça dépend des phases il y a des moments où les cdd peuvent être intéréssants pour certains et d autres moments où ils le sont moins
    surtout qu en France sans les 3 lettres magiques difficiles surtout dans les grandes villes de pouvoir se loger des fois mêmes avec garants des parents c est difficile
    les modes évoluent
    pt être que demain cela sera autre chose la norme
    je sais que j adore l espace qu est mon blog où je suis seule maitre à bord
    je m’éclate comme une folle

    • Je crois aussi que chacun fait comme il peut, en fonction de ses bagages et des opportunités que l’on rencontre (ou pas) en chemin… Tu as raison, il faudrait effectivement que le système évolue et que le CDI ne soit plus le sésame pour avancer dans la vie sur le plan perso.

  5. Marlène a écrit

    J’ai beaucoup aimé ton article. J’ai commencé ma carrière comme entrepreneur en montant un site e-commerce. J’avais à 21 ans, l’impression d’être libre comme l’air… Ca a duré 4 ans puis j’ai éprouvé le besoin de travailler en entreprise. Parce qu’avoir cette expérience de l’entreprise aide beaucoup à comprendre ceux qui, en freelance, sont nos clients. On ne le réalise pas toujours mais chaque milieu professionnel a ses codes et son langage… et quand on ne les connaît pas, on a parfois des « rendez-vous manqués » avec des gens qui te croient sur une autre longueur d’ondes.

    Alors aujourd’hui, je pense que le passage par l’entreprise à un moment donné est aussi une très belle leçon, ne serait-ce que pour apprendre le fonctionnement et les contraintes de ce type d’univers… Il y a des métiers où c’est aussi l’occasion de travailler sur de gros projets que l’on n’aurait pas décrochés en freelance, de parfaire et d’enrichir ses compétences au contact de gens qui ont des parcours différents…

    • C’est tout à fait ça… Tu sais, moi j’ai tendance à penser « qu’ensemble, on va plus loin » 🙂 Mais c’est surtout une question de personnalité, je connais des gens en freelance capables de déplacer des montagnes et de monter des gros projets en solo… Ça me laisse totalement admirative !

      • Marlène a écrit

        Je pense qu’aujourd’hui, le freelance est quand même moins isolé qu’à une époque. Il y a tous les espaces de coworking, les réseaux sociaux qui permettent d’échanger et de nouer des contacts, les sites et blogs sur le sujet, etc. Ensuite, comme c’est devenu un mode d’exercice répandu, j’ai l’impression que la majorité des gens ne perçoivent plus ça comme une « singularité sociale » mais comme un simple choix de vie. Il y a 9 ans, quand je disais que je travaillais de chez moi, on me regardait avec des yeux ronds et je n’avais pas l’impression d’être prise très au sérieux.

        Je pense que les freelances actuels peuvent ne pas s’isoler… à condition d’avoir cette envie d’aller à la rencontre d’autres personnes, d’écouter des conseils, de collaborer avec des expertises complémentaires à la leur, etc. Bonne fin de soirée !

  6. Kejumaman a écrit

    Quelle jolie réflexion ! Ton billet me parle car mon ex conjoint a été à son compte pendant 5 ans. Beaucoup de soucis surtout dans le milieu du bâtiment (merci la crise). On avait décidé d’arrêter car plus de vie de famille, beaucoup de stress etc… Aujourd’hui suite à ma reconversion je suis fonctionnaire « contractuelle » car dans le milieu hospitalier il faut bien compter 6 ans avant d’être titularisé. Mais ça ne m’inquiète pas car j’ai cette sécurité de toucher mon salaire par virement le 28 de chaque mois ! A l’heure actuelle c’est une chance. Mais surtout, SURTOUT , je fais enfin le métier que j’ai toujours voulu faire depuis la 3ème. Mon entourage n’a pas forcément compris car j’étais secrétaire juridique dans un cabinet d’avocats pendant 7 ans et j’ai démissionné pour faire ce que j’aime. Aujourd’hui et encore plus au vu de ma situation je me dis que j’ai bien fait de penser à moi et de concrétiser mon rêve !

    • Bravo pour ta reconversion réussie ! Et merci de partager cette belle expérience avec moi 😉 Je suis heureuse de lire que ton métier te plaît… Ton entourage devrait saluer ton initiative d’exercer un métier résolument tourné vers les autres. Ton parcours est très inspirant et un bel exemple à suivre pour tous ceux qui rêvent de changer de métier !

  7. Sujet très intéressant, je me sens assez concernée, surtout en ce moment. A la recherche d’un emploi… je me rends compte que je suis désormais incapable de travailler en entreprise, l’heure est grave mais, avoir des contraintes, un patron, des obligations… me freinent, me rebute totalement.
    Peut être est ce juste parce que je n’ai pas trouvé le job de mes rêves, celui qui me permettra de m’épanouir et d’en faire profiter ma famille.
    Dans ce contexte, je me suis lancé comme auto entrepreneur en tant que rédactrice mais surtout blogueuse, beauté notamment. Je m’y sens bien, libre, je le fais avec plaisir, bien que les fins de mois soient rudes.
    J’admire ton travail et je veux bien croire que tu t’y plaise, ce serait un peu le taf que j’espère.
    Mais j’apprécie également ton point de vue.
    A bientôt.

    • Mon avis, c’est que même en bossant à son compte, on rend forcément des comptes à quelqu’un à un moment donné (un client, une agence avec laquelle on travaille…) mais peut-être que je me trompe ? Après, c’est sûr qu’il y a moins de contraintes que la vie en entreprise, au moins tu peux t’organiser comme tu veux et rester maître de tes projets ou de tes horaires 🙂 Moi, personnellement cela ne me gène pas car je sais que j’ai besoin d’un cadre pour travailler efficacement et l’entreprise t’offre ce cadre dès le départ (je pense qu’en solo je tatônnerai beaucoup plus et surtout, j’ai un vrai besoin de bosser en équipe !). En tout cas, je suis contente de lire que tu as trouvé ton équilibre ! C’est la preuve que tout est possible !

  8. L’entreprenariat n’est pas pour tous effectivement mais je pense que cette grande mise en avant dans les médias notamment ne peut que faire du bien à notre société française « complexée du travail ». Je rêve d’une France ou le mot CDI ne soit plus un tel graal autant dans les mentalités que dans l’administration (banque, assurance, immobilier…et les parents !!!!). La liberté c’est de pouvoir choisir, c’est déjà ça

    • tout à fait d accord
      ce sont les 3 lettres magiques qui m agace
      on dit soyez flexible sauf que en face personne ne l est pas l agent immobilier, ni la banque… Personne j avais écrit la dessus

  9. J’ai l’impression que c’est très actuel de penser toujours que l’herbe est plus verte ailleurs, d’envier la situation des autres (ou plutôt l’idée que l’on s’en fait), au lieu de tirer profit de sa propre situation comme le faisaient nos parents.

    J’ai la double casquette, chef d’entreprise et salariée, avec un salaire régulier qui tombe tous les mois, un CDI, mais aussi des « vacances » où je pars avec mon ordi et mon téléphone pro. Je travaille seule, donc je peux travailler chez moi, au bureau, ou n’importe où. Garder mon fils avec moi si il est malade sans poser un jour de congé, aller au sport dans la journée si j’ai bien organisé mes rdvs. Mais à côté de ça je ne décroche jamais, c’est fatiguant (mon congé mat a réellement duré 2semaines, il y a des choses qui ne se délèguent pas), et surtout je n’ai pas de collègues avec qui boire un verre, que des clients et des salariés, qui bien que très sympas ne peuvent pas devenir des amis.
    La fatigue et la solitude du chef de petite entreprise sont des réalités, qui ne rentrent que rarement dans le tableau idyllique de l’entrepenariat.

    Mais, malgré tout, je ne regrette pas mon choix et la liberté que ce statut me procure ! (j’ai juste un gros budget osteo et salle de sport pour gérer le stress ;), dommage que cela ne puisse pas passer en frais )

    • Pour avoir connu une longue période de travail non-stop (où je bossais aussi en vacances) je sais aujourd’hui à quel point mes « vraies » vacances sont un luxe et j’imagine que c’est d’autant plus dur quand tu as, en plus, un enfant à gérer 🙂 Bravo, vraiment !

  10. Ah entrepreneuriat!!! C’est sur en ce moment c’est à la mode c’est tendance. Pour moi c’est différent car j’ai vécu avec un père artisan (oui entrepreneuriat ce n’est pas que des projets virtuels!) et je ne l’ai pas super bien vécu en tant qu’enfant, j’ai vécu cette insécurité financière, le stress de mes parents, les embrouilles et les galères. Pourtant moi aussi 1 année après mon diplôme en poche après beaucoup de piges et quelques expériences j’ai monté ma mini entreprise de photographe. Mais j’ai eu le besoin de sécurisé tout ça par un mi temps salarié. Pour moi c’est vraiment mon équilibre, j’ai essayé d’en changer et je n’ai pas réussi. Alors oui j’ai l’impression d’être accomplie à moitié car mon emploi salarié est inintéressant au possible mais en attendant c’est un vrai de sécurité! L’an prochain mon employeur prend sa retraite, pour autant je n’envisage plus ne vivre que de mon activité de photographe car j’ai conscience d’avoir besoin de stabilité, alors ce sera à moi de trouver la bonne formule pour l’année prochaine!

    • Franchement, je pense que tu as trouvé un bon équilibre qui te permet de profiter des avantages du free sans en subir trop les contraintes (l’insécurité notamment). Et n’être freelance QUE à mi-temps, pour moi c’est déjà énorme !

  11. C’est vrai que dans le monde de la comm’, au sens large, entrepreneuriat est très bien vu. J’ai le même employeur depuis dix ans, le même poste (qui a évolué) depuis huit, ce n’est pas rose tous les jours mais je n’ai pas la certitude que l’herbe soit plus verte ailleurs et ce qui compte pour moi n’est pas au bureau. Merci pour ton article déculpabilisant 😉

  12. Merci beaucoup pour ton lien, et je dois dire que je partage tout à fait ton point de vue. Si pour moi, mon statut est synonyme de liberté, il est une contrainte pour un grand nombre de personnes qui ne l’ont pas choisi. Je trouve d’ailleurs assez risqué de se lancer tout de suite après ses études parce que le statut d’AE est si facile à obtenir et qu’on a un vague contact qui a une mission pour nous. Cela crée aussi encore plus de précarité.
    Tout ça pour dire que la liberté, la vraie, c’est d’être dans une situation qu’on a choisie. Et si c’est la salariat, parfait !

    • En plus, je crois que beaucoup se trompent à propos de la pseudo facilité du statut AE. C’est vrai qu’il se crée en deux ou trois clics mais ensuite c’est un peu la surprise quand il faut gérer la paperasse qui arrive derrière et payer 23% d’impôts (ce qui veut dire qu’il faut prévoir et avoir mis de l’argent de côté…^^). Et comme je le disais plus haut, on vit une époque de grande précarité mais du coup cela en devient plus facile de quitter un job qu’on déteste, pour se reconvertir ou se lancer en indépendant… En tout cas, moi je suis très admirative de ton parcours !

  13. Un article qui fait vraiment du bien car tu as raison on lit partout qu’il faut monter sa boîte pour pouvoir se sentir libre et épanouie. Je bosse dans une entreprise que j’aime. Je me suis battue pour obtenir ce CDI (le graal) après 5 ans à enchaîner stages et CDD. Certaines personnes me disent que si je le voulais je pourrais très bien vivre de mon blog et que ce serait tout de même plus fun qu’être juriste. Et bien non j’aime justement avoir 2 métiers (juriste et blogueuse) et j’adore travailler en équipe donc travailler en entreprise c’est vraiment fait pour moi, je ne pourrai pas bosser seule et comme tu le dis avoir un salaire qui tombe tous les mois c’est tout de même rassurant. Bref, merci pour cet article qui pour une fois ne nous dit pas qu’on se trompe de chemin, qu’on n’est pas à notre place et qu’on n’est qu’une poule mouillée qui n’ose pas se lancer parce qu’on bosse en entreprise.

    • Je ne suis pas sûre que vivre de son blog soit si fun qu’on veuille bien nous le faire croire… Je comprends tout à fait celles qui font ce choix (audacieux) mais il n’en reste que passer du blog/plaisir au blog/travail me ferait vraiment peur :/ Quand tu regardes bien, la plupart de celles qui ont sauté le pas ont d’autres activités à côté de leur blog : elles sont photographes, rédactrices pour des marques, pigistes… Et franchement, Juriste c’est un métier qui claque, pourquoi arrêter si ça te plaît toujours de l’exercer ? 🙂

  14. C’est un sujet très intéressant sur lequel je pourrai échanger pendant des heures !
    J’ai cru que mon bonheur et ma liberté seraient atteint lorsque je serai auto-entrepreneur. En réalité cela à été tout le contraire. Il m’a fallu du temps pour le comprendre. Comprendre ce qui me rend heureuse et épanouie. C’est génial d’essayer. Il faut tenter des choses lorsqu’on se pose des questions. Ensuite le résultat de tout ça ce n’est pas de « réussir » ou de « rater » (ces deux mots sont très subjectifs), ce qui compte vraiment c’est d’apprendre.
    Merci Anne, à très vite !

  15. Je crois aussi qu’on se trompe de débat… A l’aire où l’entreprise va mal, où la crise a eu bon dos pour plein de choses, être son propre patron semble être idéal encore faut-il qu’il y ait un marché, qu’on soit multi-casquette pour pouvoir assurer le commercial et l’exécutif… Pouvoir se former, négocier etc… Et tout le monde ne se rend effectivement pas compte des contraintes qu’il y a à cet exercice. Il y a du bon et du mauvais aussi bien dans la freelance que le salariat.
    Je pense qu’il faut comme tu le soulignes surtout se poser la question de ses priorités et de ses valeurs. Car c’est très difficile de trouver une entreprise respectable aujourd’hui où on a sa place, un travail un minimum intéressant, en phase avec son savoir-faire et ses valeurs, rémunéré de manière correcte, il faut parfois se battre et il faut s’affirmer mais c’est possible.

    • C’est vrai que pour se lancer en freelance, il faut être capable de démarcher et être un peu commercial dans l’âme. Dans tous les cas, ce que tu dis est très juste : qu’on travaille en entreprise ou à son compte, il faut se battre…

  16. zelia a écrit

    Personnellement, je suis revenue du freelance, et maintenant je me réoriente et au delà de la sécurité de l’emploi – d’autant plus dans la fonction publique, une fois titularisé – j’ai surtout l’impression d’avoir trouvé ma voie.

    On est aujourd’hui dans une mise en avant des gens qui prennent des risques, mais on est pas tous fait pour ça, et c’est pas grave.
    T’es pas un loser si t’as pas crée ta boite à 28 ans.

  17. MIRABAUD a écrit

    réflexion intéressante sur le monde du travail et l’évolution entre les générations.
    Moi, je fais partie de la génération de vos parents, et il est vrai que créer son entreprise, n’était pas au programme, en sortant de nos études… les entreprises venaient nous chercher dès le diplôme (grandes écoles) obtenu….. et il y avait surenchère pour nous débaucher ! donc, pourquoi créer son entreprise ? nous n’y pensions même pas !…. les salaires étaient confortables.
    Avec un recul de quelques décennies, nous sommes satisfaits du parcours professionnel même si, celui-ci devenait de plus en plus difficile et risqué au fil des années;.. nous avons vraiment senti la différence entre les années 1980 et 2000.
    On aurait pu créer une entreprise, après avoir dirigé tant d’entreprises ! mais comment abandonner un standing de vie agréable pour un parcours risqué et sans gage de réussite<;
    Bravo les jeunes qui entreprennent actuellement et ils sont nombreux dès leur sortie d'école….. ils en ont envie et qu'ils réalisent leurs rêves……

  18. Pas simple: je fais parti des « vieux » trentenaires, ayant la chance d’être en CDI, et je rêverais de créer mon job. Mais ayant eu un papa entrepreneur, je sais aussi que les périodes de disettes sont très dures, et pas simple ensuite de retrouver un CDI. Un CDI, ça peut-être de la tranquillité, un confort, et du temps. Mais ça peut aussi être de la lassitude, l’envie de changer, ou une ambiance pourrie (en cas de changement). Bref, des fois je me dis qu’au final, certains (dont je fais partie), ont surtout un problème de n’être jamais réellement là ou ils penseraient être…et devraient être peut-être !

    • J’ai longtemps cru moi aussi que je ne trouverais jamais ma place nulle-part… Avant de connaître l’entrepreneuriat, je passais mon temps à changer d’entreprise : 6 mois par ci, 6 mois par là… J’avais pourtant la chance d’être toujours embauchée en CDI (une autre époque !) mais je finissais toujours par démissionner. Vivre la création d’entreprise (à plusieurs et non en solo) m’a permis de mûrir et d’envisager l’avenir autrement. J’ai compris que même sans devoir rendre des comptes à un patron, il y avait d’autres contraintes et que finalement, aucune situation n’est idéale 🙂 Je te souhaite de réussir à trouver ton équilibre très prochainement !

  19. Vraiment super article.
    J’avance vers la trentaine et je me pose déjà toutes ces questions.
    Je travaille en entreprise et bien que je ne m’ennuie pas, je ne suis pas en adoration devant ce que je fais. Je sais que je peux m’éclater plus dans un domaine qui m’interesse plus. Et surtout, entourée de personnes qui me ressemblent.
    En entreprise les gens sont souvent très terre à terre, ou très carrièristes, ou très opportunistes… Bref, très dur pour moi d’avoir une certaine complicité avec mes collegues, un certain esprit d’équipe que je trouve nécessaire en gestion de projet.
    Sans parler du secteur dans lequel je travaille qui ne m’inspire pas des tonnes..
    Je me dis donc que je pourrais me lancer dans l’entrepreunariat et m’entourer de personnes qui me ressemblent.
    Ce qui freine mon élan : la peur de perdre ma stabilité financière actuelle et de me rater.
    Mais j’y pense de plus en plus souvent. J’ai besoin de créativité dans ma vie, de m’exprimer, d’expérimenter des choses.
    Pour le moment mon blog me permet de le faire un peu. Mais qui sait, je me lancerai peut être bientôt ? ; )

    Merci d’en parler !
    Bises.

    • Tu sembles effectivement te poser les bonnes questions et je suis sûre que cela t’aidera à prendre la bonne décision dans un futur très proche 🙂 On passe quand même beaucoup de temps au travail, c’est important que celui-ci nous inspire un minimum. Perso, je ne pourrais pas rester dans un environnement où je ne me sentirais pas entourée de personnes animées par les mêmes envies que moi, mais c’est très subjectif, il y a des gens qui travaillent très bien en solo !
      Je te souhaite de très rapidement trouver l’équilibre dont tu as besoin, tu sembles tellement motivée et créative qu’il serait dommage de ne pas te lancer 😉

  20. Annouchka, bravo pour cet article qui a le mérite de remettre les pendules un peu à l’heure, à une époque où l’on tend effectivement à ériger en modèle la création d’entreprise ou l’installation en free-lance.
    Personnellement, étant d’une génération au-dessus, j’ai eu le loisir de tester successivement
    – le salariat en tant que cadre sup (bon salaire… et burn-out à la clé),
    – la création d’entreprise (10 salariés seulement mais les gérer, quelle affaire ! Et si quelqu’un ne pouvait pas être payé en fin de mois, devinez qui ?)
    – le free-lance : un soulagement par rapport à la gestion d’une entreprise, mais personne ne dira jamais assez la difficulté de se générer entièrement par soi-même un revenu correct, surtout si l’on est une maman solo.
    Bref, lorsque je me suis lancée en free-lance, les Américains avaient à l’époque une expression pour les gens comme mes congénères et moi-même : les « home based heros » ! Ni plus ni moins !!

    Alors oui, sachez que si vous n’avez pas un héritage de votre tante Ursule ou un conjoint qui assume le gros des charges financières, vous aurez vite, très vite des cheveux blancs ! Bon, ce n’est pas grave parce qu’alors vous deviendrez une MAMIE STAR !

    • « « home based heros » je crois qu’il n’existe pas de terme plus juste 🙂 Ah, ces américains, ils savent toujours trouver les bons mots ! 😀 Et bravo pour votre parcours !

  21. L’entrepreneuriat et surtout le freelance, c’est surtout la porte-ouverte à une précarité assumée, sans parachute parce que pas de chômage au cas où les choses tourneraient mal. Et l’impression souvent de faire du sur-place. Pas facile de ne pas avoir de « carrière » à mettre en avant, même au niveau du simple ego.

    • C’est vrai que je n’avais pas pensé au côté « carrière » plus généralement liée au monde de l’entreprise qu’en freelance 🙂 Après, c’est surtout une question de mentalité, moi personnellement je suis plus admirative d’une personne qui évolue seule, avec toutes les difficultés administratives et financières qu’elle rencontre au quotidien, qu’une personne qui gravit les échelons dans une grosse boîte (et parfois pas toujours de manière très juste ou honnête^^ c’est une réalité)

  22. Cet article est très intéressant, merci 🙂
    Je suis complètement dans le creux de la vague avec une motivation proche de zéro mais c’est dur de savoir ce qu’on veut, de rebondir et surtout de lâcher le confort que l’on a !

  23. Merci pour cet article qui a le mérite de prendre un peu le contrepied de ce qu’on lit un peu partout sur la toile comme tu le dis si bien. J’ai 28 ans et après 3 ans en entreprise où j’étais censée avoir trouvé le job de rêve, je suis aujourd’hui rédactrice freelance. C’est passionnant mais le travail en équipe me manque et en effet, il faut quand même rendre des comptes à quelqu’un (le client devient ton patron !). On est libre mais comme un peu prisonnier de cette liberté… Je ne néglige pas la possibilité de retourner travailler en entreprise, à condition comme toi, que mon travail me permette de penser encore à ce que j’aime ! 🙂 bises

  24. Travailler en entreprise, c’est aussi être avec les autres, construire ensemble, maintenir un minimum de sécurité et de protection, bénéficier de certaines conventions, etc… Le pseudo eldorado de entrepreneuriat est un miroir aux alouettes, avec plein de contraintes et beaucoup de pertes (soucis et protection sociale, pas de vacances, etc). Je pense qu’il y aura beaucoup de déçus bientôt.

  25. L'inconnue a écrit

    Deuxième article que je lis de toi, deuxième article auquel j’adhère !
    35ans, célibataire, sans enfant, de la métropole lilloise, j’ai beaucoup misé sur mon job (je suis employée dans une PME) qui m’a fait évolué…
    Je me pose aujourd’hui la question de partir (problème de management, difficultés relationnelles, routine -12ans dans la même boîte- etc.) ou de rester (rémunération fixe et intéressante, confiance du boss, etc…)
    Tout un chacun a son avis sur la question… Sauf moi !
    Il y a autant de pour que de contre…
    J’ai remis en cause le connu pour tenter l’inconnu mais pas l’entrepreneuriat car je sais que je n’ai pas les reins pour ça…
    Reste plus qu’à décider !
    Merci pour tes articles qui font voir certains bons côtés parfois oubliés 😉

  26. Pingback: 3 ans de vie en freelance - Eleusis Megara

  27. Article intéressant. Difficile de choisir quand on ne sait pas trop ce qu’on veut et qu’on se sent bien nulle part… Envisager le travail comme un moyen de subvenir à ses besoins (payer les factures, la bouffe…) ou comme un moyen d’épanouissement?… J’en arrive à penser qu’il ne faut pas vivre pour le travail (mais sans travail on ne peut pas vivre). Il faut alors trouver un moyen de s’épanouir autrement (les voyages, le monde de la culture, la cuisine…).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *